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INTERVIEW

Tchad : "La terre n'est pas ingrate comme nous les Hommes"


Alwihda Info | Par Golmen Ali - 21 Novembre 2019 modifié le 21 Novembre 2019 - 16:54

Le coordonateur du projet champs pilotes présidentiels, le député Néatobeye Le Nasseguengrar, a lancé mardi les récoltes de coton au village de Kéré Maïlaou, département de Guéni, dans la province du Logone occidental. Faisant part de sa fierté pour la concrétisation de ce projet, il s'est entretenu avec Alwihda Info.


Le coordonateur du projet champs pilotes présidentiels, le député Néatobeye Le Nasseguengrar. © Alwihda Info
Le coordonateur du projet champs pilotes présidentiels, le député Néatobeye Le Nasseguengrar. © Alwihda Info
Alwihda Info : Vous venez de lancer officiellement la récolte de coton dans le champ présidentiel. Quel est votre impression pendant les récoltes ?

Néatobeye Le Nasseguengrar : C'est un sentiment de fierté, fierté de toucher du doigt le produit du travail de sensibilisation que mes collègues et moi avons mené pendant deux ans pour ramener les cotonculteurs au travail de la terre en général et à la culture du coton en particulier.

Nous leurs avons transmis, porté le message du chef de l'Etat qui consiste à revenir au travail de la terre. Nous sommes ici dans un champ pédagogique présidentiel initié par le chef de l'Etat. Vous voyez bien que lorsque le chef de l'Etat touche quelque chose du doigt, ça devient un produit, ça devient de l'or. Nous avons l'or blanc.

Vous qui êtes coordonateur de ce projet de champs présidentiels, quel est l'objectif du chef de l'Etat à travers ce projet ?

Le chef de l'Etat cherche à travers son champ pédagogique présidentiel à inciter les gens à revenir au travail de la terre, de donner sa caution à la relance de la filière coton, c'est aussi inciter les deux communautés, agriculteurs et éleveurs, à un vivre-ensemble, une cohabitation pacifique.

A travers cela, il leur dit qu'il ne sert à rien de se blesser, entrainer dans des conflits inutiles les gens qui vivent en ville, qui les inondent de leurs boeufs achetés de manière pas très claire et qui les incitent à s'opposer à leurs frères agriculteurs. Il leur dit aussi aux agriculteurs que les éleveurs sont leurs frères, ils ont toujours vécus ensemble depuis des lustres, depuis des siècles. Donc, il suffit de régler leur problème entre eux dans la paix, dans la négociation. 

Quelle est la superficie de ces champs ? Est-ce seulement dans le département de Guéni que ce champ existe ? 

Non, non. J'ai toujours dis que ça fait 20 hectares par province. Et comme les provinces productrices de coton au Tchad, il y en a huit, ça fait au total 160 hectares de coton graine que le président de la République produit cette année. Ces 160 hectares sont répartis. Les provinces les répartissent selon leur bon vouloir.

Au Logone occidental par exemple, ça fait cinq hectares par département puisqu'il y quatre départements. Nous sommes ici dans le département Guéni, plus précisément à Krim Krim, dans le village de Kéré Maïlaou, au champ pédagogique présidentiel pour le département de Guéni.

Est-ce seulement le coton ?

Ce champ présidentiel est entouré des anacardiers. Ces anacardiers, nous les avons planté en récompense à ceux qui nous ont prêté leurs champs pour installer les champs présidentiels. Certaines mauvaises langues disent que nous avons installé ces champs et que maintenant nous plantons les anacardiers pour arracher ces terres aux producteurs. Moi je viendrais de si loin arracher les terres pour faire quoi ? On a planté ces anacardiers parce que dans trois, quatre ans, ils produiront. Ce sera une source de revenus en plus pour ceux qui nous ont prêté leur terrain pour installer les champs présidentiels.

Comme je le disais, il y a cinq jeunes qui sont sélectionnés dans le département Guéni, qui seront formés et réinstallés à Guéni autour des champs présidentiels avec des moyens de travail et dans des conditions sociales et économiques améliorées. C'est pour répondre au désidérata des jeunes qui disent que le président n'a pas assez fait pour donner du travail.

Le président à travers ça veut faire de l'auto-emploi et de l'emploi pour les jeunes. Cette année, c'est 160 jeunes qui seront peut être avec trois à cinq hectares chacun. Mais l'année prochaine, la campagne prochaine, nous recruterons encore d'autres et ainsi de suite. Au bout de trois à quatre ans, du moins la vie du projet qui est de cinq ans, vous verrez que ce sera toute une génération de jeunes exploitants agro-pastoraux que le président aura suscité ainsi, avec des moyens de travail améliorés et dans des conditions qui seront certainement enviables.