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INTERNATIONAL

RCA : les victimes tchadiennes se préparent devant la CPI contre leurs bourreaux


Alwihda Info | Par - 10 Mars 2019 modifié le 10 Mars 2019 - 04:46


Le collectif des Associations des droits humains pour la défense des victimes tchadiennes de la guerre en RCA a fait, ce samedi 9 mars 2019, au CEFOD de N’Djamena, une conférence de presse relative à la prise de contact entre les avocats internationaux et les victimes de la guerre en RCA.

Quatre ans après le rapport ampliatif déposé par le collectif pour des exécutions sommaires, des massacres, des pillages des biens, de la destruction et des incendies des habitations contre des acteurs centrafricains impliqués dans le conflit dans ce pays, la Cour pénale internationale (CPI) s'est déclarée compétente en la matière. Elle a rendu un jugement pour la comparution des victimes tchadiennes devant la Cour.

Deux avocats accrédités par la CPI en séjour au Tchad

Deux avocats accrédités par la CPI à savoir Me. Yare Fall et Me. Elizabeth Rabessandratana séjourneront pendant une semaine à N’Djamena pour travailler avec les victimes dans le but de recueillir leur audition.

Au total plus de 8000 victimes tchadiennes sont concernées par cette procédure judiciaire, ayant été victimes de nombreuses exactions qui sont essentiellement imputables à l’ancien président centrafricain, François Bozizé, aux milices Antibalaka et une partie à la Seleka, lors des évènements malheureux qu’a connu la RCA.

L’audience de confirmation des charges devant la CPI dans cette procédure judiciaire qui vise principalement l’ancien président Bozizé et la Seleka, débutera le 10 juin 2019 à la Haye.

L’un des défenseurs de droits humains, Mahamat Digadimbaye affirme que le collectif des ADH pour la défense des victimes de la guerre en RCA, après avoir mené des investigations sur les cas graves de violations des droits humains, des exécutions sommaires, des massacres, des pillages des biens, de la destruction et des incendies dont ont été victimes ses compatriotes vivants en RCA, a eu à déposer un rapport ampliatif auprès de la CPI.

Selon lui, "quatre ans après, au moment où des victimes commençaient à désespérer et à s’interroger même sur l’essence de la justice, en ce moment précis, une lueur d’espoir se pointe à l’horizon".

8000 victimes

Pour sa part, le défenseur des droits humains, Djidda Oumar déclare que le collectif a pu enregistrer plus de 8000 victimes tchadiens qui ont subi diverses atrocités à savoir le viol, les atteintes à la vie et la destruction de biens. « Il y a eu des pères de famille contraints par les évènements qui ont dû quitter dans la précipitation en abandonnant leurs familles respectives sur place. Leurs familles abandonnées ont été massacrées par des milices centrafricaines », dit-il.

La présence de deux avocats permet aux victimes qui ont subi des atrocités d’être entendues sur la nature des exactions en RCA. « Les statuts de Rome qui règlemente le travail de la CPI permet aux victimes de participer à toutes les étapes de la procédure lors du démarrage du procès jusqu’à la dernière étape. Une première audience appelée audience de confirmation de charge constitue une phase importante du procès parce que le procureur présentera les preuves. C’est à ce stade que la chambre va décider d’ouvrir le procès ou bien de dire si les preuves ne sont pas suffisantes pour déclencher le procès. Dans ce cas, la Cour demandera de compléter le dossier par l’ouverture du procès », explique Me. Elizabeth Rabessandratana.

Djimet Wiche Wahili
Journaliste, directeur de publication. Tél : +(235) 66304389 E-mail : djimetwiche@gmail.com En savoir plus sur cet auteur


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