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TCHAD

Tchad : L'ADHET promeut l’arsenal juridique contre le mariage précoce


Alwihda Info | Par - 10 Décembre 2017 modifié le 10 Décembre 2017 - 22:12


L'ADHET en se basant sur les statistiques de sept années, relève que 28% des femmes âgées de 15 à 49 ans ont été mariés avant d'atteindre l'âge requis.


L'Alliance des Défenseurs des Droits Humains et de l'Environnement au Tchad (ADHET) a organisé ce soir, à son siège situé à la rue 30 mètres à N'Djamena, une causerie-débat sur le mariage précoce placé sous le thème «Mariage précoce au Tchad, implication juridique et rôle de la société », pour célébrer le 69ème anniversaire de la journée internationale des Droits de l'Homme.

L'Alliance des Défenseurs des Droits Humains et de l'Environnement au Tchad (ADHET), à travers cette thématique, vise à vulgariser et à sensibiliser les différentes couches sociales sur les instruments juridiques en la matière qui interdisent le mariage précoce en vue d’assurer et de garantir aux filles, une bonne santé physique, mentale et obstétricale permettant ainsi à ces dernières d'avoir une possibilité de poursuivre et de terminer le cycle scolaire.

Il s’agit notamment d’une ordonnance prise par le gouvernement n°006/PR/2015 portant interdiction du mariage d’enfants et institué par la loi n°0029/PR/2015 interdisant le mariage précoce promulgué le 14 mars 2015 par le président de la République du Tchad.

L'ADHET en se basant sur les statistiques de sept années, relève que 28% des femmes âgées de 15 à 49 ans ont été mariés avant d'atteindre l'âge requis. De façon globale, 60 à 80 % de jeunes filles se marient précocement sur l'ensemble du territoire national avec plus de 50% des cas dans la capitale.

La causerie-débat s’est focalisée autour d’impact réel des instruments juridiques, la stratégie mise sur pied pour lutter contre le mariage précoce, la sanction pénale envisagée contre les auteurs de viol ou bien de mariage précoce et les mesures prévues par les textes pour éviter que les mineurs puissent être traînés dans des auberges.

L’un de conférenciers, Dr. Allah-Adoumbaye Djimadoungar souligne que le mariage précoce est le fait que le mariage puisse se dérouler entre un homme âgé de plus de 18 ans et une femme âgée de moins 18 ans. Il ajoute que le droit exige que le couple ait l'âge requis par la loi avant de célébrer le mariage.

Par ailleurs, il rapporte que le Tchad est signataire de plusieurs conventions qui le contraignent à appliquer et à encadrer le mariage. « Les impacts de ce texte sont réels dans notre pays. Ceux qui tombent sous le coup de la loi sont immédiatement sanctionnés, c’est pour quoi il y a des gens qui croupissent en prison pour avoir violé des mineures », précise Dr. Allah-Adoumbaye Djimadoungar.

Par ailleurs, il met l'accent sur la sensibilisation pour amener les chefs coutumiers à adopter un changement de comportement en vue de lutter efficacement contre le mariage précoce. Pour sa part, le secrétaire général de l'Alliance des Défenseurs des Droits Humains et de l'Environnement au Tchad (ADHET), Abba Daoud Nandjele souligne que son association va s'outiller pour faire connaître ces instruments juridiques interdisant le mariage précoce.

L'ADHET souhaite que la société s'approprie la loi et veille à son application stricte. Elle promet de faire l'inventaire des effets néfastes de mariage précoce, notamment l'impact négatif sur la santé de la fille et la répercussion négative dans la continuité des études.
Djimet Wiche Wahili
Journaliste, directeur de publication. Tél : +(235) 66304389 E-mail : djimetwiche@gmail.com En savoir plus sur cet auteur