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ANALYSE

La vie politique, économique et socioprofessionnelle au sein du monde de l'Islam


Alwihda Info | Par Kamal Znidar - 27 Septembre 2016

Dieu, le Tout Haut, dit dans Son Noble Livre : {Accomplissez la Salat, acquittez la Zakat, et faites à Dieu un prêt sincère. Tout bien que vous vous préparez, vous le retrouverez auprès de Dieu, meilleur et plus grand en fait de récompense. Et implorez le pardon de Dieu. Car Dieu est Pardonneur et Très Miséricordieux} Verset 20 de la Sourate 73.


La vie politique, économique et socioprofessionnelle au sein du monde de l'Islam
Dans un autre passage coranique, Il dit : {Et sachez que de tout produit que vous avez ramassé, le un-cinquième appartient à Dieu, au messager, à ses proches parents, aux orphelins, aux pauvres, et aux voyageurs [en détresse], si vous croyez en Dieu et en ce que Nous avons fait descendre sur Notre serviteur, le jour du Discernement : le jour où les deux groupes s'étaient rencontrés, et Dieu est Omnipotent} Verset 41 de la Sourate 8.

La zakat est le troisième pilier de l'Islam. Elle est une purification de la richesse et des biens légaux que l'on a acquis. Ce pilier a pour but :
- Purifier l'âme du croyant de l'avarice, l'avidité et la convoitise ;
- Aider les pauvres et les plus démunis afin qu'ils puissent subvenir à leurs besoins ;
- Réaliser un développement durable dans les domaines (techniques, sociaux et culturels) qui permettent l'apparition et la prolongation de la croissance économique et l'élévation des niveaux de vie de la nation.

La zakat est un impôt obligatoire qui doit être versé par tous les musulmans qui en ont les moyens. Tout musulman qui a réalisé des gains qui ont atteint le seuil de nissab (fortune minimale au-delà de laquelle l'acquittement de la zakat devient obligatoire) doit donner 20% de ses biens aux trésoriers de l'Etat qui vont l'utiliser dans le cadre de la politique budgétaire adoptée par les membres de la société musulmane.

Cette politique doit nécessairement viser à favoriser la croissance économique et le progrès social continus de la nation par :
- Le développement des infrastructures économiques et sociales de la nation ;
- La promotion de la formation, la recherche et l'innovation ;
- L'encouragement de l'investissement et la facilitation des échanges commerciaux ;
- L'établissement de l'ordre national et l'assurance de la sécurité nationale et du respect des libertés individuelles ;
- La garantie d'un revenu aux personnes touchées par la pauvreté et certains risques sociaux (accident, maladie, chômage, vieillisse, etc.).

LA REGIONALISATION DANS LE MONDE DE L'ISLAM

La régionalisation désigne une forme de décentralisation d'un Etat qui transfère aux régions des pouvoirs administratifs, économiques et politiques. Elle est une politique qui accorde à la région une certaine autonomie politique et économique afin de valoriser et défendre son identité et ses particularités et promouvoir sa situation socioéconomique.

La création de la région permettra de préserver le multiculturalisme qui enrichit la nation et d'éradiquer les inégalités régionales par la mise en place d'un programme national de développement régional. Les régions bénéficieront des pouvoirs et d'une répartition budgétaire identiques et équitables.

La répartition des pouvoirs se fera entre la région et l'Etat selon les modalités organisées par une constitution nationale respectant les normes de l'Islam. Les affaires étrangères, la monnaie, la défense nationale et les grandes lignes de l'économie seront du ressort de l'Etat. L'enseignement, les affaires culturelles, la police, l'administration régionale seront du ressort de la région.

La régionalisation permettra à chaque région d'adopter une organisation gouvernementale propre à ses spécificités qui ne transgresse en rien les normes de l'Islam. Elle accordera à la région le pouvoir d'avoir sa fiscalité, de veiller à la qualité de l'enseignement et du système sanitaire et d'améliorer son infrastructure. Les citoyens de la région auront la possibilité de gérer eux-mêmes leurs affaires sociales, économiques, culturelles et sécuritaires sur un pas égalitaire sans distinction d'origine, de statut socioprofessionnel, de race, de sexe ou de religion.

La régionalisation est un bon choix politique qui créera une atmosphère de concurrence régionale qui va donner naissance à une révolution sur beaucoup de plans : culturels, scientifiques, technologiques, politiques et socioéconomiques. Ce qui est bon pour la région l'est aussi bon pour la nation. La recherche de l'intérêt régional conduira naturellement la nation au bien-être et à la prospérité en permettant l'apparition et la prolongation de la croissance économique ainsi que l'élévation et l'amélioration des niveaux et des modes de vie.

La régionalisation est l'organisation gouvernementale ad-hoc qui respecte les différences de la nature humaine, préserve la richesse multiculturelle tout en restant dans le cadre du respect des normes de l'Islam, qui va permettre à la nation de sortir de la crise actuelle et marcher vers l'avant une nouvelle fois.

LA PROMOTION DES SOUS-CULTURES AU MONDE DE L'ISLAM

L'Islam est une nation composée d'une multitude de groupes sociaux et de sous-nations. Chaque groupe social et chaque sous-nation se caractérise par une culture (valeurs, normes et pratiques) spécifique qui ne transgresse en rien les normes de l'Islam. Manquer de respect ces différences, ne pas offrir à l'autre tous les moyens nécessaires pour promouvoir sa culture et contribuer à l'enrichissement de notre monde, est une politique qui va à l'encontre de l'esprit de l'Islam.

Dieu nous a créé différents. Nous devons respecter nos différences culturelles et intellectuelles. Ces différences naturelles sont une richesse qu'on doit bien-exploiter pour rayonner notre monde ténébreux.

Enterrer une culture est un crime contre l'humanité. C'est une décision irrationnelle qui démantèle un moteur qui contribue au développement de la grande nation de l'Islam, et qui finit par conduire sournoisement à la destruction de la civilisation islamique.

L'ethnocide des cultures qui ne transgressent en rien les normes de l'Islam, est un choix irréfléchi qui entraine l'appauvrissement de la civilisation de l'Islam. Il sclérose toute possibilité de développement et de progrès, ce qui favorise l'obscurantisme, l'ignorance et le retard culturel de la nation de l'Islam.

A contrario, au lieu de cibler l'enterrement des sous-cultures qui façonnent le monde de l'Islam, il faut tracer une politique pour leur promotion. Ce qui est bon pour la sous-culture, l'est aussi bon pour la civilisation islamique. C'est la promotion des sous-cultures qui ne transgressent en rien les normes de l'Islam qui va conduire la nation musulmane vers la gloire et un avenir prospère.

LES FONDS DESTINES AU SPORT, DU GASPILLAGE POUR RIEN

La pratique du sport contribue à la formation et à l'épanouissement des membres de la nation. Tout le monde doit être sportif. Mais personne ne doit faire du sport une carrière professionnelle.

Inutiles ces dépenses qu'on gaspille sur un domaine qui ne nous apporte vraiment rien. Des médailles olympiques ou une coupe d'Afrique, ça ne vaut vraiment rien de rien. Ce ne sont pas les courses derrière les titres olympiques, mondiaux, continentaux ou régionaux, qui vont combattre l'analphabétisme. Ce ne sont pas ces courses qui vont mettre fin à la pauvreté, le chômage et le reste des crises et des maux sociaux.

Ne rêver que de la réussite sportive, ça encourage la passivité et abrutit les esprits. Mettre fin aux études pour se concentrer sur le sport, ça n'enrichit pas le bagage culturel des jeunes de notre société, ça ne hisse pas leur niveau intellectuel… En plus, ce choix est risqué.

L'athlète, sa carrière est toujours en danger, toujours menacée. La moindre blessure peut gâcher son avenir, tous les efforts effectués et tout ce qu'il a construit pendant des longs mois voire des longues années de préparation.

Ces sommes d'argent que nous dépensons sur le sport, c'est du gaspillage pour rien. Qu'on gagne des médailles olympiques ou des coupes d'Afrique, on restera toujours un peuple qui souffre du retard et des crises sur tous les plans. Qu'on remporte des titres ou non, on restera toujours un peuple qui ne produit que des esclaves qui animent les compétitions sportives organisées pour divertir les maîtres de leur société et les citoyens des pays riches et développés.

Ces sommes d'argent que nous gaspillons sur le sport, il vaut mieux qu'elles soient affectées à des domaines capables de pousser notre monde vers l'avant. C'est un manque de sagesse de gaspiller des tonnes d'argent sur la construction des stades, des complexes et des centres sportifs au moment qu'on a des régions qui manquent d'écoles, d'universités, de bibliothèques et de centres culturels qui vont construire et instruire leurs enfants.

Le sport doit retrouver sa place naturelle en tant que hobby et pas en tant que métier. Même chose pour la musique. Au lieu de promouvoir le sport, promouvons l'enseignement et créons aux jeunes de l'emploi ! Au lieu de donner naissance à une jeunesse qui rêve de la célébrité dans les mondes du sport ou la musique, faisons en sorte pour que la jeunesse commence à rêver de la célébrité dans les mondes des sciences, les technologies, la philosophie.

Notre monde n'a pas besoin de recordmans et de recordwomans du monde. Il n'a pas besoin de ballons d'or et d'Arabs Idols. Notre monde est dans le besoin de prix Nobel et de génies dans les domaines de la science et la technologie.

C'est la promotion de ces domaines qui va pousser notre monde vers l'avant. C'est cette promotion qui va faire de nous des citoyens respectés partout et pas des esclaves qui animent les compétitions sportives des maîtres occidentaux et les soirées musicales des cheikhs des pays de Golf.

POUR METTRE FIN AU TRAVAIL DES ENFANTS

Bien qu'au monde de l'Islam, il y'a des lois interdisant le travail des enfants, ce monde compte encore un grand nombre d'enfants travaillant comme domestiques, mécaniciens, gardiens, etc. La plupart sont mal-payés et subissent une violence physique et un traitement inhumain de la part de leurs employeurs.

Cet anachronisme est dû essentiellement à la pauvreté, l'analphabétisme et au manque d'infrastructures dans les zones rurales, principal fournisseur de cette catégorie d'employés souvent âgés de moins de 15 ans.

Interdire le travail des enfants est une bonne initiative, mais ça reste insuffisant pour sauver ces enfants de la misère, le mépris et l'humiliation dans lesquels ils vivent. Les Etats ne doivent pas se limiter à l'interdiction et la pénalisation de ce genre de travail, mais doivent chercher des solutions aux causes qui poussent des familles à faire travailler leurs enfants.

Si on ne trouve pas une solution à la pauvreté de ces familles, ces petits enfants s'ils ne travaillent pas, ils vont finir dans la rue, mendier ou se prostituer. Au meilleur des cas, poussés vers le mariage. Pour éviter subséquemment qu'ils soient livrées à la rue ou un mariage précoce, les Etats doivent compenser ces familles qui vivent des revenus générés de ce genre de travail et leur offrir des aides financières pour assurer la scolarisation de leurs enfants.

Ce que ces Etats prodiguent sur le luxe des rois, des présidents, des ministres, des parlementaires et les hauts fonctionnaires civils et militaires, ce qu'ils perdent dans des domaines qui n'apportent rien à leur monde, doit s'arrêter. Ces fonds doivent revenir au peuple sous forme d'aides financières et construction d'écoles, hôpitaux, routes, etc.

Ce sont ces fuites budgétaires qui appauvrissent les peuples musulmans, promeuvent l'analphabétisme, le chômage et le reste des calamités de notre monde. Si on ne les stoppe pas, le travail des enfants continuera de faire partie de la mosaïque de nos sociétés musulmanes en dépit des lois.

VIE POLITIQUE, ECONOMIQUE ET SOCIOPROFESSIONNELLE

L'Islam est une religion qui érige la liberté individuelle et encadre l'autonomie et la libre initiative des individus dans l'organisation de leur propre existence. Il est un système qui harmonise les différentes actions des membres de la nation et éloigne le spectre de la "loi de la jungle" qui règne la communauté lorsque chacun est libre d'agir à sa guise.

L'Islam est un mode de vie qui dénonce l'esclavage de l'Homme par l'Homme et le favoritisme judiciaire. Il proclame l'égalité devant la Loi de tous les citoyens sans distinction d'origine, de statut socioprofessionnel, de race, de sexe ou de religion.

Tous les Hommes naissent et demeurent libres et égaux en droits. Les citoyens sont tous libres et responsables des affaires de la nation. Ils décident eux-mêmes de leurs actions collectives et ont une marge de liberté pour ouvrir des projets personnels.

L'Islam est une organisation dans laquelle le peuple peut exercer librement ses droits (droit de vote, éligibilité, droit d'audit, liberté d'expression, liberté d'opinion, droit de réunion, liberté d'association). Il est un fonctionnement qui encourage l'investissement, facilite les échanges commerciaux, assure et respecte un certain nombre de libertés économiques (liberté de la propriété privée, libre-concurrence, liberté du travail). Il suffit que chacun poursuive son activité en respectant la Loi pour que l'harmonie humanitaire se réalise.

L'Islam est un mode de vie qui encourage le travail, l'effort et l'initiative pour provoquer une relance des activités socioéconomiques, ce qui favorise le progrès de la nation et l'ascension humanitaire. Il encourage le commerce, prône la liberté de circulation des biens et services légitimes entre les citoyens, préconise le libre-échange entre les acteurs socioéconomiques de la nation et la suppression de toutes les entraves commerciales.

La recherche de l'intérêt personnel ne constitue pas un obstacle au bien-être de la nation. A contrario, c'est précisément la recherche par chacun de son propre intérêt qui permet la réalisation et l'expansion de l'intérêt général.

L'intérêt personnel finit naturellement par mener la nation au bien-être et à la prospérité. Ce qui est bon pour l'individu, l'est aussi pour la nation. Il faut exalter la libre-concurrence. Il faut "laisser faire" les individus à l'intérieur de la nation et "laisser passer" leurs produits marchands ou non-marchands.

Le commerce est une opération économique nécessaire pour la satisfaction des besoins de la nation. Les citoyens ne peuvent pas produire l'ensemble des biens et des services dont ils ont besoin. L'activité commerciale est une bonne pratique qui ne désavantage aucun des participants. Chacun gagne ce que l'autre perd et le tout en retire des bénéfices.

Le respect des droits des citoyens doit être le but primordial de la politique intérieure et extérieure de la nation. Les citoyens doivent vivre heureux et en paix. Ils doivent être traités équitablement devant la Loi.

Leur liberté individuelle et leur propriété privée sont deux droits inviolables et sacrés que nul ne peut en être privé. Ils ont droit au travail, au libre choix de travail, à des conditions équitables et satisfaisantes de travail, à la protection contre le chômage. Ils ont aussi droit au repos et aux loisirs.

Chaque citoyen a le droit à un niveau de vie suffisant pour assurer sa santé, son bien-être et ceux de sa famille. Il a le droit à une solidarité sociale qui lui assure des revenus en cas de chômage, des soins en cas de maladie, et une formation gratuite pour ses enfants.

Les citoyens ne peuvent être accusés, arrêtés, ni sanctionnés que dans les cas déterminés par la Loi. Ils sont présumés innocents jusqu'à ce qu'ils soient déclarés coupables par les autorités judiciaires. Les citoyens ont le droit de limoger les dirigeants, les fonctionnaires et le gouvernement qui violeraient les droits précités.

Tous ces droits ne pourront être respectés que si la paix et la justice sont assurées. Pour que les droits des citoyens soient respectés, il suffit que la nation ne les viole pas et veille à leur respect sur l'ensemble de ses territoires. Il faut, en plus, que la nation fasse un effort pour lutter contre le chômage, la pauvreté et assurer l'égalité et la sécurité nationales.

(*) Kamal Znidar, écrivain marocain, auteur du livre "Islam : meilleure religion au monde"



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