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INTERVIEW

Tchad : "ces élections, on peut les gagner si on est ensemble", Mahamat Ahmad Alhabo


Alwihda Info | Par Info Alwihda - 13 Novembre 2019 modifié le 13 Novembre 2019 - 14:29

Le secrétaire général du Parti pour les libertés et le développement (PLD), Mahamat Ahmad Alhabo a répondu à quelques questions d'Alwihda Info sur l'opposition et les prochaines échéances électorales.


Tchad : "ces élections, on peut les gagner si on est ensemble", Mahamat Ahmad Alhabo. © Alwihda Info
Tchad : "ces élections, on peut les gagner si on est ensemble", Mahamat Ahmad Alhabo. © Alwihda Info
Alwihda Info : Vous avez rencontré il y a quelques semaines le président du parti Les Transformateurs, Succès Masra. Vous avez eu une petite entrevue. Que pensez-vous de la personne ?

Mahamat Ahmad Alhabo : Je ne suis pas la personne la plus indiquée pour porter un jugement de valeur sur le président d'un autre parti ou sur le fonctionnement d'un autre parti. Vous savez, en étant tous de l'opposition, on est concurrents. Donc, je suis très mal placé pour juger, c'est aux autres de le juger. Mais moi je ne peux pas dire qu'il est bon ou qu'il est mauvais.

Pensez-vous pouvoir travailler avec lui sur un projet commun et unitaire ?

Tout dépend de ce que nous avons comme programme. Nous, en tant que parti de l'opposition, nous, nous préparons à aller vers les élections et ces élections là, on peut les gagner si on est ensemble. Les différents partis, si on se met ensemble pour aller battre campagne, plus l'opposition est unie, plus elle a beaucoup de chance de remporter les prochaines élections. Mais si chacun va seul, certainement on va tous se casser le nez.

L'objectif global pour l'opposition dans l'avenir c'est de pouvoir trouver qu'est-ce qui peut les unir, au lieu de chercher toujours ce qui pourrait les diviser.

Considérez-vous Les Transformateurs comme un parti d'opposition ?

Vous savez, aujourd'hui, quand vous créer un parti politique, il y a un registre au niveau du gouvernorat où vous pouvez aller vous inscrire sur la liste des partis de l'opposition ou sur la liste de la majorité présidentielle. Il y a des partis qui ne sont inscrits nulle part, ni sur la première liste, ni sur la seconde liste. Il y a beaucoup de partis qui sont créés pour nuire aux autres partis ou pour nuire à un autre leader. Très souvent, c'est le pouvoir qui finance, qui leur donne tous les moyens pour créer un parti, s'inscrire dans l'opposition et pour nuire au fonctionnement de tel leader, dans telle région, ou tel parti dans tel segment de la vie nationale.

Eux, ils se disent de l'opposition. Quel est ton pouvoir à toi de les juger comme parti qui n'est pas de l'opposition ? Sur ce domaine là, je laisse plutôt à l'opinion nationale, aux électeurs de faire le bon choix, de savoir qui est qui. 

Que pensez-vous des échéances électorales à venir ?

Il n'y a pas encore de calendrier électoral malheureusement. C'est la CENI qui devrait publier un calendrier électoral. On attend toujours que le président de la CENI et son équipe publient un calendrier électoral. Vous savez qu'au mois de mai 2018, l'ancienne équipe du CNDP -dans laquelle j'étais membre- a été reçu par le président Déby. Il nous a dit : "pour une fois, essayons d'organiser des élections libres, démocratiques et transparentes". Je ne sais pas s'il comprend le sens des mots. Dans tous les cas, en disant "pour une fois", il reconnait de facto que toutes les autres élections qui se sont déroulées au Tchad n'ont jamais été libres, démocratiques et transparentes.

On l'a toujours dit, on l'a répété que depuis qu'on organise des élections au Tchad, on a commencé en 1996, elles n'ont jamais été libres, démocratiques et transparentes et le MPS n'a jamais gagné une seule élection. C'est pourquoi nous avons dit et répété autant de fois qu'il le fallait que le président actuel n'a pas gagné les élections présidentielles en 2016, il a fait un coup d'Etat électoral et il s'est imposé par la force. Le jour où l'on a donné les résultats, toute la ville de N'Djamena et l'ensemble du territoire national a été investi par les forces de troisième catégorie. Ils ont tiré avec les armes de tous calibres et avec des munitions de toute nature pour intimider la population, pour que le coup d'Etat électoral passe le lendemain.

La population a eu peur de manifester et donc le coup a été entériné. Il en est de même aujourd'hui pour le pouvoir législatif qui a plus de deux mandats à son compteur. C'est un pouvoir aussi illégitime, comme le pouvoir exécutif incarné par le président de la République. Tous les pouvoirs élus au Tchad n'ont aucune légitimité aujourd'hui, aucune légitimité. De ce fait, nous avons un instant, un instant seulement, cru au président de la République, qu'on allait organiser au moins, cette fois-ci, des élections libres, démocratiques et transparentes. Mais hélas, on s'est rapidement désenchanté parce que le pouvoir MPS est incapable d'organiser des élections libres, démocratiques et transparentes.

Vous avez vu, très rapidement, le match a commencé, nous avons adopté un Code électoral au mois de juillet, particulièrement le 22 juillet. Le match a commencé et toute suite le président a voulu par force, en donnant des occasions à la CENI et au CNDP pour changer encore les règles de jeu pendant le match. Ce qui veut dire qu'on s'achemine tout droit vers des élections qui ne seront ni libres, ni transparents et encore moins démocratiques.