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POINT DE VUE

L’indépendance de l’Erythrée… un modèle à méditer


Alwihda Info | Par ZAHIR Mohamed - 24 Mai 2016 modifié le 24 Mai 2016 - 22:51


Aujourd’hui est l’anniversaire d’argent de l’indépendance de l’Erythrée qui, un 24 mai 1991, se sépara de l’Ethiopie au bout de trois décennies d’une guérilla particulièrement meurtrière. Cette sécession avait, je me rappel bien, un grand retentissement du coté d’El Hmada et chez « les séparatistes sahraouis de l’intérieur » tant cet événement a injecté une bouffée d’espérance dans un projet séparatiste qui commence à présenter les premiers signes d’essoufflement et de faillite politique et à sombrer dans un véritable pessimisme historique après la chute du mur de Berlin.

Le mouvement séparatiste érythréen à été lui aussi fondé par des étudiants qui ont fuit l’université d’Addis Ababa et qui ont fondé le front populaire de libération de l’Erythrée en instrumentalisant de réels fractures ethniques, confessionnelles, religieuses bref identitaires pour légitimer leur entreprise en la drapant sous une rhétorique politique d’obédience marxiste léniniste, très prégnante à l’époque.

Aujourd’hui, un demi-siècle après, le bilan est particulièrement sombre. L’Erythrée est l’une des dictatures les plus sanguinaires au monde, il est le premier pays pourvoyeur de réfugiés en Afrique, un pays en ruine qui se vide littéralement de sa jeunesse désespérée et de ses forces vives. Cette hémorragie concerne le quart de la population, c’est-à-dire environ un million et demi d’exilé alors que le reste est séquestré dans l’immense camp de concentration qu’est devenue ce pays invivable dont le régime atroce rappel à bien des égards celui des Khmers rouge de Paul Pot, la médiatisation en moins. Se situant dans la corne d’Afrique sur la mer rouge dans une région hautement stratégique pour les voies d’approvisionnement et pour le trafic mondiale, L’Erythrée est devenue un facteur de déstabilisation pour toute la région.

Plusieurs éléments permettent d’établir une analogie entre le FPLE d’Issayas AFEWORKI et le Polisario d’Abdelaziz El Merrakchi dont essentiellement le fait d’ériger l’assassinat, l’internement et le viol en mode de gouvernance rendant encore plus amères, les désillusions et les frustrations. Il y’a aussi le fait de mener un combat indépendantiste pour rétablir des frontières colonialistes qui ont semé le ferment de l’émiettement et de l’atomisation des nations et des communautés historiques. La différence réside cependant dans l’ancrage historique et socioculturel réel sur lequel a reposé le séparatisme érythréen ainsi que son poids démographique, on parle de 6,5 million d’érythréen alors que pour le soit disant ‘peuple sahraoui’, c’est à peine quelques milliers d’après les estimations les plus maximales, en somme, le nombre d’habitant d’un quartier de Casablanca, d’Alger ou de Tunis.



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