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ANALYSE

La scolarisation des filles: Fawe-Tchad au devant de la scène


Alwihda Info | Par - 15 Novembre 2012

La faible qualité de l’éducation, l’extrême pauvreté, les inégalités structurelles et les violences faites aux femmes et les filles sont autant des facteurs qui ne permettent pas d’atteindre les Objectifs du Millénaire pour le Développement, a déploré Mme Idayam Naibert, chargée de Recherches et de Publication à Fawe-Tchad. Dans certaines villes comme Kélo dans la Tandjilé Ouest, les filles ne sont pas scolarisées et celle scolarisées ne finissent jamais leur cycle primaire.


 
Par Kido Mustapha - 19/10/2010
Le Forum des éducatrices tchadiennes organise en ce moment une campagne nationale à travers tout le pays
 
Non à la scolarisation par rapt! Non aux violences faites aux femmes! Chers parents, éduquer une fille d’abord et le mariage après! Je déteste d’être mariée de force parce que je veux continuer mes études!, c’est ce qu’on peut lire des affiches et banderoles des jeunes filles des différents lycée de Ndjaména et celle du Lycée Collègue Saint Joseph ainsi que de l’école primaire de Marbeleng dans la Tandjilé Ouest présentés aux parents et autorités lors de cette campagne. C’est le constat très amer de la non-scolarisation des filles au Tchad qui oblige Fawe-Tchad a lancé cette campagne, car au Tchad, le taux de la scolarisation des filles tourne aujourd’hui au tour de 76,40% contre 109,50% pour les garçons.
La faible qualité de l’éducation, l’extrême pauvreté, les inégalités structurelles et les violences faites aux femmes et les filles sont autant des facteurs qui ne permettent pas d’atteindre les Objectifs du Millénaire pour le Développement, a déploré Mme Idayam Naibert, chargée de Recherches et de Publication à Fawe-Tchad. Dans certaines villes comme Kélo dans la Tandjilé Ouest, les filles ne sont pas scolarisées et celle scolarisées ne finissent jamais leur cycle primaire. Elles sont victimes du mariage par rapt. Le mariage par rapt est un acte troublant qui consiste à enlever les filles, mêmes mineures en vue d’un mariage non consenti par celle-ci ou par les parents. Ce phénomène persiste encore aujourd’hui dans les communautés Lélé, Marba, Nangtchéré et Zimé, a déclaré M. Ouang-Namou Andjaffa, enseignant et natif de la région. D’après cet enseignant, dans ces communautés, les filles sont kidnappées le jour des marchés hebdomadaires, les fêtes traditionnelles ou religieuses, les voyages, les danses au clair de lune, aux sorties de classe ou de l’Eglise…

Cette campagne pour but non seulement de sensibiliser les parents, les autorités administratives et traditionnelles à une prise de conscience sur la scolarisation des filles, mais aussi demander au gouvernement de s’investir afin que les filles soient massivement envoyées à l’école. Car, lors du sommet de Dakar en 2000 consacré à l’éducation les décideurs ont pris l’engagement d’envoyer les filles à l’école. C’est ainsi qu’aujourd’hui plus de 22 millions de filles en Afrique Subsaharienne vont à l’école et le taux très élevé de la disparité entre filles et garçons tend à diminuer. Mais cela n’est pas suffisant, car beaucoup reste encore à faire en ce moment pour atteindre les Objectifs de l’Education Pour Tous (OEPT), de même que les Objectifs du Millénaire pour le Développement (OMD) fixés pour 2015. Les parents disent que c’est l’ignorance qui est à l’origine de cette situation, et il faut mettre fin à cette pratique, mais pour les chefs traditionnels, ce mariage fait partie de leur tradition et il faut les conserver
Mahamat Ramadane