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ANALYSE

Déclaration controversée du Général Lecointre : une analyse critique des propositions d'intervention en Afrique


Alwihda Info | Par Dangabo Moussa - 12 Mai 2024


La déclaration du général Lecointre, ancien chef d'état-major de l'armée française, concernant l'Afrique, a suscité et continue de susciter de vives réactions et de faire parler d'elle sur les réseaux sociaux. Certains intellectuels n'ont pas hésité à lui répondre avec des critiques acerbes. Les propos du général ont été littéralement pris d'assaut par des panafricains, dont un chef d'État parmi eux. Les divergences apparues lors des discussions ou échanges ont de multiples raisons. On peut ainsi opposer les intérêts de l'intelligentsia africaine à ceux de la classe dirigeante française. Cependant, la déclaration de ce général mérite d'être prise en considération pour être évaluée. Alea jacta est.


© DR
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« Je pense que cet intérêt commun là devrait un jour faire que l’Europe se décidera à agir comme une entité politique qui ira défendre elle-même ses intérêts, y compris par le moyen de l’engagement de ses armées », a soutenu le militaire, estimant que le retrait des forces française Barkhane et européenne Takuba de la région du Sahel était un « échec ».

Au premier abord, les arguments avancés peuvent sembler attrayants, mais une analyse critique plus poussée révèle leurs failles. Les déclarations du Général Lecointre semblent suggérer que, tout en reconnaissant les limites de son pays face à la Russie, une intervention en Afrique pourrait être envisagée dans le cadre de l'OTAN, tirant parti des précédentes actions menées en Serbie, en Syrie et en Libye. Cependant, ces propos soulèvent des questions quant à la réelle intention des États-Unis et du Royaume-Uni, qui semblent maintenir leur influence en recyclant d'anciens ennemis pour servir leurs intérêts. Malgré les appels antérieurs de la Russie en faveur d'une conformité de l'OTAN à la Charte des Nations unies, cette question semble avoir été reléguée, soulignant ainsi le désir des puissances anglo-saxonnes de maintenir leur leadership.

Cette perspective met en lumière un clivage entre une pensée géopolitique traditionnelle, dominée par les grandes puissances occidentales, et une approche plus multipolaire et basée sur les réseaux, qui prévaut chez des acteurs comme la Russie et la Chine. Dans ce contexte, l'agenda de l'OTAN semble influencé par les intérêts de Washington et de Londres, qui cherchent à préserver leur contrôle sur l'Europe plutôt que de se concentrer sur l'Afrique.

Dangabo Moussa
Juriste et anthropologue



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