REPORTAGE

Reportage : Témoignage des femmes victime de viols par les milices burundaise en 2007


Alwihda Info | Par baby rodriguez niyombare - 4 Février 2016


Au Burundi, on assiste ces derniers mois à une recrudescence à Bujumbura des agressions sexuelles et viols par des hommes armés, qu'ils soient en uniformes ou non.


A kinindo, sur un chantier de KARIKURUBU baptisé FNL par les gens de cette localité, notre confrère Baby Rodriguez NIYONGABIRE a rencontré des femmes victimes de viols elles s’expliquent : Bonjour madame ! Bonjour, monsieur le journaliste ! Votre nom, Vous faite quoi dans la vie ? Je suis dame NYAMWIZA M. CLAIRE, suis fournisseur des briques cuites sur le chantier de monsieur KARIKURUBU CLEMENT retraité de l’armée Nationale Vous avez été victime des viols, dites nous comment cela s’est passé ? Les hommes armés ont fait éruptions dans le chantier, m’on prit sur le chantier, pour la plus simple raison que le chantier appartient un ancien militaire, donc pour eux nous détenons des armes, on nous embarquant au bureau de la documentation pour une interrogatoire musclé dont j’avais subit des sérieuses corrections, puis tour à tour ils m’ont fait la cours !tombe dans un état de coma, et comme ils savaient quoi faire, ils m’ont pris dans leurs véhicule, en cours de la route ils m’ont jeté au sol et partir ! Les gens qui s’y trouvaient là m’ont porté secours, m’on amené à l’hôpital prince les Gent Charles. C’est là ou j’ai reçus un premier soin d’urgence c’est tout, je ne voulais pas raconter cette histoire par ce que ca fait la honte!

A Mwaro, à quelques kilomètres au nord de Bujumbura, 34 adolescentes ont été renvoyées de cours avant la fin de l’année scolaire pour cause de grossesse précoce. L’une d’elles, Emyline, 17 ans, raconte comment elle a été violée puis exclue littéralement partout à cause de sa grossesse.

Exclue de l’école, du toit familial et discriminée. A 17 ans, Emyline a connu le calvaire propre aux adolescentes qui tombent enceintes avant le mariage au Burundi.

Elevée dans une famille monoparentale, Emyline a grandi avec son frère aîné sous la protection de leur père. Naturellement, elle fréquente, comme toutes les gamines de son quartier, l’école communale. Tout se passe bien avant qu’elle ne rencontre* Désiré, le géniteur de sa fille de quatre mois.

La rencontre désastreuse Septembre 2007. Emyline doit se rendre à Bujumbura pour se faire soigner les yeux. Elle y va en voiture, en prenant un taxi. Son taximan, c’est Désiré, qui sera son violeur. Mais pas tout de suite. D’abord, ils sympathisent durant le trajet Mwaro-Bujumbura et c’est le début d’une étrange amitié. "Il était, dès le départ, convaincu qu’on serait des bons amis. Je ne l’avais jamais vu avant. J’avais un peu peur", avoue-t-elle.

Mais la seconde rencontre sera désastreuse et ce sera aussi la dernière. "Un après-midi, je voulais me rendre au marché. En cherchant un taxi, je suis tombé encore sur lui". Elle se tait un moment, le temps de donner quelques petites tapes pour bercer sa fille Daniella, qui s’agite sous le pagne sur son dos. "En chemin faisant, il m’a proposé de faire une escale chez un de ses amis en me promettant que ça ne prendrait pas assez de temps. Arrivée là, je me suis retrouvée toute seule avec lui dans une chambre, et il m’a violée." "Je voulais mourir"

C’est de là que le malheur d’Emyline a commencé. Quelques semaines plus tard, une de ses tantes découvre qu’elle est enceinte. Elle rapporte la nouvelle chez son père, qui, à son tour informe le responsable du lycée où Emyline était inscrite. "Mon allergie soudaine à la banane m’avait trahie. Je ne pouvais plus en mettre sous la dent, pourtant c’est l’un des principaux aliments de chez moi", raconte-t-elle.

Elle est alors chassée, coup sur coup, du toit familial et du lycée. Son père justifie sa décision par le fait que sa fille lui cause la honte. Car dans la culture locale, une fille doit se marier à l’église devant un prêtre avant de procréer. Dans le cas contraire, c’est le déshonneur pour la famille. Surtout pour les parents qui n’ont pas été à même d’éduquer leur fille.

A l’école, pour s’acquitter de l’exclusion, on avance que c’est malsain de laisser une élève enceinte parmi ses camarades. "Je me suis sentie seule au monde. Mon frère et mon père me battaient. Je voulais mourir et quitter ce monde."

"Je me suis sentie libérée"

Mais elle y échappe grâce au "soutien psychologique" du CAFOB, le Collectif des Associations et Organisations Non Gouvernementales Féminines du Burundi. "Elle était dans une situation lamentable", raconte Justine, éducatrice au sein du CAFOB, "elle dormait à même le sol sur une natte dans une étable en annexe. Son père lui avait interdit de rentrer dans sa maison. De plus, toutes ses amies avaient pris de la distance, personne ne s’approchait d’elle", ajoute-t-elle.
Emyline affirme avoir été soulagée et heureuse avec son accouchement : "Je me suis sentie libérée, j’ai nommé ma fille Iradukunda (Dieu nous aime, en Kirundi). Il faut qu’elle grandisse maintenant. Quand elle sera grande, je souhaite qu’elle devienne religieuse."
En attendant cet idéal d’avenir pour sa fille, Emyline se concentre sur la culture des légumes et le rêve d’exercer un jour le métier de journaliste. "J’aimerais travailler et parler à la radio un jour", déclare-t-elle. Mais avant tout, elle ne veut plus jamais être exclue et discriminée.

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