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Province du Lac : coup dur pour dix chefs de canton Boudouma et leurs goumiers


Alwihda Info | Par Info Alwihda - 5 Juin 2019



© DR/Alwihda Info
Selon une source locale près de la population, la communauté Boudouma, accusée par les autorités administratives et militaires, en l’occurrence le nouveau Gouverneur de la province du Lac, de complicité avec le groupe Boko Haram, est entrain de subir une pression venant de ce Gouverneur.

D’après certaines informations, chacun des 10 cantons Boudouma, convoqués par le premier magistrat de la province, ont été appelés à sacrifier 10 de leurs goumiers qui n'ont pourtant jamais manié les armes, pour aller combattre le groupe Boko Haram, armé jusqu'aux dents.

Le premier magistrat de la province accuse les communautés issues des 10 cantons Boudouma de connivence avec le groupe Boko Haram. Il a répété à plusieurs reprises que "ce sont vos enfants, vous êtes en train de les couvrir, de les nourrir et vous ne les dénoncez pas donc vous êtes tous complices. Alors, il est temps de mettre fin à cette entreprise", dixit le Gouverneur.

La population de la province du Lac en général et la jeunesse en particulier condamne cette décision du Gouverneur. Comment comprendre cela ? Un groupe terroriste que même les gouvernements de quatre Etats à savoir le Cameroun, Nigeria, Niger et Tchad, n’arrivent pas à déloger mais on demande aux autorités Boudouma du Lac de se sacrifier pour démanteler cette secte Boko Haram dans la zone du Lac Tchad. Sinon, l’on doit les considérer comme complices. C’est ce qu’on appelle de la ‘’marginalisation ethnique’’. Il faut le rappeler, en aucun cas les leaders traditionnels de la communauté Boudouma sont complices de Boko Haram, jamais. Ils ne sont pas complices et ne le seront pas.

Alors, que ces autorités arrêtent de pointer du doigt les leaders Boudouma et leurs communautés. Le président de la République Idriss Deby Itno a plusieurs fois souligné, je cite : « Tout Boudouma n’est pas Boko Haram et tout Boko Haram n’est pas Boudouma ». Cependant, certaines autorités sont en train de le contredire.

Pour trouver une solution à la crise de Boko Haram, il est capital de solliciter le service volontaire des filles et fils du Lac et en premier lieu les Boudouma. Cependant, il faudrait qu’il y ait un service volontaire, c’est-à-dire sélectionner les militaires Boudouma qui sont dans l’armée et renforcer leur effectif avec quelques jeunes volontaires qui seront recrutés ainsi qu'une formation d'au moins un mois.

Ces jeunes recrues doivent savoir nager, apprendre à manier les armes et aussi connaitre la localité du Lac. Comme ça, nous estimons que cette secte sera mise en déroute.

Sacrifier des goumiers qui n'ont jamais suivi une formation militaire ou qui ne savent même pas manier les armes pour les envoyer sur le champ de bataille, en allant faire front avec le redoutable groupe islamique, serait un crime sans excuse.

Toutefois, les chefs de dix cantons Boudouma, pour prouver qu’ils ne sont pas des complices de Boko Haram, ont accepté de sacrifier chacun 10 de leurs goumiers pour les envoyer à l’infirmerie. Dans très peu de temps, il y aura plus de 500 orphelins et veuves dans la province du Lac. Voilà, ce que nous appelons un coup dur.

La Voix de la jeunesse du Lac

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