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REACTION

L'illusion d'un discours parfait


Alwihda Info | Par Mohamed Qayaad - 27 Mars 2018 modifié le 27 Mars 2018 - 12:34

Une grande partie de ses discours politiques est en conséquence perçue comme sans portée réelle, comme irresponsable. La politique n’est plus seulement une politique spectacle qui met en scène les joutes politiques et présente les orientations comme des marchandises, elle devient une politique des simulacres, simulacres d’orientations, simulacres d’engagements, simulacres de spectacle.


Ismael Omar Guelleh. Crédits photo : DR
Ismael Omar Guelleh. Crédits photo : DR
Que de belles paroles suivies d’aucun acte! Cependant, force est de constater qu’il y a le discours du "Bienfaiteur" IOG et la réalité de ses actes. On observe un grand écart permanent entre les deux. L’origine de cette gymnastique tient davantage du développement de relations « mafieuses » qu'il entretient avec ses sbires.

Le pays est géré comme une entreprise familiale.

Un discours qui ne s'attaquera jamais aux principes fondateurs du clientélisme , du népotisme qui règne dans le pays et les injustices de tout genre, de la corruption institutionnalisée et, qui ne fournit aucun effort de démocratisation du système politique.

Comme il est illusoire de mettre en avant un “probable” développement du pays pour plaider la fausse modernité d’une dictature qui ne reconnaît encore à son peuple aucun respect à l’intégrité physique ni de la vie privée.

Car c'est un leurre que de chercher la relance économique sans réaliser avant tout le consensus national, la sécurité pour tous.

Son discours est une croyance fausse et trompeuse. Serait illusoire ce qui ne correspond pas à la réalité d'un contexte ou d'une situation donnée. Il faut en effet envisager l'illusion à l'aune du critère de réalité plus que de vérité. Il est le contraire de la vérité - à savoir le mensonge , lequel peut être corrigé dès lors qu'on en a pris conscience. Le mensonge persiste, puisqu'il masque ce qui est conçu, préalablement à travers un système de croyances ou de valeurs, comme réel. Si nous définissons temporairement le contexte comme l'ensemble de paramètres qui rendent possible une action, nous pouvons aussi le caractériser par l'indiscernabilité entre le réel et l'illusoire, le faisable et l'utopique, l'objectif et le subjectif, le mythe et la réalité, l'adoration et l'exécration.

L’ “Oppresseur " IOG ne s’efforce pas dans le même temps d’en réveler les effets néfastes, qu’il en passe par le discours pour en montrer les limites et les dangers.

Une grande partie de ses discours politiques est en conséquence perçue comme sans portée réelle, comme irresponsable. La politique n’est plus seulement une politique spectacle qui met en scène les joutes politiques et présente les orientations comme des marchandises, elle devient une politique des simulacres, simulacres d’orientations, simulacres d’engagements, simulacres de spectacle.

Contrairement à ce qu’il veuille faire croire, la dictature n’a jamais eu – et ne peut jamais – avoir le moindre crédit populaire.

Les choix économiques ont été et restent un désastre de corruption, de misère, de maladies et de calamités les plus diverses.

Les choix dans les formations ont fini par donner les résultats non moins désastreux.

Tout le système est corrompu dans tous ses interstices.

Quant aux choix extérieurs, la dictature a fait aussi les choix, qui complémentent son mépris total aux sensibilités populaires. Particulièrement en se moquant éperdument des fondements identitaires de notre peuple. Et en parlant des fondements identitaires il ne parle de questions d’esthétique, mais de bases sans lesquelles la société ne fonctionnera jamais.

Assimilé au jeu, au simulacre, ou au mirage, il ferait donc office de pendant " négatif " non seulement du " réel " mais aussi de la " vérité ".

Mais, il suffit de voir comment est traitée la question du « développement durable» pour mesurer le décalage entre le discours médiatique et la réalité du phénomène. On est dans la démesure en permanence.

Pire encore: l'autisme est érigé en système de pensée.

L’idéologie (au sens moderne) - ou le dogmatisme (selon l’expression des écrivains anarchistes) -, n’est pas un simple système d’idées, ni une déformation du réel par la pensée, c’est l’idée qui se substitue au réel et lui impose sa logique, son système incontestable. En ce sens, tout idéologie porte en germe le totalitarisme. Comme le dit Hannah Arendt:« Il existe trois éléments spécifiquement totalitaires qui sont propres à toute idéologie : la prétention à tout expliquer, l’émancipation de la réalité, la cohérence qui n’existe nulle part dans le domaine de la réalité »Hannah Arendt , Le Système totalitaire, 1972, III, p. 219. Le discours d'IOG en est la parfaite illustration.

Afficher des dogmes n’est pas condamnable mais asservir la réalité à leur service est une faute historique dont il faut assumer les conséquences.

Comment réparer cette « faillite » politique, où tant de jeunes sont poussés à vivre irrémédiablement à la marge de la société? Comment resocialiser des Djiboutiens ayant vécu dans la ségrégation permanente?

Tant de questions brûlantes ne trouvent toujours pas une traduction concrète sur le terrain.

L'observateur sera encore une fois déçu, déçu par cette médiocrité et par cette incapacité de mener un vrai débat sur le fond des problèmes de la société djiboutienne.Pis, ce discours sera incapable de proposer une alternative politique et citoyenne pour le pays.

Le décalage avec les attentes de la population est de plus en plus sensible, particulièrement dans le Nord, j'imagine...
Le gouvernement dirigé par le sinistre premier des ministres Abdoulkader Kamil Abdallah fait preuve de beaucoup d’immobilisme dans la gestion de l’Etat, il est caractérisé par les dérives politiciennes fondées sur l'absence d'une classe politique (la rupture ou la continuité d'une classe politique bricolée, la rupture avec les aspirations du peuple). La République De Djibouti a besoin d'une classe politique qui assume les aspirations du peuple et dont la conviction et l'ascèse pourraient tenir un projet de société. MQ