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INTERNATIONAL

Quand les États-Unis et l’Inde forment des agriculteurs d’Afrique et d’Asie


- 7 Septembre 2018 modifié le 7 Septembre 2018 - 11:27


Avec ShareAmerica - Par Mary Jane Maxwell

Un programme de Feed the Future encourage l’essor de l’aquaculture au Bangladesh. (USAID)
Un programme de Feed the Future encourage l’essor de l’aquaculture au Bangladesh. (USAID)
Rose Lukwago Nassali a de quoi être satisfaite : ses porcs sont plus gros, et son élevage plus important, depuis qu’elle nourrit ses animaux avec une préparation à base d’épis de maïs décortiqués, normalement destinés à être jetés aux ordures.

« Mes affaires se portent certainement très bien », affirme l’éleveuse ougandaise, qui attribue sa réussite à un cours de quinze jours, en Inde, administré par l’Agence des États-Unis pour le développement international (USAID) et le ministère indien de l’Agriculture et de la Protection sociale des agriculteurs.

Une des leçons qu’elle a retirées de ce programme, c’est que les épis de maïs décortiqués conservent une certaine valeur nutritive. De retour en Ouganda, elle l’a mise en pratique en créant une préparation alimentaire pour son élevage porcin.

« J’ai appris que rien ne se perd de la ferme au consommateur, contrairement à ce qui se passe en Ouganda, où le gaspillage est vraiment important. Tout peut être utilisé », explique-t-elle.

Mme Nassali compte parmi les 717 personnes qui ont bénéficié d’une formation spécialisée dans le cadre du programme de formation triangulaire de Feed the Future India*, une initiative conjointe des États-Unis et de l’Inde. D’ici 2020, le programme compte former 1 500 personnes, des ressortissants de onze pays africains et de six pays asiatiques, qui travaillent dans le secteur agricole ou agroalimentaire (agriculteurs, industriels, propriétaires d’entreprises agricoles et spécialiste de politique agricole). Parmi les sujets abordés : les innovations agricoles des États-Unis et de l’Inde ainsi que les pratiques agricoles les plus modernes.

« Mon élevage porcin est en expansion grâce à ce programme, c’est certain », se réjouit-elle.

Rester en contact, partager ses connaissances

La majeure partie des cours sont dispensés en Inde dans des instituts de recherche agronomique. Vamsi Reddy, un spécialiste en agriculture de l’USAID et l’un des responsables de la gestion du programme, explique que les participants visés sont des agriculteurs de niveau intermédiaire à supérieur. À la fin de leur formation, ils doivent montrer « comment ils appliqueront leurs nouvelles connaissances pour en faire profiter d’autres agriculteurs une fois rentrés chez eux ».

Environ 60 % du temps de formation est consacré à la pratique de nouvelles compétences, à la visite de sites où de nouvelles technologies sont mises au point et à la rencontre avec des agriculteurs qui utilisent les techniques enseignées.

À l’issue de la formation, quand ils retournent dans leur pays, les participants ont « davantage confiance en eux », constate M. Reddy. Ils restent en contact sur les réseaux sociaux tels WhatsApp et Facebook pour continuer à échanger des informations et à se motiver mutuellement.

« Les stagiaires se rendent compte que le contexte agricole de l’Inde, où les petits exploitants sont prépondérants, est similaire à celui de leur pays d’origine, et si ces nouvelles technologies fonctionnent bien en Inde, elles devraient marcher dans leur pays aussi », ajoute-t-il.

Une observation que confirme l’exemple de Mme Nassali : elle a transmis à d’autres agriculteurs ougandais la recette de sa préparation à base de maïs décortiqué et, maintenant, ce « produit apparemment inutile pour les agriculteurs a une nouvelle dimension et une nouvelle valeur ».