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REPORTAGE

Portrait d’une pionnière qui a formé des infirmières de l’US Army


Alwihda Info | Par Share America - 3 Mars 2018 modifié le 3 Mars 2018 - 16:22


Photo de Hazel Johnson-Brown en uniforme de l’US Army (Photo offerte par Gloria Smith)
Photo de Hazel Johnson-Brown en uniforme de l’US Army (Photo offerte par Gloria Smith)
Dès son plus jeune âge, Hazel Johnson-Brown veut devenir infirmière sur le terrain. Persuadée que le meilleur moyen d’y arriver est d’entrer dans l’armée américaine, elle s’enrôle. Son souhait sera exaucé au-delà de ses attentes. En 1979, elle entre dans l’Histoire en étant la première femme noire à obtenir le grade de général dans l’US Army.

Décédée en 2011 à l’âge de 83 ans, c’était aussi la première femme noire à diriger le Corps des infirmières de l’US Army, où elle supervisait 7 000 infirmières.

Elle s’est distinguée en formant des infirmières en chirurgie pour servir pendant la guerre du Vietnam. À l’époque, elle occupait le poste de directrice du Walter Reed Army Institute of Nursing. Et au cours de sa carrière dans l’armée, elle a été nommée deux fois infirmière de l’année.

« Nous héritons de notre couleur de peau à la naissance », a-t-elle déclaré lors de sa promotion présidentielle, rapporte le Washington Post. « J’espère que le critère de sélection n’était pas la couleur de peau, mais les compétences. »

En 1955, sept ans après que le président Harry Truman a signé un décret qui a mis fin à la ségrégation raciale dans les forces armées américaines, Johnson-Brown entre dans le Corps des infirmières de l’US Army comme infirmière au Centre médical militaire Walter Reed à Washington.

Elle passe environ les douze années suivantes à exercer dans des centres médicaux aux États-Unis et en Asie, notamment comme infirmière en chef du 121e hôpital d’évacuation de Séoul (Corée du Sud), l’infirmière militaire américaine la plus haut gradée dans ce pays.

Son amie Clara Adams-Ender, Brigadier général de l’US Army à la retraite, raconte que Johnson-Brown se sentait parfois sous pression, car c’était quasiment la seule à être noire. « Ce n’était pas toujours facile, ce n’était pas toujours juste », a-t-elle déclaré en novembre 2017, lors d’une cérémonie en l’honneur de Johnson-Brown au Cimetière national d’Arlington, où reposent de nombreux héros des forces militaires américaines. « Mais à l’appel pour la liberté, Hazel a répondu présent. »

Johnson-Brown a reçu plusieurs honneurs militaires, notamment la Distinguished Service Medal, décernée aux militaires qui se sont distingués par des états de service exceptionnels, et la Legion of Merit, décernée pour conduite exceptionnelle en période de guerre.

De la ferme à l’hôpital

Née en 1927 dans une famille de sept enfants, Johnson-Brown a grandi dans une ferme de Pennsylvanie qui cultivait des tomates pour les célèbres soupes Campbell’s.

Sa sœur Gloria Smith, 80 ans, se souvient que, lorsque Hazel s’est présentée à l’hôpital de sa région pour y faire des études d’infirmière, le directeur a rejeté sa demande du fait qu’elle était noire. Johnson-Brown ne s’est pas laissé abattre et s’est inscrite en 1947 à l’école d’infirmières de l’hôpital de Harlem, à New York.

Après avoir pris sa retraite de l’US Army en 1983, elle a travaillé à l’université George Mason comme professeur de sciences infirmières et a contribué à la fondation de leur Center for Health Policy.

Parmi tous les accomplissements de Johnson-Brown, celui dont sa sœur est la plus fière est qu’elle s’est accrochée à son rêve et a surmonté les obstacles. « Peu de gens savent ce qu’ils veulent faire dans la vie. Elle connaissait le domaine médical, c’est le parcours qu’elle voulait suivre et c’est ce qu’elle a fait. »

Mars est le Mois des femmes dans l’histoire. Découvrez d’autres Américaines qui ont marqué la politique et les domaines de la science, de la technologie, de l’ingénierie et des maths (STEM).

Cet article a été écrit par la rédactrice indépendante Lenore Adkins.



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