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AFRIQUE

Afrique subsaharienne : la Banque Mondiale met en garde contre les risques des dérapages budgétaires


Alwihda Info | Par Info Alwihda - 5 Octobre 2018 modifié le 5 Octobre 2018 - 06:46


Dans un communiqué de presse qui fait suite à un rapport présenté par vidéo-conférence depuis Washington, la Banque Mondiale prévient que la croissance de l’Afrique subsaharienne sera plus lente que prévue. En même temps, les auteurs du rapport de Africa’s Pulse invitent à une diversification des investissements pour créer des emplois. Décryptage.

Ce rapport semestriel (présenté le 03 octobre 2018) de la Banque Mondiale se préoccupe d’une situation réelle, et appelle à des actions concrètes et urgentes. Il a la vocation d’analyser la conjonction économique africaine. Le document fait état des économies d’Afrique subsaharienne qui pourtant continuent de se redresser, « après avoir marqué le pas en 2015-2016, mais à un rythme plus lent que prévu. En 2018, la région devrait afficher un taux de croissance moyen de l’ordre 2,7%, soit une légère augmentation par rapport aux 2,3% enregistrés en 2017 », énumère le document.

Raison ? Les auteurs du rapport soulignent que ce ralentissement tient en partie à une conjoncture internationale moins favorable pour la région. « Les échanges mondiaux et l’activité industrielle s’essoufflent, marqués par la chute des cours des métaux et des produits agricoles en raison des inquiétudes liées aux tarifs douaniers et à une demande plus incertaine », note le communiqué. Heureusement, on y lit que « les prix du pétrole devraient augmenter en 2019, mais ceux des étaux pourraient rester modérés du fait de a baisse de la demande, notamment en Chine ».

Le ralentissement de la reprise en Afrique subsaharienne, estimé à 0,4 points de moins que les prévisions du mois d’avril, s’explique par la modeste performance des trois plus grandes de la région. « La baisse de la production pétrolière en Angola et au Nigéria a neutralisé la hausse des prix du pétrole et, en Afrique du Sud, la faible croissance de la consommation des ménages a été exacerbées par la contraction de l’activité agricole », relève le document. Les économistes de la Banque Mondiale disent que plusieurs pays d’Afrique centrale, exportateurs de pétrole, ont bénéficié de la hausse des prix du pétrole et de l’augmentation de la production pétrolière. Ainsi, les pays tels que la Côte-d’Ivoire, le Kenya et le Rwanda « soutenus par la production agricole et les services ».

Par ailleurs, la dette publique est restée à un niveau élevé et continue d’augmenter dans certains pays. Cependant, la Banque Mondiale redoute « la viabilité de cette dette risque d’être compromise par l’affaiblissement des monnaies et la hausse des taux d’intérêt associée à la modification de la composition de dette ».

C’est pourquoi, pour faire face à tous ces enjeux, le rapport plaident, tout en mettant en garde contre les dérapages budgétaires, que « les responsables politiques doivent continuer de donner la priorité aux investissements qui privilégient le capital humain, limitent les risques de mauvaise allocation des ressources de l’Etat et stimulent la productivité », selon les explications d’Albert Zeufack, économiste en chef de la Banque Mondiale pour l’Afrique. Point de vue largement partagé par Cesar Calderon, économiste principal et auteur principal du rapport, qui explique que « les réformes devraient notamment englober des politiques qui encouragent les investissements dans des secteurs autres que celui des ressources, créent des emplois et améliorent le rendement des entreprises et des travailleurs ».