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REPORTAGE

Tchad - Covid-19 : face aux mesures, les commerçants broient du noir


Alwihda Info | Par Kelvin Mendig-lembaye et Djibrine Haïdar - 16 Avril 2020


Le grand marché de N'Djamena, au Tchad. © Kelvin Mendig-lembaye Djetoyo/Djibrine Haïdar/Alwihda Info
Le grand marché de N'Djamena, au Tchad. © Kelvin Mendig-lembaye Djetoyo/Djibrine Haïdar/Alwihda Info
Depuis le premier cas de Covid-19 au Tchad, les mesures pour contrecarrer cette pandémie ne cessent de pleuvoir du côté gouvernemental. L'une des entités économiques la plus touchée est la classe commerçante.

Ce matin, dans le grand marché de N'Djamena où nous, nous sommes rendus, le constat est le suivant : les boutiques à caractère non essentiel et/ou non alimentaire sont hermétiquement fermées. Pas une seule silhouette. Les couloirs sont vides de présence humaine.

Le grand marché de N'Djamena, au Tchad. © Kelvin Mendig-lembaye Djetoyo/Djibrine Haïdar/Alwihda Info
Le grand marché de N'Djamena, au Tchad. © Kelvin Mendig-lembaye Djetoyo/Djibrine Haïdar/Alwihda Info
Le ''souk kabir'' qui jadis accueille des milliers d'âmes par jour pour venir faire leurs achats est malheureusement devenu l'ombre de lui-même. Une situation sans pareille.

​Sauf dans certains cas, pour essayer de joindre les deux bouts et subvenir au besoin de leurs familles respectives, les commerçants récalcitrants sont obligés de vendre dans la clandestinité.

Le grand marché de N'Djamena, au Tchad. © Kelvin Mendig-lembaye Djetoyo/Djibrine Haïdar/Alwihda Info
Le grand marché de N'Djamena, au Tchad. © Kelvin Mendig-lembaye Djetoyo/Djibrine Haïdar/Alwihda Info
"L'Etat doit nous trouver une solution"

Mahamat Tahir, commerçant au grand marché, nous explique la situation d'un air lamentable : "Vous voyez, tous ces gens souffrent et nous sommes devenus comme des enfants de la police. Quand les agents de garde municipaux (mairie) passent seulement, vous aller voir la fuite ; tout le monde coure".

"Comme je vous le dis, nous voulons seulement trouver notre gain journalier pour retourner à la maison mais on passe toute la journée dans la rue devant nos boutiques à cause des mesures prises par le gouvernement. Ce n'est que normal mais le gouvernement doit aussi penser à améliorer cette situation", souligne Mahamat Tahir.

Le grand marché de N'Djamena, au Tchad. © Kelvin Mendig-lembaye Djetoyo/Djibrine Haïdar/Alwihda Info
Le grand marché de N'Djamena, au Tchad. © Kelvin Mendig-lembaye Djetoyo/Djibrine Haïdar/Alwihda Info
"Nous sommes des débrouillards, nous sortons le matin pour trouver un petit gain pour nourrir nos enfants. En plus, un autre problème, les bailleurs des maisons viennent chaque matin réclamer leur argent et nous sommes incapables de payer par ce que notre travail est en arrêt, l'Etat doit nous trouver une solution", ajoute-t-il.

Même son de cloche du côté de Ali Mahamat, un quinquagénaire bien barbu à la taille moyenne, commerçant au grand marché de N'Djaména depuis 20 ans. Il témoigne en ces termes de résignation : "On comprend la situation, la maladie avance même. Notre Syndicat ne fait rien, je ne vois que des gens avec des boubous qui viennent passer pour des informations mais quand il y a une situation, personne ne vient."

"Aujourd'hui, même quand votre média Alwihda Info s'est déplacé pour venir nous écouter, pour nous c'est étrange mais on a foi en vous pour que notre situation change",
dit-il.

Ces commerçants demandent au gouvernement de se pencher sur leur situation en vue d'une solution rapide et équitable. "On ne fait pas de chantage mais nous déplorons notre condition de vie. Que le gouvernement pense à nous trouver des solutions pour que nous reprenions les activités quotidiennes et que nos activités avancent", relève Ali.

Le grand marché de N'Djamena, au Tchad. © Kelvin Mendig-lembaye Djetoyo/Djibrine Haïdar/Alwihda Info
Le grand marché de N'Djamena, au Tchad. © Kelvin Mendig-lembaye Djetoyo/Djibrine Haïdar/Alwihda Info
La distanciation sociale foulée au pied

Dans les coins du marché qui sont autorisés à vendre à cause du caractère alimentaire des produits, la mesure de distanciation sociale est malheureusement foulée au pied. Bousculade, contact permanent avec l'argent et les clients, tandis que certains se permettent aussi de se saluer de main à main.

Au marché de Dembé où nous, nous sommes rendus pour le même constat, les services policiers dit de renseignements généraux nous ont malheureusement refusé l'accès malgré l'insistance.

Tous ces commerçants sont conscients des dangers et des risques de propagation de la pandémie de coronavirus. Mais la situation, qui devient intenable pour eux, les pousse à briser le silence et à réclamer une solution venant du gouvernement.









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