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INTERVIEW

« La femme Tchadienne joue un rôle déterminant dans le développement socio-économique »


Alwihda Info | Par Info Alwihda - 9 Mars 2018 modifié le 9 Mars 2018 - 07:46

Fatimé Zara Bichara Doudoua est une jeune étudiante tchadienne au Maroc, âgée de 24ans, ayant obtenu sa licence à la faculté de sciences juridiques, économiques et sociales Cadi Ayyad de Marrakech. Elle est actuellement en master 1 « Diplomatie et arbitrage international » à la faculté de sciences juridiques, économiques et sociales de Mohammedia. Fatimé Zara Bichara Doudoua, revient dans un entretien accordé à Alwihda Info depuis le Maroc sur la journée nationale de la femme tchadienne.


« La femme Tchadienne joue un rôle déterminant dans le développement socio-économique »
Elle évoque l’apport de la femme tchadienne dans le processus du développement du Tchad, les défis liés à son émancipation, la comparaison entre les femmes tchadiennes et marocaines, et les difficultés des étudiantes tchadiennes à l’extérieur.

Elle indique que la femme tchadienne est confrontée aux défis liés aux pesanteurs socio-culturelles qui sapent son émancipation. Selon elle, le rôle de l'État est de promouvoir une égalité de chance, non pas seulement aux instances de prises de décision, mais d’instaurer un équilibre à la base, c’est-à-dire dans le système éducatif. Par ailleurs, Fatimé Zara Bichara Doudoua appelle les femmes tchadiennes à préserver l'unité nationale pendant cette période de crise et à rester fortes.

En tant que femme tchadienne vivant à l'extérieur de son pays, comment célébrez-vous la journée nationale de la femme Tchadienne au Maroc ?

Fatimé Zara Bichara Doudoua : La journée nationale de la femme Tchadienne au Maroc a été célébrée pour la dernière fois avant mon arrivée au Maroc, en 2010 par l’association des étudiants et stagiaires tchadiens au Maroc (AESTM). Depuis mon arrivée, le bureau de l’AESTM n’a pas eu l’occasion de fêter la SENAFET faute de moyens ou encore de temps.

Mais on espère que d’ici quelques années, les prochains bureau pourront organisent des festivités pour honorer la femme tchadienne.

À votre humble avis, quel est l'apport de la femme tchadienne dans le processus du développement socio-économique du Tchad?

Fatimé Zara Bichara Doudoua : À part son rôle familial, la femme tchadienne sait qu'elle a un rôle capital à jouer dans le développement socio-économique du Tchad, raison pour laquelle, elle devient de plus en plus présente dans presque toutes les instances de prise de décision et d’autres secteurs privés. Comme nous pouvons le constater, le nombre de femmes occupant des hautes fonctions a augmenté par rapport à l’époque où elles étaient jadis des secrétaires ou bien assistantes.

En outre, il y’a plusieurs veuves qui sont obligées de travailler pour subvenir aux besoins élémentaires de leurs enfants. Il faut aussi noter qu’aujourd’hui que les femmes préfèrent gagner elles-mêmes leurs vies plutôt que de compter sur des hommes.

Quels sont les défis auxquels les femmes tchadiennes sont confrontées pour amorcer son émancipation?

Fatimé Zara Bichara Doudoua : Le premier défi auquel la femme doit faire face, c’est la mentalité tchadienne selon laquelle la femme n'a pas de place sur la table des hommes (une idéologie sexiste ancrée). Elle doit se battre pour montrer son apport dans la société et faire savoir qu'elle est capable et mérite une émancipation autant que les hommes. Et pour relever ce défi lié à nos pesanteurs socio-culturelles, la femme ne parviendra pas seule mais avec le soutien de l'État et de la société dans laquelle elle vit.

Le rôle de l'État c'est de promouvoir une égalité de chance non pas seulement aux instances de prises de décision mais d’instaurer un équilibre à la base c’est à dire dans le système éducatif.
Ensuite il faut sensibiliser les parents à envoyer les jeunes filles à l’école et à les encourager à faire des longues études. Sans oublier les parents qui refusent de les envoyer à l’extérieur pour différentes raisons.

Peux-tu nous faire une brève comparaison entre la femme tchadienne et marocaine?

Fatimé Zara Bichara Doudoua : Toutes les femmes se valent parce qu’elles sont mères, filles, sœurs, des anges en quelque sorte. Mais en termes de comparaison, nous, les femmes tchadiennes, on accuse un petit retard sur les femmes marocaines, le nombre des filles instruites est beaucoup plus élevé que celui des filles tchadiennes et aussi dans le cadre du travail, elles contribuent autant que les hommes, ce qui n'est pas le cas actuellement au Tchad.

Quelles sont les difficultés que rencontrent les étudiantes tchadiennes à l'extérieur?

Fatimé Zara Bichara Doudoua : À mon avis, la principale difficulté que beaucoup de filles tchadiennes rencontrent c’est l’intégration au pays d’accueil car au Tchad, les filles sont beaucoup plus à la maison avec leurs mères. Du coup, ce n’est pas facile de s’habituer au fait qu’on vient de quitter ses parents pour s’installer à l’étranger.

À part celle-ci, les étudiantes tchadiennes arrivent quand même à surmonter les autres difficultés.

En tant qu’étudiante, quelle est la femme tchadienne qui est une référence ou bien un modèle à suivre?

Fatimé Zara Bichara Doudoua : De nos jours, il y a plusieurs femmes qui sont devenues des références pour nous jeunes étudiantes et futures cadres du pays. On peut citer, entre autres, Toupta Boguena, l’ex-ministre de la santé publique et par ailleurs, l’actuelle secrétaire exécutive de l’Autorité du Bassin du Niger (ABN). Il y a aussi Aziza Baroud, l’ambassadrice du Tchad en Belgique depuis fin 2016 qui, en tant que futur diplomate est une référence pour moi.

Quel message adressez-vous à l’égard des femmes Tchadiennes pendant cette période de conjoncture économique et difficile que traverse le Pays ?

Fatimé Zara Bichara Doudoua : J’appelle les femmes tchadiennes à préserver l'unité nationale pendant cette période de crise et à rester fortes bien que ce ne soit pas du tout facile. Ce n’est qu’une question de temps, on espère tous que ça change le plus vite possible.

Entretien réalisé par Djimet Wiché