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Tchad : à Moundou, les audiences délocalisées à la maison d’arrêt de Madaga


Alwihda Info | Par Golmen Ali - 22 Janvier 2020 modifié le 22 Janvier 2020 - 14:47



Le procureur de la République près le tribunal de grande instance de la ville de Moundou, Brahim Ali Kolla. © Golmen Ali/Alwihda Info
Le procureur de la République près le tribunal de grande instance de la ville de Moundou, Brahim Ali Kolla. © Golmen Ali/Alwihda Info
Le procureur de la République près le tribunal de grande instance de la ville de Moundou, Brahim Ali Kolla, a fait une communication mercredi matin à son bureau. Il a annoncé le transfert des audiences au sein de la maison d’arrêt de Madaga. Cette décision fait suite au manque de fourgonnettes pour le transport des prisonniers de la maison d’arrêt vers le Palais de justice.

Brahim Ali Kolla explique que désormais, c’est le Tribunal qui se déplace vers la maison d’arrêt de Madaga située à 17 km de Moundou. « Il nous est difficile d’extraire chaque fois les détenus et de les amener au Palais comme d’habitude et de les juger », a expliqué le Procureur. Selon lui, les fourgonnettes sont en panne depuis 6 mois.

La justice a utilisé ses moyens du bord et même loué des voitures pour pouvoir extraire les prisonniers mais cela revenait extrêmement cher, surtout qu’il n’y a aucune ligne budgétaire pour cela, a martelé Brahim Ali Kolla.

« Pour ne pas simplement laisser les détenus à la maison d’arrêt sans qu’ils ne soient jugés, on s'est demandé s'il ne faut pas nous même nous déplacer là-bas. C’est ce soucis qui m’a poussé à délocaliser les audiences de flagrant délit, surtout les audiences des personnes qui sont détenues à la maison d’arrêt », a souligné Brahim Ali Kolla qui explique que ces audiences qui se tenaient deux fois dans la semaine (mardi et jeudi), ne se tiendront plus qu’une fois dans la semaine, les mardis.  

Le procureur de poursuivre que "le tout n'est pas de mettre quelqu’un à la maison d’arrêt, mais de le suivre. Il y a effectivement parmi les prisonniers des personnes qui sont innocentes, il y a ceux qui ont effectivement commis des forfaitures mais dans tous les cas ,il faut qu’ils soient situés sur leur sort car c’est dangereux de mettre quelqu’un à la maison d’arrêt et de ne pas le juger. Cela peut créer un jour une mutinerie ou une révolte. C’est pour éviter tout cela".

Le nouveau Code pénal prévoit un délai d’un mois pour pouvoir se prononcer sur un détenu qui est arrêté à la maison d’arrêt. Passé ce délai, la personne est immédiatement mise en liberté. "Comme nous sommes respectueux des textes, nous sommes obligés de faire tout possible pour que les audiences aient lieu", a indiqué le procureur Brahim Alli Kolla.

Déjà deux audiences se sont déroulées au sein de la maison d’arrêt. Brahim Alli Kolla affirme qu’elles ont été une réussite. Il s’en félicite et affirme que plusieurs dossiers ont été évacués.

Le procureur espère que la situation reviendra à la normale le plutôt possible. Il affirme avoir adressé plusieurs correspondances au ministère de tutelle suivi d’un tête-à-tête avec le ministre de la Justice qui a confirmé que la procédure est engagée, et en bonne voie. D’ici peu, des fourgonnettes seront disponibles pour le Parquet de Moundou afin que le travail soit fait de manière régulière et sans problème.

A son arrivée comme Procureur de la République près le Tribunal de Grande Instance de Moundou en Août 2019, Brahim Ali Kolla a rencontré 996 détenus à la maison d’arrêt de Madaga. Aujourd’hui, il en reste 463.



Pour toute information, contactez-nous au : +(235) 63205229 ; 62883277 ; 66267667 (Bureau N'Djamena)