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INTERNATIONAL

Session de la CSW : discussions sur la région du Sahel et du Lac Tchad


Alwihda Info | Par Olivier Noudjalbaye Dedingar, Expert-consultant, humanitaire et journaliste indépendant. - 28 Mars 2022

Lors de la 66ème session de la Commission de la condition de la femme (CSW66) qui s’est tenu à New York du 14 au 25 mars 2022, ONU Femmes a organisé un événement parallèle visant à mettre en évidence les impacts du changement climatique et des risques environnementaux pour les femmes et les filles. Une préoccupation écologique qui aggrave les crises humanitaires et les risques de sécurité dans le monde entier, et singulièrement dans la région du Sahel et du Lac Tchad.


ONU Femmes d'Afrique ©AU
ONU Femmes d'Afrique ©AU
Le changement climatique exacerbe la crise humanitaire, l’insécurité et l’inégalité des sexes
Au cours de l'événement parallèle tenu le 21 mars 2022, les leaders des Nations Unies, les décideurs politiques et les militants de la société civile, ont discuté de la manière dont le changement climatique, les conflits et l'inégalité entre les sexes sont étroitement liés et comment ils se renforcent mutuellement au détriment des Objectifs du Développement Durable des Nations Unies (ODD).
Les participants ont également passé en revue les impacts du changement climatique et des risques environnementaux sur les gains réalisés en matière d'égalité de sexes et d'autonomisation des femmes. La rencontre a permis de dégager les opportunités et les priorités en réponse à ces défis, sur la base des expériences des femmes touchées par les crises et les conflits dans la région du Sahel.
Les mots d'ouverture ont été prononcés par Selwin Hart, sous-secrétaire général de l'équipe d'action pour le climat et la directrice exécutive d'ONU Femmes, Mme Sima Bahous. Ils ont porté sur l'égalité des sexes et les perspectives environnementales pour les femmes et les filles touchées par la crise. L'événement, intitulé "Le changement climatique exacerbe la crise humanitaire, l'insécurité et l'inégalité des sexes - Voix du Sahel", s'est déroulé dans un contexte d'extrémisme et de déplacement continu, d'instabilité politique croissante, de crises humanitaires et de reculs du genre. L'égalité progresse dans de nombreuses régions du monde, avec un accent particulier sur le Sahel et d'autres régions perturbées comme l'Afghanistan.

La gravité de la situation dans les pays du Sahel et du Lac Tchad
Le conseiller spécial du secrétaire général pour l'action climatique et sous-secrétaire général pour l'équipe d'action pour le climat, Selwin Hart a déclaré lors de l’évènement parallèle que « La situation est particulièrement grave dans les contextes déjà confrontés à des conflits et à des besoins humanitaires, les pays du Sahel et du Lac Tchad étant des exemples les plus frappants ».
Selwin Hart a également indiqué que les déplacements liés aux catastrophes et aux crises, ont quadruplé depuis les années 1970 et que plus de 800 millions de personnes étaient sous-alimentées en 2020. Un nombre qui devrait normalement atteindre 1,2 milliard d'ici 2050, selon l’expert onusien. « Les conflits affectent différemment les femmes, les filles, les garçons et les hommes, et il en va de même pour les implications du changement climatique », a souligné M. Hart. « Pourtant, les femmes et les filles, ainsi que leurs besoins, continuent d'être exclus et tenu à l’écart des choix politiques et de l'analyse qui les sous-tend », a t-il relevé.

Les catastrophes dans la région du Sahel et du Lac Tchad
Les inondations et les sécheresses récurrentes dans la région du Sahel et du Lac Tchad exacerbent les pénuries alimentaires, augmentent les tensions politiques et provoquent des catastrophes humanitaires. La situation s'est aggravée du fait de la pandémie du Covid-19 ; environ 24 millions de personnes au Sahel, dont 4,5 millions de personnes déplacées, ont actuellement besoin d'une aide et d'une protection vitales. Alors que la crise est cruciale pour toutes les communautés touchées, les femmes et les filles sont affectées de manière disproportionnée, et leur résilience et capacité à gérer et à se rétablir sont diverses et inégales.

Déclaration de la directrice exécutive d'ONU Femmes, Sima Bahous
« Les ménages dirigés par des femmes, qui dépendent de l'agriculture pour subvenir aux besoins de leur famille, souffrent souvent le plus », a fait remarquer la directrice exécutive d'ONU Femmes, Sima Bahous, à propos de la situation actuelle en Afrique. « Les femmes qui se rendent dans des champs ouverts pour des opérations agricoles risquent d'être violées, kidnappées ou tuées car il n'y a qu'un nombre limité de sites autorisés pour l'agriculture », a-t-elle souligné.
Mme Bahous a poursuivi son allocution en disant qu'en plus du rétrécissement du Lac Tchad, qui a eu un impact direct sur la production de poissons et la dégradation des pâturages, les éleveurs ont été contraints de migrer vers le sud, intensifiant la concurrence mortelle pour les terres et les ressources en eau, entre les agriculteurs et les éleveurs, et l'insécurité croissante des femmes.
La résilience des femmes et des filles touchées par les guerres et les catastrophes climatiques doit être accrue et leur pleine implication dans la résolution de ces problèmes doit être assurée, en réponse aux cercles vicieux des catastrophes mis en évidence lors de cette session dans le contexte du Sahel et du Lac Tchad.