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Congo : Lettre ouverte d'un citoyen congolais au prévenu Jean Marie Michel Mokoko


Alwihda Info | Par Arthur Mabiala - 11 Mai 2018 modifié le 11 Mai 2018 - 21:11

Monsieur Arthur Mabiala, citoyen Congolais, écrit une lettre ouverte au Général Jean Marie Michel Mokoko, ancien chef d’Etat-major général des Fac, ancien conseiller du président actuel, ancien candidat à l’élection présidentielle de juillet 2016, actuel prévenu à la cour d’Appel de Brazzaville


Jean Marie Mokoko devant la barre, à la deuxième journée du procès.
Jean Marie Mokoko devant la barre, à la deuxième journée du procès.
Monsieur le Général, dites votre part de vérité au peuple

‘’Le courage c’est de chercher la vérité et de la dire’’. Je tiens cette paraphrase de vous à travers cette lettre du 9 mai 2018, que vous adressez au ‘’peuple congolais’’. Lettre saisie à l’ordinateur, ce qui nous fait croire que vous en avez un dans votre cellule de la maison d’arrêt de Brazzaville ; lettre signée de vous alors que vous prétendiez ne bénéficier pas de conditions de détention convenables, alors que nous vous avons vu au prétoire avec une très bonne mine et changeant de tenues chaque jour. Ce qui est exceptionnel pour un prisonnier, car j’en ai vu d’autres devant cette même cour comparaître en tenue de prisonnier. Or, en ce qui vous concerne, nous avons appris que vos plats sont faits depuis votre domicile par votre cuisinier personnel, le nommé Ouedraogo, que vous aviez même droit aux visites conjugales …

Revenons à votre lettre par ces deux questions : de quel peuple et de quelle vérité parlez-vous ?

De quel peuple parlez-vous mon général, si ce n’est le même que vous planifier depuis des longues années à tuer à travers l’idée d’un putsch qui ne sort jamais de votre tête? Vous le savez mieux que moi, même si vous aviez visé de tuer quelques officier supérieurs qui pouvaient vous gêner (cf. vidéo), un coup de force ne se déroule que très rarement sans dégâts collatéraux, y compris humain.

De quelle vérité parlez-vous? si ce n’est celle que vous prétendez détenir, que n’arrivez pas à dire au peuple congolais au cours de ce procès où vous vous réfugiez derrière ce silence coupable, alors que vous vous donnez la liberté de le distraire par courrier interposé. Vous justifiez votre silence par le fallacieux prétexte d’être dignitaire de la République, alors la cours suprême a bel et bien levé cette équivoque et que de nombreux autres congolais bénéficiant de la même distinction ont déjà comparu devant la même cours. L’occasion de dire votre vérité au fameux peuple devant les magistrats est là.
Monsieur le Général,

Je suis Arthur Mabiala, citoyen congolais, 44 ans, obligé de sortir de mon mutisme après avoir observé chez vous, mon champion d’hier, plein de contradiction de votre attitude politique. Car, je croyais que vous étiez ce brave général qui assume et qui se défend. Or, la vous n’êtes qu'un poltron, une poule mouillée qui a peur de Monsieur Sassou, et qui ne tire sa force que dans un complot venant chaque fois de l’étranger. D’où l’Etat français refuse d’extrader vos complices, d’où votre cas s’invite au débat à l’assemblée nationale française comme si c’était une question de politique nationale en France.

Permettez-moi de vous informer qu’au cours du dernier scrutin présidentiel que notre pays a connu, j’avais porté mon choix sur votre candidature. Je suis un ancien de l’UPADS, après avoir porté à la présidence de la République en 1992, le président de mon parti, le professeur Pascal Lissouba, je suis de ceux qui pensaient encore accorder une chance à l’alternance dans notre pays. D’où, sans vous connaître véritablement, je portais aveuglement mon choix sur vous.

Ce jour de vote, puisque je vote à l’école de la poste comme vous, j’ai respecté la consigne qui consistait à ne pas s’éloigner du bureau de vote jusque qu’au dépouillement du dernier bulletin, au risque de se faire voler notre victoire. Ainsi, j’y suis resté jusqu’à 22h15’, heure de départ de toutes les urnes.

A travers les trous des salles de classe, j’ai surveillé, à tour de rôle, le dépouillement, presque de toutes les urnes de notre centre de vote. J’ai été présent lorsqu’en présence des ambassadeurs de France, des USA, de l’UE, de la RCA,…, avait eu lieu le dépouillement au bureau de vote où vous aviez vous-même voté. J’étais triste de savoir que dans ce bureau de vote situé à côté de votre résidence, vous n’étiez que troisième après Monsieur Sassou et Kolélas ; et que c’était la tendance globale sur l’ensemble dans ce centre de vote et même dans la ville de Brazzaville.

De par les relais que nous avions, j’ai appris par la suite, avec grande satisfaction, que la tendance était plutôt en votre faveur à Pointe Noire et dans certaines grandes villes du grand Niari où vous étiez en tête. J’ai appris par la suite Monsieur Kolelas était, sans trop d’écart entre le premier et le deuxième, en troisième position à Pointe noire et en tête des circonscriptions de Brazzaville sud et de l’ensemble du département du pool. Le président sortant lui, était deuxième à Pointe et en tête dans les circonscriptions électorales du nord de Brazzaville et dans le reste du Nord du pays.

Tout congolais objectif avait reconnu que votre percée fulgurante au cours de cette élection présidentielle était remarquable. Car sans appareil politique, vous aviez su exploiter les peurs, la misère et profité du jeu des alliances et de la déconfiture du RDPS à Pointe noire et dans le Kouilou, du MUDEC, du MARS et de l’UPADS dans les régions du NIARI.

Loin de tout fanatisme, au regard des grandes tendances que j’avais, rien ne me fais accepter que vous étiez le vainqueur de cette élection. Bien au contraire, toutes les sommes arithmétiques vous donnaient troisième derrière Monsieur Sassou qui était en tête et Monsieur Kolelas qui était deuxième. Car, dans toutes les grandes agglomérations où vous étiez en tête, ça ne l’était jamais à plus de 50% des suffrages, alors que vos deux principaux challengers vous talonnaient de très près.

Alors, d’où vient cette récurrente auto-proclamation qui fait de vous le véritable vainqueur de l’élection présidentielle de 2016, affectant à Monsieur Sassou les 8% abondamment repris par les sites, blogs et autres médias tenus par vos alliées de la place de Paris ? Quel pourcentage donneriez-vous donc à Monsieur Kolelas ? Pouvez-vous nous livrer les chiffres exacts en votre possession, faisant de vous le vainqueur de cette élection ? Le peuple au nom du quel vous parlez vous attends là-dessus.

Or, après avoir suivi le déroulement des trois premiers jours de votre procès que la bande Mapingou, comme le corbeau perché sur la place de Paris, évitant d’aller au fond du dossier, parce que le connaissant accablant, a très vite fait de qualifier de stalinien, lui donnant une connotation politique qui n’existe pas sur la base des faits extrêmement graves en cours de démonstration, tout congolais épris de bon sens se pose, à juste titre, ces quelques questions qui attendent des réponses de la part du général démocrate, le Mandela et le Moïse que vous prétendez être :

C’est vous ou pas que nous voyons dans cette vidéo de 2007, où vous répétez, sous le coaching de quelques blancs, un discours putschiste qui devrait vous servir à la suite de votre coup de force ?

J’ai vous ai entendu par voix des ondes vous défendre sur l’existence de la vidéo, alléguant que vous vous étiez laissé piéger (ridicule argument pour un brillant officier général de votre rang) ; que vous vous trouviez à Paris pour assister votre fille malade (alors que votre ancien ami et co-accusé Moudilou, que vous méconnaissez aujourd’hui confirme que vous êtes parti de Brazzaville via Abidjan avec le but d’engager ce cabinet de mercenaires que vous lui avez demandé en amont de contacter) ; qu’enfin vous en aviez parlé en famille avec Monsieur Sassou (votre ancien Patron qui vous d’ailleurs plus tard refait confiance).

Comment expliquez-vous le fait d’avoir gardé contact avec ces mêmes mercenaires jusqu’à ce que naissent en vous des ambitions présidentialistes entre 2015 et 2016?

Etant à Brazzaville en 2015 et 2016, alors que vous contestiez le principe même d’un référendum constitutionnel et que vous vous apprêtiez à être candidat à l’élection présidentielle : pourquoi devriez-vous utiliser un numéro de téléphone étranger, identifié au nom de votre fille, pour discuter avec ces mercenaires, les mêmes qui sont avec vous sur la vidéo et qui sont aujourd’hui vos co-accusés ?

Quels sont vos vrais liens avec ces mercenaires français, les hommes d’affaires français qui vous ont pourvu en argent pendant votre campagne, les Seleka en RCA… ?

La note déterminant le nombre d’hommes et d’armes à affecter à la garde d’un général de votre classe étant signée à l’époque par vous-même, et vous connaissant de loin rigoureux et regardant, comment expliquez-vous les surplus d’armes et de munitions saisi à votre domicile ?

Si dans votre lettre du 9 mai vous prétendez défendre une certaine vérité, de quelle vérité s’agit-il ? Pourquoi ne la dites-vous pas au peuple congolais à l’occasion de ce procès, dont le déroulement nous révèle tant de choses sur votre ubuesque
personnalité ? Ne savez-vous pas que le silence comme la chaise vide n’ont jamais donné raison à leurs auteurs ?

Que souhaiteriez-vous que les congolais retiennent de ce procès : que vous êtes la victime d’un système totalitaire qui vous persécute alors que vous étiez premier à l’élection présidentielle ?

Si vous parlez de vérité : étiez-vous vraiment premier à l’élection présidentielle de 2016 ?

Autant de questions que de nombreux congolais se posent par ma voix, auxquelles ils souhaiteraient obtenir de vous des réponses. Veuillez s‘il vous plait nous répondre par écrit, mon général, puisque nous savons désormais que vous avez dans votre cellule un ordinateur et une imprimante pour parler au peuple.

Au-delà de toutes ces questions, j’observe à la lumière de votre vidéo et au fil de l’histoire de notre pays que, comme les autres, vous bluffez le peuple congolais. Avec le recul, mon choix porté sur vous n’était qu’une erreur monumentale. Que vous auriez fait pire que Monsieur Sassou à la tête de ce pays. Belliqueux et rancunier comme vous l’êtes, vous auriez passé tout votre mandat à régler les comptes à vos adversaires d’hier et d’aujourd’hui. Bref, vous n’êtes qu’un puéril assassin, à la solde des cabinets de mercenariats et de lobbying occidentaux, qui ne conçoit la politique que par le coup d’Etat. Vêtu d’habit de démocrate, vous n’êtes qu’un comploteur contre votre pays, contre votre propre peuple ; ce même peuple au nom duquel vous prétendez agir et penser.

Car, tenez… A chaque fois que le pays était à l’approche d’une échéance politique décisive, vous aviez toujours un agenda criminel à dérouler. C’est comme ça que, en 1990, pendant la transition démocratique, alors que se préparait tranquillement l’élection, vous aviez tenté un ‘’petit truc’’ non réussi en enfermant la crème des autorités de l’époque au palais des congrès. Vous l’avouez vous-même dans la vidéo que vous ne vous sentiez pas totalement prêt pour aller au bout de votre logique putschiste.

En 2007, sentant que dans la perspectives de l’élection présidentielle de 2009, tous les sondages étaient en faveur de Monsieur Denis Sassou N’Guesso, vous avez choisi de planifier ce coup d’Etat qui malheureusement pour vous, suite certainement à un mauvais partage d’argent avec votre co-accusé Moudilou, a fuité avant sa matérialisation.

En 2015, pendant que le régime Sassou annonçait l’éventualité d’un référendum constitutionnel, vous revoilà dans cette logique de violence, relançant vos contacts de 2007, étendant vos contacts aux milices des pays voisins, obtenant des lobbies français le soutien, politique, financier et médiatique… pour chercher le prétexte d’une mise en œuvre de votre éternel plan macabre… Ce plan passait par la contestation populaire du référendum en perspectives. Il a très peu fonctionné, puisque vous étiez dépourvu de machine politique. L’opposition politique de l’époque, encore méfiante, ne vous avait pas pris comme un leader sérieux. Il fallait que vos réseaux de Paris puisse les organiser et les convaincre à vous suivre. Ce que nombreux, moyennant argent, ont accepté.

En 2016, vous avez réédité l’exploit, cette fois ci, sûr de vos moyens. Vainqueur ou pas, sûr de vos soutiens extérieurs et de vos moyens que le pouvoir avait finis par intercepter en grande partie, il vous fallait occasionner un soulèvement populaire sous le prétexte de la contestation des résultats pour vous permettre de dérouler votre plan. Vos complices étant en embuscade aux frontières. Là aussi, l’argent et certains hommes n’ont pas pu franchir les mailles des services de sécurité de notre pays jusqu’à ce que vous vous retrouviez dans cette cellule de la maison d’arrêt Brazzaville.

Toute cette manœuvre était perceptible dès votre retour de Paris lorsque, simulant une certaine violence sur votre personne, les médias français s’étaient emparés de cet incident qui n’en était pas un. Depuis cette époque vos faits et gestes sont repris en cœur par des médias comme RFI, France 24 - caisses de résonance du quai d’Orsay -, Le Monde Afrique, le Point Afrique, etc., tenus par Monsieur Marc Mapingou dont les réseaux parisiens s’étendent jusqu’à certains cercles prohibés.

Voilà qui vous êtes, Mon Général. Un lâche. Parlez devant cette cours, dites votre vérité. Arrêtez d’agiter le peuple par des lettres incendiaires. Vous n’êtes pas un démocrate comme le décrivent les médias français. Vous n’êtes pas un Moïse comme je l’avais cru, vous n’êtes pas un Mandéla congolais comme le disent en extase vos fans de la place de Paris, militant des réseaux sociaux.

J’ai dit !

Arthur MABIALA

Centre ville, Brazzaville, Congo.