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ANALYSE

Tchad : Et si on dissout la fonction publique


Alwihda Info | Par Tchadmedia - 2 Mars 2018 modifié le 2 Mars 2018 - 02:36


Par Tchadmedia

Crédits photo : tchadnayilinfo
Crédits photo : tchadnayilinfo
Le bras de fer entre le gouvernement et les fonctionnaires continue de plus belle malgré la rencontre d’explication avec le Premier Ministre le 23 février 2018.

L’on apprend de source proche de la Primature que les hautes autorités seraient très remontées contre l’intransigeance des fonctionnaires qui ne sont prêts de lâcher du lest malgré l’état piteux de la caisse de l’Etat. La source informe aussi que le gouvernement est non seulement déterminé à ne plus revenir sur les mesures de coupe préconisées mais aussi se dit dans l’incapacité financière totale de désintéresser ces commis de l’Etat chaque fin de mois sans réaliser ces coupes.

Dans ce cas et vu les positions de chaque camp, Tchadmedia s’arroge le privilège d’émettre cet avis : si le gouvernement décide de dissoudre purement et simplement la fonction !

Aussi légitime qu’une entreprise, pour cause de banqueroute, peut se dessaisir de ses employés, l’Etat pourrait se servir de ce droit de déclarer la faillite d’une de ses institutions, fût-elle la fonction publique, surtout que la situation de ses finances le justifie.

De la même manière qu’une entreprise peut se ressusciter sur ses propres cendres, après s’être déclarée défaillante, notre fonction publique pourrait reprendre vie après s’être déclarée incompétente. Dans ce cas d’espèce, la nouvelle fonction publique va d’abord et immédiatement reprendre l’essentiel de l’effectif des agents de forces de défense et de la sécurité, puis presque le même jour, quelques commis essentiels pour mettre en œuvre la vaste opération du nouveau recrutement sur la base de compétence, de l’exigence des résultats et sur fond d’un effectif maîtrisé, raisonnable, réaliste, efficient et efficace.

Le Tchad de l’émergence ne pourra que se construire à l’image de ce type de fonction publique : de taille moyenne, efficiente et efficace.

Ce qui s’offre aujourd’hui à nous est une fonction publique en état de décrépitude totale, en déphasage avec son temps, non performante, lourde et inefficace. Pis, ses agents sont souvent absents de leurs postes, rackettent constamment la population et institutionnalisent la corruption comme mode d’opération.

Le peuple tchadien mérite mieux que ce qu’il a actuellement dans sa fonction publique : des agents véreux qui pullulent inutilement et prenant en otage l’administration publique sans un rendement bénéfique pour le pays.

Même s’il faut reconnaître à quelques perles rares le mérite de se donnent avec abnégation et sincérité aux missions pour lesquelles elles sont avant tout et uniquement recrutées et payées, la masse parasite a malheureusement depuis longtemps phagocyté ce qui reste d’efficacité dans notre administration publique.

Le citoyen lamda a toujours décrié cette fonction publique moribonde. Des fonctionnaires payés mais qui ne livrent pas la marchandise comme il se doit. Ils sont plus au service de leurs intérêts égoïstes qu’à ceux suprêmes du peuple tchadien. C’est pourquoi des pratiques aussi honteuses que celles de confisquer ou dans le meilleur des cas bloquer un projet quoique salutaire pour le pays sont non seulement monnaie courante mais n’émeuvent personne ! Comment comprendre qu’un fonctionnaire qui ne doit vivre que de son salaire dispose de plusieurs somptueuses villas et de voitures cylindrées même s’il se trouve être un commis de la douane, des impôts ou du trésor ?

Comme il est injustifiable pour quelqu’un qui travaille à la banque de se permettre de disposer de tout l’argent déposé par les clients, il est tout aussi inconcevable qu’un fonctionnaire au Trésor publique de s’assoir sur de masse de liasse et s’en servir pour assouvir ostentatoirement ses besoins matériels. Et que dire si l’on vous montre à Ndjamena des propriétés dignes d’un pacha du milieu mafieux appartenir à un simple enseignant ?

Il est ainsi difficile pour le Tchadien lamda de savoir, aujourd’hui, tracer la ligne de démarcation entre un fonctionnaire et un commerçant. Tous les deux possèdent de grosses voitures, achètent des villas à volonté, sont dans la corruption, dans les mêmes affaires, parfois fréquentent les mêmes charlatans !

Aujourd’hui est donc l’occasion où jamais pour le gouvernement d’exaucer la prière du peuple tchadien qui rêve d’une fonction publique dévouée et à ses services et non son racketeur. Et cette ultime prière est bien évidemment la disparition de cette horde d’individus qui essaiment actuellement l’appareil étatique. La dissolution de la fonction publique est de mise.

NB: notre ligne éditoriale n'est ni pro-gouvernement ni pro-opposition

La rédaction de Tchadmedia



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