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Tchad : attaque au drone à Tiné, le procureur de la République ouvre une enquête


Alwihda Info | Par Ahmad Youssouf Ali - 7 Avril 2026


Le parquet précise qu’une mission judiciaire a été déployée immédiatement après les faits, appuyée par les services techniques spécialisés de l’armée de l’air, afin de sécuriser les lieux, collecter les débris et préserver les preuves.


Tchad : attaque au drone à Tiné, le procureur de la République ouvre une enquête
Le procureur de la République, Moussa Abdelkerim Saleh, a annoncé ce jeudi 7 avril 2026 l’ouverture d’une information judiciaire après la frappe meurtrière survenue le 18 mars dernier dans la localité de Tiné (province du Wadi-Fira). Le bilan provisoire fait état de 20 morts et 10 blessés, tous civils.

Près de trois semaines après le drame, la réponse judiciaire se structure. Lors d’une déclaration solennelle, le procureur Moussa Abdelkerim Saleh a détaillé les premiers éléments de l’enquête, tout en promettant de « traduire les responsables devant les juridictions compétentes, où qu’ils se trouvent ».

Selon le réquisitoire du parquet, le 18 mars 2026 aux alentours de 17 h 30, un drone « en provenance du territoire soudanais » a frappé le quartier Mabrouka, à Tiné, à environ deux kilomètres de la frontière. Les victimes se trouvaient réunies sur un lieu mortuaire.

Une mission gouvernementale dépêchée dès le lendemain – incluant les ministres de la Défense, de la Sécurité publique, le chef d’état-major général des armées, le procureur lui-même, ainsi que des experts de l’armée de l’air – a constaté sur place des débris de l’engin, des traces de sang humain et des effets personnels des victimes. Des munitions « courantes sur le théâtre soudanais ».

Le parquet indique que les analyses techniques ont déjà permis d’identifier les munitions utilisées, « courantes sur le théâtre des opérations au Soudan et employées par toutes les parties prenantes au conflit ». Une expertise internationale a été sollicitée pour déterminer avec exactitude le camp à l’origine du tir.

L’enquête porte sur plusieurs qualifications pénales : atteinte à la sûreté de l’État, actes de terrorisme, homicides volontaires et destructions de biens publics et privés. 20 morts, 10 blessés, des dégâts matériels importants. Le bilan provisoire reste dramatique : vingt morts, dix blessés – évacués à N’Djamena pour des soins appropriés – ainsi que d’importants dégâts matériels. Des témoins, cités par le procureur, affirment unanimement que le drone est arrivé depuis le Soudan. Le parquet précise qu’une mission judiciaire a été déployée immédiatement après les faits, appuyée par les services techniques spécialisés de l’armée de l’air, afin de sécuriser les lieux, collecter les débris et préserver les preuves.

Dans sa déclaration, Moussa Abdelkerim Saleh a appelé la population « au calme, à la vigilance et à une coopération totale avec les autorités ». Il a également mis en garde contre toute tentative de désinformation ou d’entrave aux investigations, qui fera l’objet de « poursuites immédiates et rigoureuses ».

Le parquet se réserve par ailleurs le droit d’engager des procédures aux niveaux régional et international. « Tous les responsables, quels qu’ils soient et où qu’ils se trouvent, seront identifiés, recherchés et traduits », a martelé le procureur. Le magistrat a enfin rappelé que ce drame « s’inscrit dans un contexte régional marqué par le conflit armé en cours au Soudan, dont les conséquences sécuritaires débordent les frontières ».

La responsabilité collective des parties prenantes à ce conflit est engagée, au regard du droit international. Le Tchad, a conclu le procureur, « ne tolérera aucune atteinte à son intégrité territoriale et usera de tous les moyens légaux pour protéger son territoire et ses citoyens ».



Pour toute information, contactez-nous au : +(235) 99267667 ; 62883277 ; 66267667 (Bureau N'Djamena)