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ANALYSE

Le processus menant aux élections est la voie à suivre, les élections ne sont qu'un prétexte pour créer les conditions de ce processus


Alwihda Info | Par angelo giampiero - 27 Septembre 2018 modifié le 27 Septembre 2018 - 13:04

Les prochaines élections libyennes, en décembre 2018, font l'objet de nombreux débats et créent des dissensions entre les Européens. Il est vrai que, à première vue, la situation de crise en Libye suggère que la tension devrait d'abord être contenue avant d'initier un processus électoral.

Pourtant, depuis plusieurs années, il semble que les différentes solutions proposées aient échoué. Il convindrait d’envisager une autre méthode. Pourquoi ne pas utiliser les élections comme prétexte pour rapprocher les principaux protagonistes? Ainsi, certains arrangements dans la répartition des rôles post-crise permettraient à chacun de trouver son intérêt.


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Déjà, le 29 mai 2018, les quatre principaux acteurs de la crise libyenne avaient accepté d’organiser des élections en décembre 2018. Cet accord est venu après plusieurs négociations pour trouver un terrain d'entente et une répartition des rôles permettant à chacun d'avoir des garanties sur son avenir après les élections. En fait, il s'agit de déterminer la place de chacun en termes de pouvoir politique, économique, financier et d'influence, quelle que soit la future organisation administrative de la Libye. Ce serait une solution gagnant-gagnant pour tous, à condition que les règles du jeu soient respectées afin de préserver l’équilibre précaire du processus.

Parce que c'est là qu'il y a un danger. En effet, certains groupes peuvent être manipulés par des intérêts exterieurs divergents pour faire échouer ce processus. Dans l’anarchie qui prévaut, il est tentant et facile de corrompre les milices pour semer le désordre et faire échouer l’accord signé le 29 mai 2018 à Paris. C'est peut-être ce type de tentation qui a conduit aux combats à Tripoli pendant un mois.

Cependant, l'accord semble tenir. Les quatre signataires respectent les limites des actions qu'ils ont acceptées. Pour le moment, pas de déclarations belliqueuses, pas de mouvements de troupes risqués. Mais il est instructif d'observer ce qui se passe dans les coulisses. Un ambassadeur pourrait être remplacé en raison de son rôle ambigu dans la dernière crise à Tripoli, certaines déclarations anti-électorales sont moins entendues par certains leaders étrangers, certaines nations suggèrent qu'elles pourraient moins s’impliquer dans la crise libyenne.

Ainsi, les protagonistes libyens, soucieux de préserver une certaine liberté d’action, entendent mener le jeu à leur manière, acceptant un soutien extérieur, à leur demande, sans que rien ne leur soit impose. Certaines nations, n'ayant pas compris ce point d'intérêt libyen, echouent a retrouver une influence perdue.

En conclusion, même si le processus électoral est un pari difficile à gagner, ce n’est pas une fin en soi. Il sert de prétexte pour créer les conditions d’un dialogue constructif avec, en arrière-plan, la représentation de ce que la Libye pourrait être demain. Cette méthode a le mérite de mettre d’accord les quatre principaux protagonistes quant à leur rôle futur et de décider des actions à entreprendre de manière coordonnée pour y parvenir. Ainsi, cette relation gagnant-gagnant passera à la prochaine étape pour stabiliser durablement le pays.



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