Revue de Presse

Tchad : La privatisation de la Sotel Tchad refusée par les députés


- 2 Juin 2014



Siège de la Sotel tchad. Sogect-Tchad/14 mars 2013.
​Autour  d'une question orale, adressée par le député Néatobeye Le-Nasseguen'gar, au ministre des Postes et Nouvelles Technologies de l'Information et de la Communication, Daoussa Déby Itno, les élus du peuple ont échangé, à leur plénière du vendredi 30 mai 2014, sur la situation de décrépitude générale du secteur des télécommunications au Tchad, notamment le cas de la Sotel Tchad (Société d'Infrastructures des Télécommunications électroniques et Communication par fibre optique), dissoute. Le ministre des Postes et Nouvelles Technologies de l'Information et de la Communication explique que, le secteur des télécommunications au Tchad n'est pas en décrépitude, mais plutôt, pourvoyeur d'emplois. Daoussa Déby Itno informe que, ce secteur, très dynamique et en parfaite évolution comme source de développement économique à rapporté 191 milliards Fcfa, au titre d'impôts et taxes, au Trésor public, entre 2009 et 2013.

​Des préoccupations dépassés

Le ministre Daoussa Déby Itno relève, cependant, que la question orale du député Néatobeye Le-Nasseguen'gar, initiée au mois d'août 2012, comporte des préoccupations qui ne sont pas d'actualité.

Dans les discussions générales, la question de la privatisation de la Sotel Tchad et, consécutivement, le sort de son personnel, ont dominé le débat. La plupart des députés refusent la privatisation de cette entreprise publique, en dépit de la justification du ministre des Postes et Nouvelles Technologies de l'Information qu'elle est budgétivore. Daoussa Déby Itno insiste, cependant, qu'après l'investissement de 53 milliards Fcfa de l'Etat, en 2009, et avec un passif actuel de 23 milliards Fcfa, le processus de privatisation est une porte de sortie pour le groupe Sotel Tchad.

D'après lui, la solution est telle que soit l'Etat vient en rescousse à la société, soit qu'il la privatise. En réponse au processus de privatisation du groupe Sotel Tchad, enclenché depuis 2004, conformément à la politique du désengagement de l'Etat des entreprises publiques, mise en œuvre depuis 1989, annonce le ministre Daoussa Déby Itno, quelque dix opérateurs sont déjà présélectionnées pour reprendre le groupe Sotel Tchad. Parmi les nombreux élus opposés à ce processus, le député Ngarlejy Yorongar Le Moïban propose de réexaminer cette question de privatisation, pour calculer ses retombées par rapport aux biens de la société, qui seraient de 11 milliards Fcfa, aux divers impacts pour l'Etat, le personnel, etc. Pour le ministre, il n'y a aucun texte juridique qui prévoit de payer à chaque agent 60 mois de salaires, mais il existe un plan social, qui est en train d'être étudié pour satisfaire tout le monde. Le député Yorongar observe que, ce plan social, révisé en 2013, est rendu désavantageux pour le personnel de la SOTEL. Un député demande au ministre s'il y a une existence juridique du groupe SOTEL Tchad. "Comme il comporte différents services comme Tawali, Salam, etc., le groupe Sotel Tchad se justifie", se défend le ministre des Postes et Nouvelles Technologies de l'Information et de la Communication. Pour le député Béral Mbaïkoubou, la qualité de la communication au Tchad, en général, est, tout simplement, catastrophique.

D.M.
Le Progrès n°3880 du 02 Juin 2014.

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