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TCHAD

Tchad : menacés de licenciement économique, d'ex-agents de l'ONRTV dans le flou juridique


Alwihda Info | Par - 13 Janvier 2018 modifié le 13 Janvier 2018 - 23:34


Les agents de la Radio Nationale et de la Télévision ont tenu, ce samedi 13 janvier 2017, une assemblée générale pour donner suite à une correspondance de licenciement des ex-agents de l'Office Nationale de Radio et de Télévision (ONRTV) émise par la direction générale de ce média d'État.


Propos recueillis par Djimet Wiche

Cette Assemblée générale organisée par le Syndicat National des Professionnels de Radiodiffusion et Télévision du Tchad ( SYNAPORT), vise à évaluer la situation actuelle liée à un éventuel licenciement et à recueillir la position de la base avant d'adopter une conduite à tenir.

La présidente du le Syndicat National des Professionnels de Radiodiffusion et Télévision du Tchad (SYNAPORT), Remadji Garadoumbaye Adèle, dans une entretien accordé à AlWihda Info, déplore le vice de procédure entamé par ladite administration pour procéder à un éventuel licenciement. Par ailleurs, elle indique que cette correspondance ne clarifie pas les agents qui seront éventuellement concernés par un probable licenciement.

Alwihda Info : Une assemblée générale a été convoquée. Etait-elle nécessaire ?

Remadji Ngaradoumbaye Adele : En tant que délégué (des agents, ndlr), l'administration nous a saisie par correspondance pour licenciement pour motif économique. Il est donc de notre devoir de convoquer cette assemblée générale extraordinaire pour tenir informé les camarades de la situation actuelle, et avoir leur appréciation pour répondre conformément à la loi aussi.

Je crois que le code du travail nous indique que lorsqu'on est licencié pour motif économique, on a 8 jours pour réagir. Nous sommes réunis aujourd'hui pour apprécier cette correspondance et donner la réponse à qui de droit.

Qui est exactement concerné par le licenciement ?

Enfaite, il faut reconnaitre que le contenu même de la correspondance dit que "nous vous tiendrons informés, nous procéderons au licenciement des agents contractuels de l'ex-ONRTV pour des raisons économiques". Donc, ils disent les contractuels de l'ex-ONRTV. A cette assemblée générale, il a été question de savoir qui est contractuel de l'ONRTV et qui ne l'est pas du tout. Nous avons eu l'appréciation des camarades. En ce moment, les délégués se retrouvent.

Quelle était la réaction de vos collègues ?

Nous estimons qu'enfaite, pour des raisons économiques, nous ne pouvons pas nous y opposer mais il y a toute une procédure pour arriver à un licenciement économique. En tant que partenaire du ministère, nous estimons que nous devons être associés à cette procédure et aussi, au moins que l'entreprise fasse l'objet d'un audit. Jusqu'à l'heure où nous parlons, nous ne savons pas si l'entreprise a fait l'objet d'un audit et quelles sont les raisons qui ont amené à ce licenciement pour motif économique. Il y a tout un questionnement, tout une procédure qu'on doit entreprendre, ou qui a été biaisée.

Est-ce qu'une décision a été prise à l'issue de l'assemblée ?

Nous, nous sommes entendus de répondre à cette correspondance. Si on doit voir réellement les choses, on parlerait plutôt d'un licenciement abusif, pas d'un licenciement pour motif économique. Si l'Etat veut faire partir ses contractuels, il est en droit de le faire, mais qu'il respecte les normes, le droit, le code du travail, la convention de l'ONRTV et la convention collective, enfaite les textes en vigueur. C'est tout simplement ce que nous demandons à l'administration.

Je crois que nous sommes unanimes. SI raisons économiques il y a, il faut simplement nous le prouver et nous allons nous soumettre à cette décision tout en tenant à ce que la loi soit respectée. 

S'il advient que votre réponse à l'administration ne soit pas en votre faveur, qu'allez-vous décider ?

Nous ne sommes pas à cette étape d'une réponse favorable ou pas. Nous sommes dans une procédure de communication avec l'administration, dans une procédure de partenariat. Nous estimons que nous allons nous faire entendre et que le droit sera dit.

Avez-vous une idée du nombre de contractuels qui seraient concernés par la mesure de licenciement ?

Je ne voudrais pas m'avancer sur ce terrain là puisque la commission vient d'être mis sur pied. Nous allons faire un travail de fond et avancer un chiffre effectif. Je ne peux pas dire quoi que ce soit, de peur de léser ou d'avancer un chiffre inexact.
Djimet Wiche Wahili
Journaliste, directeur de publication. Tél : +(235) 66304389 E-mail : djimetwiche@gmail.com En savoir plus sur cet auteur