Accueil
Envoyer à un ami
Imprimer
Grand
Petit
Partager
ANALYSE

Rattraper les retards du développement de la Centrafrique


Alwihda Info | Par Léon Kidjimalé Grant - 19 Juillet 2015 modifié le 19 Juillet 2015 - 16:07


Enjeu : Rattraper les retards du développement de la R.C.A
(Des vues pour un Programme National de Reconstruction du Pays)

Par : Léon Kidjimalé. Grant


Je crois que:
- La création d’un organisme d’élaboration d’un Programme National de Reconstruction est aussi vitale que le vote par référendum du Projet de la Constitution. Mieux, les autorités se doivent de proposer en même temps que le Référendum, un Programme National de Reconstruction, qui constituera le socle minimal des projets futurs. Une telle initiative n’est pas inédite. La France, à la sortie de la seconde guerre (1939-1945), s’était reconstruite, grâce au programme retenu par le Conseil National de la Résistance Française. Ce fut aussi le cas de l’Allemagne,( par le New Deal) et de L’ex-URSS de l’après-guerre …

Je crois que :

–  Placer les projets, secteur par secteur, dans un plan d’œuvre réfléchi, évalué et cohérent, c’est savoir déjà où l’on veut aller et où l’on veut conduire le Pays. Agir ainsi, c’est redonner l’espoir à la jeunesse et à toute la nation en indiquant clairement les tâches à réaliser. Jusque-là en R.C.A. La plupart des candidats aux élections présidentielles confondent encore une profession de foi ( écrite en quelques feuillets), à un programme politique de gouvernement ou font mystère de leurs projets. Ils feraient mieux d’aller explorer ce qui se fait ailleurs en la matière ! Jusque-là, aucun dirigeant centrafricain n’a été porté au pouvoir suprême par un programme de gouvernement, expression d’une vision politique construite et mûrie au fil des années ! Et nous voyons les conséquences…

Or, celui-ci (le programme) doit être rédigé en plusieurs centaines de pages, car couvrant tous les domaines de la vie sociale: l'économie, l'Armée, l'agriculture et l'élevage, la santé, l'éducation, le tourisme, les infrastructures de développement (routes, ponts, hôpitaux, écoles, formations diverses, enseignement technique et professionnelle, universités...), les P.M.E. et les T.P.E.(ou très petites entreprises), un grand centre moderne des affaires , les mines et pétrole. ..

Il (le programme) doit être évalué et chiffré par le candidat et par l’État.

Gouverner, c'est surtout anticiper, car la vision en politique, est essentielle. surtout lorsqu’il faut repartir de presque de zéro pour tout reconstruire…

-Les quatre thèmes retenus au Forum national de Bangui participent de la Reconstruction nationale. Et ils sont donc à inclure dans le Programme national de Reconstruction. Ce serait en soit une vraie révolution pour la R.C.A. Par ailleurs, j’affirme que des productions existent déjà grâce aux groupes animés par des compatriotes avertis, qui ne demandent qu’à l’offrir à la Nation, comme une œuvre patriotique (avec leurs droits d’auteurs garantis et reconnus) au sein d’un organisme, et non à un individu-candidat ( qui s'en réclamera , pour passer pour un homme providentiel devant le pays !) ou même à un parti (c’est la même chose).

Le moment est venu pour que les uns et les autres candidats réels ou putatifs, déclinent leurs programmes et les propositions, plutôt que de les entourer de mystères, prétextant se prémunir ainsi des plagiats. Les centrafricains sont en droit de savoir pour jauger ( ou juger) du sérieux ou non d’un candidat , avant de lui accorder ou non leur suffrage.

Je crois que :
–  Constituer une équipe solide est crucial pour mener à bien le programme de gouvernement. Il résulte de la connaissance et des choix judicieux des hommes, non seulement sur la base des compétences, mais aussi sur celle de la conscience et de sens du devoir. Les meilleurs fils et filles de la nouvelle génération centrafricaine doivent être associée à la gestion du pays (par de là les ethnies) pour que les expériences soient transmises. Pour ce faire, de grandes écoles d’élites dans tous les domaines, (enseignements militaires, professionnels, généraux et manuels) doivent voir le jour à travers le pays, en s’inspirant de ce qui se fait de mieux ailleurs, car plusieurs homologies existent de par le monde, pourquoi se mettre des œillères !

Je crois que :

« Chaque génération dans une relative opacité, doit découvrir sa mission et la remplir ou la trahir » Frantz Fanon.

Je crois que :
Ce sont de ces exigences-là que, procéderont un changement de paradigme, car l'homme providentiel que recherche le centrafricain lambda, moi, je n'y crois pas. Mais cela ne signifie pas qu'il n'existe pas. Cela me met simplement à l'abri des déceptions...

Va-t-on demeurer  éternellement passif (selon l’expression répandue : « babaa ga awé nzara a wé !), et attendre que le bonheur leur tombe du ciel, à travers un surhomme  ou un démiurge ? Ou bien de se dire que pour tous les peuples qui tirent tous leur subsistance de la terre, le vrai miracle est celui de la moisson, où durant des mois , l’on s’est levé tôt pour aller au champ, et que l’on a retroussé ses manche, pour cultiver la terre, puis semer, avant de récolter…
Anticiper puis programmer et organiser, (et ainsi se doter des moyens plutôt que d’attendre que ça tombe tout cuit du ciel), précèdent les cinq verbes du M.E.S.A.N.: "Nourrir, soigner, instruire, loger, vêtir".

En effet en politique, ce qui prime, ce sont les « comment faire pour que les propositions et les constats deviennent réalités » !

Aussi le « grand dirigeant » de demain, est celui qui est susceptible d'améliorer les conditions de vie de ses compatriotes, mais aussi  leurs mentalités, par le sens des responsabilités et du vivre-ensemble.

J’ai souvent entendu dire que certains pays tels que la France ou la chine sont des pays agricoles. Que l’Angleterre (d’abord l’empire britannique) est un pays de commerce maritime, avant devenir, grâce aux richesses accumulées, celui des banques et de la révolution industrielle imité par les autres nations européennes…Surtout, que presque toutes les guerres qui ont ravagées l’Europe avaient une seule cause : l’économie…

Aussi, comme je l’avais mentionné dans une tribune en avril dernier (Centrafrique : Que voterai-je aux élections présidentielles de 2015 ?), l’Armée et l’économique sont étroitement associées.

« Je lègue à la jeunesse l’avenir et l’évolution de la Nation »                                
Mustapha Kemal ATATÜRK

-Voilà pourquoi, j'incline pour qu'un Programme National de Reconstruction, fruit des apports divers de chaque fils et fille du Pays, soit rédigé, adopté et "l’imposé" , car il en va de la survie d'une Nation. Et  l’A.N.E. est particulièrement interpellée. A elle revient le devoir d’apprécier qu’un candidat est porteur de projet on non, puis de faire le tri…

Chaque candidat prononcera par rapport à ce programme, dont il pourra juste planifier une progression comme bon lui semble, puis à la justifier devant le peuple ou ses représentants...
 C'est-à-dire, qu'il pourra commencer par ce qui lui semblera essentiel

Mais tout candidat peut et doit proposer un programme politique, à défaut d’entériner le Programme officiel de Reconstruction nationale du Pays et justifier de la pertinence de ses propositions. Le peuple souverain tranchera !

Je crois qu’un tel Programme, est nettement mieux que des slogans, car confier le destin des autres à un beau parleur ou un excellent ingénieur ou autre, comme c’est le cas jusqu’à présent, et sans qu’un programme ne soit proposé est " magnifiquement" catastrophique.! Quand on va au marché ou au supermarché, il vaut mieux faire une liste de ses emplettes, au risque de subir la séduction des pubs, et dilapider ses moyens et ses sous... C'est si évident... Il faut que cela cesse. Élaborons donc tous un Programme National, à l’instar des Pays en progrès, pour reconstruire la Centrafrique.

A la fin de chaque mandature, nous pourrions alors mesurer ce qui à été réalisé ou ce qui reste à faire. C'est le seul moyen pour se prémunir des démagogues!

Faire qu'il y ait une unité entre le projet et  la Nation toute entière…                                

Un  vaste programme !

Je suis pour un Programme officiel de reconstruction de la République Centrafricaine adoptée avant les élections présidentielles et législatives de la fin de l'année 2015. Telle est ma conviction pour mon Pays ! C’est, me semble-t-il une solution intelligente et tout à fait possible pour remettre la Centrafrique sur le chemin du progrès. 

J’ai peut-être fait un rêve, moi aussi…
Patriotiquement,

Léon Kidjimalé Grant