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TCHAD

Tchad : au Nord, des orpailleurs par milliers défient l'autorité de l'État


Alwihda Info | Par Info Alwihda - 15 Août 2019 modifié le 15 Août 2019 - 23:33



Vue d'un hélicoptère ce jeudi 15 août 2019 de milliers d'orpailleurs à Mandjam 35, dans la zone de Kouri Bougoudi, à l'extrême-nord du Tchad. © Alwihda Info
Vue d'un hélicoptère ce jeudi 15 août 2019 de milliers d'orpailleurs à Mandjam 35, dans la zone de Kouri Bougoudi, à l'extrême-nord du Tchad. © Alwihda Info
Le ministre délégué à la Présidence, chargé de la défense nationale, des anciens combattants et victimes de guerre, Mahamat Abali Salah s'est rendu mercredi à Kouri Bougoudi 60 à bord d'un hélicoptère militaire, pour la deuxième étape de sa visite à l'Extrême-Nord après Wour. Il était accompagné de plusieurs officiers de l'armée.

Au cours des échanges avec des responsables militaires, le ministre a mis l'accent sur l'efficacité et la loyauté. Il a également recueilli les différentes doléances des forces armées présentes dans la zone.

Le commandant de zone de Kouri Bougoudi, Sougour Docki, a fait part des difficultés de ravitaillement en eau.

Le ministre s'est également rendu à Tanoua, tout près de la frontière avec La Libye, dans une zone où plus d'un millier de soldats tchadiens sont déployés.

Le commandant des opérations de Tanoua, Saleh Hachim, a fait part des difficultés d'alimentation en eau potable et en carburant. Il a également demandé la dotation en moyens roulants et en tenues militaires pour ses hommes.

Mahamat Abali Salah s'est félicité des "énormes sacrifices consentis par les militaires" et les a rassuré de la prise en compte de leurs doléances.

Le ministre délégué à la Présidence, chargé de la défense nationale, des anciens combattants et victimes de guerre, Mahamat Abali Salah accueilli à Kouri Bougoudi. © Alwihda Info
Le ministre délégué à la Présidence, chargé de la défense nationale, des anciens combattants et victimes de guerre, Mahamat Abali Salah accueilli à Kouri Bougoudi. © Alwihda Info
Des milliers d'orpailleurs encore présents

La présence massive de civils ne faiblit pas dans les différents sites d'orpaillage, malgré l'interdiction formelle des autorités. Des passeurs de clandestins et des trafiquants en tout genre parviennent également à contourner la vigilance de l'armée dans cette zone désertique en empruntant certains axes, que ce soit en provenance ou à destination du territoire libyen.

Des milliers de militaires sont déployés dans cette partie du pays et tentent, dans des conditions difficiles, de renforcer le maillage sécuritaire pour éviter des conséquences irréversibles.

Pourtant, face à ces milliers de civils, en majorité des jeunes démunis et sans emploi, "la réponse n'est pas seulement militaire et l'Etat doit engager immédiatement des dépenses pour le développement socio-économique de la zone", explique un acteur de la société civile, tandis que des orpailleurs appellent l'Etat à prendre exemple sur le Soudan, pays voisin qui avait maitrisé l'exploitation des sites d'orpaillage en mettant en place un système de guichet lors d'une impressionnante ruée, il y a quelques années.

Ce jeudi, le gouverneur du Borkou, Djiddi Habré a été remplacé par le général de brigade Ali MaÏdé Kébir, au terme d'un décret du chef de l'Etat.

Le Tchad a "une longue frontière de plus de 1200 km avec la Libye. Il y a plus de 15.000 hommes qui sont là-bas. Il n'y a pas d'infrastructures, pas de routes, pas d'aéroport mais il faut entretenir ces hommes pour nous prévenir de l'insécurité qui pourrait être une gangrène qui va remettre en cause la paix", a indiqué le président Déby le 9 août dernier au cours d'une conférence de presse au Palais présidentiel.

D'après le chef de l'Etat, des armes de guerre se retrouvent massivement au Tchad, à cause de la situation instable des pays voisins. Un récent rapport de l'ONU -juin 2019- évoqué par Déby affirme que 22 millions d'armes auraient été acheminées de la Libye vers le Sud du Sahara. "Le conflit du Darfour a aussi créé son lot de malheurs", de même que le conflit centrafricain, tandis qu'au Lac, il y a le "même problème entre les différentes communautés."