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Tchad : Le CEDPE remet à l'État une importante base de données sur les désengagés de Boko Haram


Alwihda Info | Par Steve Djénonkar - 13 Août 2020



N'Djamena - Le Centre d’études pour le développement et la prévention de l’extrémisme (CEDPE) a remis jeudi les résultats d’une enquête qu’il a effectuée dans le Lac, au comité interministériel chargé de la démobilisation et de la réinsertion. La cérémonie a eu lieu au sein de la structure ce jeudi 13 août.

L’enquête a duré un mois. Elle a permis d’identifier 4142 éléments de la secte islamiste Boko Haram dont l’âge varie entre 18 à 30 ans. Dorénavant, 2544 d’entre eux possèdent une pièce d’identité. Lesquelles pièces permettront au gouvernement de les suivre et des les réinsérer dans la société.

Les femmes, plus nombreuses que les hommes

​Selon Ibrahim Moussa, chercheur associé au Centre, le projet a été élaboré à 100% par le CEDPE, financé par l’OIM et soutenu par le Comité interministériel dont le Ministère de la Femme fait partie. 54 personnes ont participé à cette mission qui a eu lieu dans la province du Lac du 20 septembre au 19 octobre 2019.

Parmi les combattants de Boko Haram enrôlés, majoritairement de force, les femmes sont plus nombreuses, soit 54%. “Le Lac Tchad est une zone où sévit la polygamie. Les hommes enrôlés obligent leurs épouses à les suivre’’, explique Agassiz Baroum, sociologue et agent enquêteur.

Au sein du groupe, elles ont entre autres pour mission d’assouvir l’appétit sexuel des combattants. L’autre frange de la secte constituée de jeunes a aussi diverses fonctions. Les moins forts s’occupent de la pêche, de l’agriculture. Les plus robustes combattent.

Majoritairement misérables, très peu sont instruits

Il est enfin important de noter que malgré les services assurés à la secte, beaucoup de combattants (environ 75%) s’opposent à son idéologie islamiste. Ils s’y conforment de force, de peur d’être exécutés. Majoritairement misérables, très peu sont instruits. Par conséquent, la prévention implique absolument une instruction massive.

Des réponses socioéconomiques attendues

Mahamat Kebir Abdoulaye, chercheur associé au CEDPE a abordé les enjeux de la réinsertion des désengagés. Il a attiré l’attention sur les facteurs encourageant l’extrémisme qui sont « la pauvreté et le sous-développement ». Il a recommandé des réponses socioéconomiques dans le cadre de la lutte et l’éradication de Boko Haram.

La base de données comprend 15.264 pages. Le Président du CEDPE, Ahmat Yacoub -qui n’a pas pu assister à cet événement- a souhaité que le comité interministériel prenne en compte son souci principal qui se base sur la confidentialité et la sécurisation de cette documentation très sensible qui comporte des précieuses informations sur les 2544 désengagés (Etat civil, images, empreintes digitales, nombre d’enfants, etc). 



Pour toute information, contactez-nous au : +(235) 99267667 ; 62883277 ; 66267667 (Bureau N'Djamena)