ANALYSE

Tchad : Nord–Sud et développement, quel est l’essentiel ?


Alwihda Info | Par SOUKAYA BICHAR HASSAN - 15 Octobre 2014


50 ans après l’indépendance, les tchadiens n’arrivent pas à transcender leurs différences et continuent, à chaque occasion, d’entretenir le clivage Nord –Sud. Ils ne vivent l’unité nationale que dans l’hypocrisie la plus totale. En prônant la cohabitation pacifique, ils privilégient les considérations régionale, politique et communautaire et ils font de la promotion de l’intérêt individuel une règle d’or. Résultat : le Tchad demeure l’un des pays le plus pauvre de la planète.


clivage

Nord –sud et développement : quel est l’essentiel ?
50 ans après l’indépendance, les tchadiens n’arrivent pas à transcender leurs différences et continuent, à chaque occasion, d’entretenir le clivage Nord –Sud. Ils ne vivent l’unité nationale que dans l’hypocrisie la plus totale. En prônant la cohabitation pacifique, ils privilégient les considérations régionale, politique et communautaire et ils font de la promotion de l’intérêt individuel une règle d’or. Résultat : le Tchad demeure l’un des pays le plus pauvre de la planète.
Les tchadiens ont laissé l’essentiel de côté et s’occupent des choses qui entravent le processus de développement et menacent l’édification nationale. Comment peut on comprendre qu’à nos jours, à cause du résultat de la 17ème promotion de l’ENAM (L’ENA est une école politique, et même l’ENA française n’est pas exempte de critiques) certains journaux et d’autres supposés intellectuels ramènent la question nord- sud dans le débat. Les nordistes ont été favorisés lors de ce concours, le sujet est au centre de tous les débats. Droits de l’Homme Sans Frontière demande même l’annulation du résultat et d’autres associations et parti politique parce que les admis n’ont pas mérités. Sur quelle étude scientifique se base-t-ils pour tenir de telles allégations .L’annulation de ce concours ne va-t-il pas contribuer à diviser les tchadiens ?et ne créera-t-il pas un précédent pour ceux qui font des contestations leur loisir. Et pourtant, toutes ses allégations ne sont fondées, jusqu’ à la, que sur des préjugés.
Le recrutement des instituteurs bacheliers et les enseignants du secondaire à la fonction publique, le recrutement dans les sociétés pétrolières et organismes internationaux, la gestion de projets ne vont pas au profit des citoyens que les organes de presse qualifient des nordistes .mais, personne, aucun journal, aucune Association de Droits de l’Homme, n’évoque jusqu’à là que les tchadiens, qualifiés de sudistes, bénéficient d’un traitement de faveur dans ce domaines d’activité. Donc, il est normal que tout candidat puisse être admis à l’Ecole selon son mérite et tout citoyen puisse accéder à un emploi selon ses chances. Mais, dramatiser cette situation à point de diviser les tchadiens est une faute grave.
En principe, la question Nord- Sud ne doit plus revenir dans le débat, celui qui veut que son pays soit prospère, dynamique et les institutions se crédibiliser ne fera pas de ce concept son arme de combat. Et ceux des tchadiens qui sont encore enclins à pourfendre l’unité nationale seraient mieux avisés de réfléchir aux voies et moyens d’œuvrer pour le développement et de bâtir une identité nationale, une conscience nationale exempte de toute hypocrisie. Ceux qui se font défenseurs des intérêts d’une région, d’un clan ou d’une communauté au détriment de l’intérêt général qu’ils sachent qu’ils sont du mauvais côté de l’histoire.
Il faut que les tchadiens sachent qu’à chaque chose son temps comme à chaque siècle sa maladie. Le Temps n’est plus à la division ni à la haine mais plutôt à la mobilisation et au rassemblement de toutes les énergies, sans aucune considération, au service d’un idéal commun : le développement du pays.
Le pays avance, certes, mais il demeure pauvre. Cette situation est imputé à tous les tchadiens, commerçants, politique, responsable administratif, jeune et vieillards, étudiant et jeune extra scolaire, la majorité avec une soif de s’enrichir à la minute au détriment de l’intérêt général.
Et pourtant, la promotion de l’intérêt personnel enfonce le pays dans le sous développement. Pour preuve, voilà 50 ans après, le peuple tchadien vit dans une pauvreté effroyable, les besoins élémentaire : nourriture, santé, eau, électricité lui font défaut et animent son soucis au quotidien. Les tchadiens vivent sans un réel projet d’avenir alors que des milliards, des milliards qui se volatilisent, sont débloqués chaque année pour leur bien être.
Ainsi, Les points suivants doivent attirer l’attention de tout le monde, sur l’ensemble du territoire, parce que l’avenir du pays en dépend. Donc il ya de quoi à défendre, les tchadiens veulent aspirer au développement et non au clivage.
La pauvreté durcit ses racines, des expatriés gagnent le marché tchadien et se font maitre, l’espoir du citoyen lambda s’affaibli de jour en jour.
Donc, il revient aux responsables politiques et administratifs, aux commerçants (la majorité des commerçants n’aident pas la population, ils veulent souvent l’arnaquer), les acteurs de la société civile d’œuvrer contre la pauvreté en toute sincérité pour faire sortir le peuple de cette gouffre.
L’Etat, avec les acteurs de la société susceptible de créer des activités rémunératrices doivent œuvrer davantage en faveur de la population, Notamment les jeunes et les femmes en créant des centres de formation, en faisant la promotion des petites et moyennes entreprises diversifiées à travers l’ensemble du territoire. Celle-ci va ouvrir une nouvelle alternative d’insertion des jeunes et des femmes dans la vie active. Sinon les conditions dans lesquelles les femmes et les jeunes vivent actuellement sont alarmantes.
Les femmes, dans les provinces ou à la capitale, restent dépendantes d’activités agricole, des petits commerce, dans l’informel. Les jeunes quand à eux offrent leurs services le long de routes, dans les marchés, les parkings et autres endroits publics. Résultat : ils continuent de vivre dans une pauvreté effroyable, tombent dans la prostitution et d’autres activités immorales, néfastes au développement du pays.
La recherche de gain, de l’emploi ne serait ce que pour assurer la survie quotidienne est devenue la préoccupation de bon nombre de chef de famille. La vie est devenue très dure, très chère, le pouvoir d’achat de la population a baissé suite aux flambées de produits de premières nécessités.
La famille traditionnelle vit d’une petite exploitation agricole –pastorale ou artisanale. Son unité est devenue très faible occasionnant l’exode rural du fait quelle assure mal la substitution de ses membres. Enfants, malades, vieillards, invalides au même titre que les valides, vivent du produit de l’activité du chef de famille.
La sécurité à la frontière : tout le mal tchadien vient de l’extérieur. L’accès à N’Djamena, par le biais de Ngueli est très facile sans un strict contrôle. féticheurs, criminel entrent sans s’inquiéter. Plus de travail mérite d’être fait dans ce sens, carte séjour, contrôle d’effectif, visa d’entrer. Il n’est rien fait quand il reste à faire dit un adage.
La sécurité routière zéro, les tchadiens ont une manière très sauvage de conduire dans la voie publique. Aucune règle de circulation n’est respectée, le code de la route est ignoré par le plus grand nombre des usagers. Chaque jour que Dieu fait, des victimes de l’accident de la voie publique sont recensées à grand nombre. il est urgent de faire respecté strictement le code de la route ou soit faire apprendre les règles de la circulation routière à la population , par des émissions à la télé ,dans les radios privées ,par des campagnes de sensibilisation.
Le système sanitaire ne tient pas. Conséquence : les citoyens tchadiens fuient les soins offerts par nos structures au profit du Cameroun, Soudan, Tunisie, Egypte …
Education
Redynamisation du système éducatif est un défi majeur pour les autorités en charge de l’éducation. Cette dernière est la pièce maitresse de tout développement, elle a besoin d’attentions particulières, plus de patriotisme et un travail de qualité et persévérant.
Il faut qu’il ait un enseignement qui va prendre en compte les besoin réels du pays. Eviter d’insister sur la culture générale et essayer de se baser sur les matières pratiques indispensables dans la vie active.
Il est urgent que les filières de formation soient mises en place suivant le chapelet de l’emploi notamment dans l’enseignement technique, l’enseignement supérieur et la formation professionnelle.
Il faut rappeler qu’en formant des étudiants et des cadres supérieurs sans tenir compte des possibilités réelles d’emploi, un excédent de l’offre sera enregistré dans cette catégorie, alors que dans le même temps un déficit préoccupant d’agent de maitrise et de cadre technique sera constaté.
Les points suscités ne sont que le 1/3 des problèmes des tchadiens .le développement est tributaire du bon état des ces points. Mais en ce moment, la grande majorité des tchadiens, commerçants, ADH, associations des jeunes, responsable politique, agent de l’Etat n’ont pas la culture du développement et s’empressent à s’enrichir par tous les moyens : vol, détournement, corruption.
Les journaux et les ADH doivent se soucier du devenir de toute la population et non se livrer à un jeu Nord-Sud. Connaissent-ils réellement les conditions dans lesquelles vivent les populations du Nord, les défendent-ils ? Rares sont ceux qui s’intéressent à ces populations et à des rares occasions. La pollution de l’eau, une journée de salubrité, un homme assassiné au sud. Radio privée, association de Droit de L’Homme et journaux s’empressent à dénoncer. Alors qu’au nord des cas pareils sont fréquents mais passe inaperçus. C’est comme si les populations du nord ne sont pas tchadiens aux yeux des medias privés et ADH.
Leurs actions doivent être marquées du sceau de l’unité nationale, de la promotion des valeurs républicaines et non teintées de clivage. car le clivage mène au chaos.
Et dans le chaos, la vie est très difficile, personne n’est en sécurité civile ou militaire. L’Etat disparaitra et la raison du plus fort règnera, retour dans la jungle. Le Nigeria, le Rwanda en 1994, le Somalie, la RCA, la Libye, l’Irak, la Syrie peuvent servir d’exemple à tout individu mal intentionné.
Le Tchad est un ilot de paix qui cherche à décoller après tant de crises, il faut l’aider à aller de l’avant. Cela implique un changement radical des mentalités, un esprit patriotique et un sérieux travail allant dans les sens du bien être de la population.
S’agissant du résultat du concours de l’ENAM, que les sudistes soient favorisés ou les nordistes soient favorisés, il ne faut pas procéder à son annulation. L’annulation de ce résultat créera des problèmes quelle n’en résoudra.

Pour des lendemains meilleurs, les tchadiens, de tout horizon, doivent regarder dans la même direction et tenir le même langage afin de laisser un pays développé, en paix où le peuple vivra en parfaite harmonie, à la génération future.
Le Tchad sera ce que les tchadien voudront.
SOUKAYA BICHARA HASSAN

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