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ANALYSE

Mutisme devant la cour criminelle : le plan B de ses amis mercenaires, la planche de salut de l'accusé Mokoko


Alwihda Info | Par Claude Dinard Vimond - 11 Mai 2018 modifié le 11 Mai 2018 - 10:00

La session d’audiences criminelles du parquet de Brazzaville, ouverte depuis le 29 mars 2018, suit son cours. Depuis le 7 mai dernier, c’est à Jean Marie Michel Mokoko de répondre devant la cour, des faits qui lui sont reprochés. Mais, l’accusé refuse de répondre aux questions de la cour. Pour la rue brazzavilloise, Jean Marie Michel Mokoko ( J3M ) valide ainsi son coup d’état et continue d’espérer sur le plan B de ses amis mercenaires que la France protège, pour renverser les Institutions de la République.


Accusé d’atteinte à la sécurité intérieure de l’Etat, détention illégale d’armes et munitions de guerre, le général Mokoko et sa défense refusent de participer au débat, au motif que ce procès était un règlement de compte politique. En dépit des gages d’impartialité donnés par le président de la cour, Christian Oba, Mokoko a volontairement refusé le débat public.

Nombreux sont les brazzavillois qui s’attendaient à des chaudes empoignades verbales entre le ministère public accusateur et Jean Marie Michel Mokoko appelé à se défendre contre les charges qui pèsent contre lui. Ils ont été rapidement déçus par la tournure prise par le procès et s’étonnent de l’option du silence choisi par J3M comme mode de défense.

Le comportement de J3M devant le juge appelle aux soupçons dans la rue brazzavilloise. Ici et là, les débats des jeunes qui tournaient autour des compétitions du football européen ont cédé la place à l’actualité nationale dominée par les audiences criminelles. Ils avancent des dates et citent les noms des mercenaires comme s’ils sont au cœur de l’action. Après la diffusion en différé sur Télé – Congo, du procès, la rue s’anime et tout sur le coup d’Etat de J3M se raconte. Tout est dit : J3M ne compte pas sur les congolais, il compte sur les moyens privés extérieurs. Il sait que la France politique ne soutient pas son projet en cours mais laisse faire car elle n’a aucun moyen de bloquer ce qui se fait hors de son territoire avec des moyens privés extérieurs.

Sur l’avenue de la Paix à Moungali, l’un des quartiers populaires de la capitale congolaises, pendant qu’ils épiloguent sur la vidéo montée à Paris qui accuse J3M, un jeune homme, la trentaine révolue, lance : les préparatifs de ce coup d’Etat de J3M datent de 2004 à Makoua, les services de sécurité locale suspectaient déjà des Blancs en intelligence avec J3M fréquentés cette localité. Le débat s’anime de plus en plus, un autre jeune qui se dit bien informé va dans les détails : « dans le cadre de la mise en application d’un coup de force contre le Président de la République, dit-il, trois hommes ont quitté Paris, le 18 mai 2015, pour Brazzaville via Ndjamena au Tchad et Bangui en Centrafrique. Ils viennent au Congo comme des hommes d’Affaires alors que ces sont des vendeurs d’armes de guerre et des mercenaires de renom, dont certains ont participé avec Bob Denard au coup d’Etat de 1995 aux Comores.

A la place de la Gare à Poto-Poto, les badauds Rd congolais, mieux informés, participent eux- aussi au débat de Brazzaville : « le 3 janvier 2016, J3M a tenu une réunion avec ses mercenaires dans les environs de l’Elysée (Paris) portant sur l’évaluation politique au Congo.

A Mpila, les déplacés centrafricains projettent l’avenir de la sous-région : « Les mercenaires se sont unifiés pour déstabiliser toute l’Afrique Centrale. Ils sont actuellement très actifs et en liaison avec un groupe rebelle de la RDC et au Congo, avec le groupe Ninjas de Ntoumi à qui, ils demandent de ne pas sortir du maquis. Le recrutement des mercenaires blancs est en cours et ils sont en attente de matériel qui viendrait en partie de l’Europe du Centre à travers des sociétés des Blancs qui opèrent dans la sous- région. Il y a plusieurs projets qui se préparent d’ici à juin 2018, les choses vont commencer à Kinshasa et s’étendre sur le Congo, la Guinée, le Cameroun et le Gabon. Malabo ayant déjà fait échec à la première tentative. C’est l’implosion de l’Afrique centrale que l’on projette, en réalité.

Des lobbies opérant dans le pétrole, le bois et le diamant ne veulent plus entendre parler des chefs qui ont déjà mis du temps au pouvoir. Jean Marie Michel Mokoko le sait. Poussé par ses commanditaires qui lui demandent de résister, J3M attend bonnement diriger le Congo après sa sortie de prison. D’où, son silence et son non-respect à la Cour qui le juge. Certes, c’est une démarche. Mais, elle lui a privé de la tribune que lui offre le procès pour expliquer aux Congolais sa version des faits. C’est bien dommage !

Ses commanditaires sont bien connus. Ce sont les mêmes qui s’étaient opposés au changement de la constitution du 20 janvier 2002 et à la candidature de Denis Sassou N’Guesso à la présidentielle de 2016. Il s’agit entre autres de : Stéphane Ravion, Jean Fayol et Eric Berardenco, ainsi que son avocat, Norbert Tricaud, qui ne cesse de mener une campagne calomnieuse contre les autorités congolaises sur la place de Paris avec la bénédiction de certains milieux politiques et médiatiques qui s’évertuent à faire passer dans l’opinion publique, au Congo et ailleurs que Jean Marie Michel Mokoko avait remporté l’élection on ne sait par quelle magie, au regard de sa contre-performance à Brazzaville et dans le Pool où Guy Parfait Kolelas s’est taillé la part du lion devant Denis Sassou N’Guesso.

En quelques jours seulement de procès, par son comportement affiché devant le juge, J3M semble perdre son estime auprès des jeunes de la rue qui ont déjà prononcé leur sentence : « Qui ne dit mot consent »