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INTERVIEW

Tchad : "Ma vision pour la ville de Moundou est grandiose", maire Diambaye Dingambaye


Alwihda Info | Par - 19 Juin 2020

ENTRETIEN - Depuis quelques jours, des grands travaux sont entamés dans la ville de Moundou. La maire de la ville, Diambaye Dingambaye, s'explique sur les nombreux défis afin de faire aboutir sa vision.


Alwihda Info. Monsieur le maire, depuis quelques temps, au niveau de la commune de Moundou, il y a des travaux qui sont entrepris. Parlez-nous concrètement de ces travaux, comment ça se déroule ?

Diambaye Dingambaye : On a constaté que dans la ville de Moundou, les rues sont un peu dégradées et on s'interrogeait comment il faut faire. Nous avons entrepris ces travaux, c'est pour réparer les routes urbaines, et voir la possibilité même d'étendre même un peu loin, en périphérie. Pour le moment, le plus important c''est de chercher à désenclaver les quartiers parce que pendant la saison des pluies, Moundou est presque impraticable, surtout au mois de juillet-août. On a un peu réfléchi, on a commencé ces travaux et c'est avec les modestes moyens de la mairie, c'est-à-dire qu’on n’a pas eu un financement. Nous avons eu à réfléchir et c'est ce que la mairie a comme recettes qu'on a essayé de planifier. Ce qui signifie qu'on ne va pas tout faire. Nous allons faire ce qu'on peut. 

C'est une opération qui va aider toute la population au moment venu, à ne pas avoir d'eau comme par le passé. Là aussi, il faut mettre ça à l'actif du gouverneur qui nous donne des conseils parce que de toute façon, quand il y a quelque chose qui ne va pas, nous allons vers lui pour dire voilà, qu'est-ce qu'on peut faire. On doit bénéficier de ses expériences car il a été plusieurs fois maire. C'est dans ce but qu'on a des contacts de temps en temps. Ce n’est pas une mauvaise chose, c'est une très bonne chose.

Il y a aussi les panneaux solaires qui sont en train d'être réparés. Est-ce que c'est toujours à l'actif de la mairie ?

Oui, c'est toujours à l'actif de la mairie. On dit que Moundou c'est la ville capitale. Mais quand vous entrez à Moundou quand il fait sombre, ce n’est pas bien. Le peu qu'on a, on est en train de faire en sorte que, même si on ne fait pas la totalité, il faut faire petit à petit, pas à pas, on peut arriver au but.

Vos prédécesseurs ont toujours décrié le problème de moyens, ce qui a fait que de tels travaux n'étaient pas réguliers. Où est-ce qu'en ce moment vous avez trouvé les moyens pour réaliser ces travaux ?

C'est les mêmes moyens mais il faut savoir les canaliser. Je pense comme ça. Et avoir un peu de la volonté. Faire comprendre à telle personne le bienfondé de la chose que nous voulons faire. Il faut faire taire certains projets et mettre en route les projets où toute la population doit bénéficier. 

Quelle est votre attente vis-à-vis de la population ?

Comme je l'ai toujours dit, je demande à la population d'être active, de suivre de près ce qu'on est en train de faire. Il ne faut pas être téléspectateur. Quand on dit commune, c'est quelque chose de commun. Ça appartient à tout le monde. Il ne faut pas que les gens laissent l'affaire uniquement à la commune. Même les gens qui peuvent nous aider, la porte est grandement ouverte. Je lance aussi cet appel, non seulement la population de Moundou, mais aux originaires du Logone Occidental qui sont à l'extérieur, qui sont à N’Djamena et autres, nous les attendons pour qu'ils nous appuient.

Il y a des caniveaux qui sont en train d'être curés. Dans certains quartiers, on voit que des caniveaux sont toujours jonchés d'ordures ménagers. 

Ça c'est un autre aspect de la chose. C'est aussi la mentalité de la population. Il faut les sensibiliser. Ce travail est en train d'être fait aussi. Il faut se dire que le caniveau, il est fait, c'est pour laisser circuler l'eau. Ce n'est pas pour le boucher. Ce travail est en train d'être fait par les délégués des arrondissements, chefs de carrés qui ont pris la leçon au niveau de la mairie centrale.

Nous pensons très sincèrement que progressivement, on est en train d'y arriver. Parce qu'il il y a une prise de conscience. Faites un tour dans la ville de Moundou, il y a quand même une prise de conscience qui est là. Je pense que les gens veulent nous apporter un appui, ce n'est pas matériel mais physiquement même je crois. Les gens sont prêts pour ça.

Est-ce que vous avez un message à l'endroit de la population ? À l'endroit des contribuables de la ville ?

Pour ce qui est des contribuables, qu’ils s’acquittent de leurs taxes. Le président de la République, le chef de l'État Idriss Déby Itno a fait une réduction. On ne fait qu'appliquer ce que le président a dit. Ça permet un ouf de soulagement, donc il ne faut pas qu'ils refusent de payer la taxe. Parce que c'est avec ça réuni qu'on est en train de faire ces petits travaux. Et comme vous venez de parler, de l'électrification de la ville, c'est avec ça, en attendant l'appui du gouvernement et des partenaires. Je demande à tous les contribuables d'être civiques, de s'acquitter de leurs taxes. Cela permettra à la mairie de faire un travail appréciable.

Quelle est votre vision pour la ville de Moundou ?

Ma vision pour la ville de Moundou est grandiose. Je ne peux pas tout prévoir, je ne suis pas Dieu pour prévoir. Mais je veux que la ville de Moundou devienne comme la ville économique d'antan. Et même davantage. Que les gens soient plus jaloux de nous qu'avant encore. J'ai une vision assez sérieuse, assez objective de la ville de Moundou. Et je sais que ça ira.

Propos recueillis par Golmem Ali.

Golmen Ali
Correspondant de la province du Logone Occidental En savoir plus sur cet auteur