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AFRIQUE

Transport : Le développement par les rails


Alwihda Info | Par - 14 Août 2018 modifié le 14 Août 2018 - 14:36

Cette problématique est soulevée dans un ouvrage que vient de commettre le Camerounais Durand Castro Ndjimou, avec en toile de fond, l’impératif de l’intégration sous régionale.


Les pays africains n'ont pas véritablement mis en place une stratégie pour faire du rail un levier de développement et d'intégration.
Les pays africains n'ont pas véritablement mis en place une stratégie pour faire du rail un levier de développement et d'intégration.
En Afrique en général et au Cameroun en particulier, le chemin de fer a été une infrastructure de transport emblématique depuis la colonisation. Ce fut un outil de contrôle des territoires d'accès aux espaces enclavés d'exportation des matières premières. Aujourd'hui, cette infrastructure est confrontée à la concurrence de la route et des autres moyens de transport. Dans son ouvrage de 381 pages publié par Optimum Book, « Le ferroviaire en Afrique, vecteur de l’intégration régionale : stratégie de développement à l’horizon 2050 par la maîtrise du soutien logistique intégré », l’officier supérieur de l’armée camerounaise, Durand Castro Ndjimou démontre que les avantages comparatifs du rail ne s'affirment que dans le transport des matériels des produits lourd et volumineux, des produits non périssables dans le corridor de développement.

Dans cet ouvrage, l’auteur a exploré la question du ferroviaire, la genèse de la construction depuis l'époque coloniale, le déclin qui a suivi après les indépendances et la privatisation dans les années 90. Il est donc admis que le diagnostic général de chemin de fer en Afrique ne prête pas à l'optimisme. « En explorant ce déclin, nous avons constaté qu’héritant du réseau ferré des colonisateurs, les pays africains n'ont pas véritablement mis en place une stratégie pour pérenniser ces acquis et essayer de faire de cela un levier de développement et d'intégration », note l’auteur.

Croissance macro-économique

Selon Durand Castro Ndjimou, plusieurs raisons sont à l’origine de son étude : l’irrégularité croissante des trains qui était en fait un indicateur de la santé économique, s’agissant de la défunte Régie nationale des chemins de fer du Cameroun (Regifercam) et surtout l’exploration de l’historique du ferroviaire en Afrique et son rôle à l’époque coloniale. Au Cameroun, des lignes ont été fermées sans qu’on en crée de nouvelles : Douala-Nkongsamba et Otélé-Mbalmayo par exemple. A cela, il faut ajouter la vétusté du matériel roulant, la réduction des vitesses commerciales sur des voies mal entretenues et les horaires mal respectés. « Nous pensons qu'il est véritablement important pour les Etats africains de mettre en place des institutions adaptées qui puissent définir des caractéristiques techniques pour rendre interopérable les voies ferrées dans la sous-région notamment l'écartement des voies ».

Le rail reste un instrument majeur qui pourrait permettre que l’on puisse aller du Gabon au Cameroun, du Cameroun au Congo et du Cameroun au Tchad. Bien plus, l’auteur présente l’argument selon lequel le ferroviaire est un moyen de transport avec une capacité de transport de masse, une faible empreinte en carbone. Ce moyen de transport s'appuie sur tous des indicateurs qui vont du développement démographique aux perspectives de croissance macro-économique des pays africains.