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Le Bahreïn accuse le Hezbollah et l’Iran d’être à l’origine des attentats de lundi


Alwihda Info | Par - 7 Novembre 2012

Deux jours après l’annonce, par l’Iran, de la suspension de l’enrichissement à 20% de son uranium, la République islamique passe à la vitesse supérieure, en déstabilisant les pays du Golfe. Deux personnes ont été tuées la nuit dernière à Bahrein, deux autres ce matin en Arabie saoudite.


Citant un responsable iranien, la télévision « Al Arabiya » a annoncé, samedi soir, que Téhéran a décidé de suspendre l’enrichissement d’uranium à 20%, dans une tentative de briser l’embargo et de lever les sanctions économiques et financières qui asphyxient son économie et alimentent la contestation populaire. Téhéran a également invité la communauté internationale à reprendre les négociations sur le dossier nucléaire, dans le cadre des « 5+1 » (les cinq membres permanents du Conseil de sécurité et l’Allemagne). Pour prouver leur bonne foi, les Iraniens ont proposé de transmettre ces négociations en direct, à la télévision.
Pour les experts, « l’Iran manœuvre pour retarder les nouvelles sanctions que l’Occident s’apprête à prendre, et pour neutraliser les arguments que ses adversaires pourraient utiliser pour justifier des frappes militaires contre les cibles nucléaires ». Ce changement brutal du comportement iranien semble avoir été imposé par l’évolution en Syrie, où le régime allié de Bachar Al-Assad est dans une mauvaise posture. « L’Iran cherche ainsi à sauver ce qui peut encore l’être, en abandonnant ses ambitions nucléaires, tout en gardant sa puissance conventionnelle et ses capacités de nuisance à travers le terrorisme et l’ingérence dans les pays du Golfe, tant grâce aux minorités chiites, que par l’intermédiaire d’Al-Qaïda, du Hezbollah ou des rebelles yéménites de Abdelmalek Al-Houthi », redoute une source diplomatique arabe.
C’est ainsi qu’il convient d’interpréter le défilé militaire organisé par la milice d’Al-Houthi, samedi, à l’occasion de la fête religieuse d’Al-Ghadir, au nord de Sanaa. Soutenue, armée et financée par l’Iran, cette milice menace à la fois le pouvoir au Yémen et l’Arabie saoudite, d’autant plus que les Etats-Unis viennent de reconnaître que l’Iran a vivement encouragé les Houthi de collaborer avec Al-Qaïda dans la Péninsule Arabique (AQPA).
La coïncidence entre le « repli tactique » iranien dans le dossier nucléaire, et la démonstration de force des Houthi, est frappante. Celle-ci a été suivie par une embuscade, tendue tôt ce matin, à une patrouille des gardes-frontières saoudiennes, dans le sud de l’Arabie saoudite. L’attaque, qui a fait deux morts parmi les militaires saoudiens, est attribuée à AQPA, basée au Yémen. Parmi les assaillants figurent dix anciens prisonniers saoudiens, impliqués dans des affaires de terrorisme. Selon une source saoudienne citée par la télévision « Al Arabiya », ces anciens terroristes ont été récemment libérés après « avoir été réhabilités ».
Simultanément, cinq engins explosifs de fabrication artisanale ont explosé à Manama, la capitale du Bahreïn, faisant deux morts et un blessé. Les autorités affirment qu’il s’agit d’actes terroristes. Les Chiites, majoritaires dans cette monarchie et soutenus par l’Iran, usent de la violence pour renverser le pouvoir sunnite. Depuis près de deux ans, le Bahreïn est le théâtre de violentes manifestations, d’actes de sabotage, et de répression.
En outre, l’Iran a inauguré dimanche 4 novembre une nouvelle base navale dans le Golfe, la cinquième du genre, et créé le commandement des Gardiens de la Révolution à Bandar Lanja, comprenant notamment les trois îles émiraties occupées par l’Iran (Abou Moussa, Petite Toumb et Grande Toumb). Ce faisant, la République islamique provoque les Emirats Arabes Unis et accentue la tension avec le Conseil de Coopération du Golfe (CCG).
« Cette flambée de violence au Yémen, à Bahreïn et en Arabie saoudite, et la tension entretenue avec Abou Dhabi, risquent de s’étendre sur tous les pays du Golfe et au-delà », s’inquiètent les spécialistes. Selon eux, « Téhéran, qui a perdu l’essentiel de la carte palestinienne après le divorce entre le Hamas et le régime syrien, et après la visite de l’émir du Qatar à Gaza, pourrait se venger de ses voisins arabes du Golfe en les déstabilisant ». Si ces observateurs estiment que l’Iran a les moyens de sa politique belliqueuse, ils s’interrogent sur la capacité des monarchies arabes à y faire face. « Soutiendront-elles les sunnites iraniens dans la province de Sistan-Baloutchistan (sud-est), ou la minorité arabe de l’Arabistan (Ahwaz, sud-ouest) ? Quelles seront leurs réactions face à un soulèvement chiite dans le Golfe, commandité par l’Iran ? Ont-elles établi une stratégie susceptible de contenir la menace que représente le Hezbollah au Liban et dans la région ? Persistent-elles à pousser la communauté internationale à mener des frappes contre la République islamique pour anéantir ses ambitions nucléaires et neutraliser la menace conventionnelle ? »
Avant de répondre à ces interrogations, les experts se tournent à présent vers Washington, et attendent es résultats des élections présidentielles américaines, qui seront suivies par des élections générales en Israël. De l’issue de ces échéances dépend l’évolution de la situation.
Dario
mediarabe