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TCHAD

Déby : "Il n’y aura jamais de développement si plus de 50% des citoyens sont en marge du savoir"


Alwihda Info | Par Info Alwihda - 18 Juin 2019 modifié le 18 Juin 2019 - 15:50



Le président tchadien Idriss Déby lors du lancement de la conférence internationale sur l'éducation des filles, mardi 18 juin 2019. © PR
Le président tchadien Idriss Déby lors du lancement de la conférence internationale sur l'éducation des filles, mardi 18 juin 2019. © PR
Le président Idriss Déby a lancé mardi à N'Djamena, les travaux de la conférence internationale sur l'éducation des filles et la formation des femmes dans l'espace francophone.

Il a admis, dans son discours, "qu'il est évident, que les efforts colossaux déployés par nos pays et les partenaires au développement pour tenir cet important pari, n’ont pas toujours produit les résultats escomptés."

Seuls 66 % des pays ont atteint la parité entre les sexes dans l’enseignement primaire, 45% dans le premier cycle du secondaire et 25 % dans le deuxième cycle du secondaire. 

"Beaucoup de pays francophones dont le Tchad sont en butte à cette problématique majeure qui mérite d’être  questionnée dans toutes ses dimensions", a relevé le chef de l'Etat tchadien.

Au Tchad, l’indice de parité fille/garçon est passé de 0,49 au primaire à 0,75 entre 1990 et 2015, de 0,30 à 0,45% au 1er cycle du Secondaire et de 0,23 à 0,28 au 2nd cycle. 

Selon une étude récente sur la scolarisation de filles, 84% des filles interrogées estiment que ce sont les causes en lien avec le mariage qui les conduisent à abandonner l’école.

Les données démographiques relèvent que 86% de femmes sont analphabètes.

"Ce faible taux d’alphabétisation couplé à celui de la scolarisation rend peu efficace la participation de la femme au développement du pays", a souligné Idriss Déby.

Des actions pour "inverser la tendance"

Pour inverser la tendance, le Gouvernement a lancé  des actions fortes à la fois sur les terrains  politique, institutionnel et pédagogique.

Outre les reformes des curricula qui sont entreprises pour briser tous les stéréotypes en lien avec le sexe, "notre pays a adopté une loi portant interdiction du mariage des filles de moins de 18 ans", a précisé le dirigeant tchadien.

Dans le même sillage, il a expliqué que "la création de 24 lycées scientifiques, le recrutement en cours de 1439 enseignants scientifiques, la remise des prix d’encouragement et l’octroi des bourses aux filles ayant les meilleures notes dans les disciplines scientifiques et technologiques constituent des initiatives pour encourager celles-ci à opter pour les sciences, la technologie, l’ingénierie et les mathématiques."

La situation sécuritaire

Malgré des réflexions et débats sur les questions relatives à l'égalité de genre et à l'autonomisation des femmes, le Tchad fait face à un autre défi qui menace la stabilité du territoire.

D'après Idriss Déby, "au moment où le Tchad s’évertuait à améliorer les indicateurs en matière d’éducation et de formation, les crises ont éclaté dans les pays voisins, l’obligeant à partager les ressources déjà limitées avec les réfugiés venant des différents pays riverains."

Le Tchad accueille plus de 450 000 réfugiés dont au moins 180 000 sont en âge scolaire. Cette population en déplacement est à 55% constituée des femmes. Ce qui accroît les besoins en matière d’éducation et de formation des filles et des femmes. 

La conjoncture économique

Les ressources budgétaires se sont "fortement amenuisées suite à la conjecture économique due à la volatilité des cours du pétrole et à l'insécurité consécutive à la menace terroriste", a précisé Déby.

D'après lui, cette "situation hautement préoccupante entraine une baisse de la qualité des services et un ralentissement de l’accès à l’éducation et à la formation."

"Il n’y aura jamais de développement si plus de 50% de nos concitoyens sont en marge du savoir", a-t-il ajouté.

Il a appelé les participants aux travaux et les experts à élargir leurs réflexions pour donner une valeur ajoutée à la mise en oeuvre des politiques gouvernementales.