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Tchad : ces femmes battantes de Mangalmé


Alwihda Info | Par Guidjindandi Djono - 20 Juillet 2019 modifié le 20 Juillet 2019 - 19:40



Dans le département de Mangalmé, province du Guera, les femmes luttent contre l’adversité. Généralement, Mangalmé est l’unique département de la région où des poches de famine se signalent chaque année dû à la rareté des pluies. Dans beaucoup des villages, les femmes ne croisent plus les bras pour attendre l’effort de leurs époux ou celle des ONG qui ont l'habitude de leur distribuer des vivres.

Elles se sont constituées en groupements et exercent les activités génératrices de revenus, pratiquent la culture maraichère, luttent contre la malnutrition, suivent des cours d’alphabétisation, etc.

Vendredi 19 juillet 2019, dans le village Amnabac Chari, situé à 45 Km à l’Est de Mangalmé vers la route qui mène à Abéché, elles sont sorties nombreuses pour démonter leur talent et expliquer leur savoir faire à une équipe de journalistes en reportages dans la zone.

Ces femmes massées non loin de la grande voie bitumée accueillent une « caravane de sensibilisation sur la pérennisation des initiatives et infrastructures du projet Revanche » d’Oxfam, leur encadreur et maître d’œuvre de diverses activités.

Ce sont les femmes d’« Avec » (Association villageoise d’épargne et de crédit) dénommé « Chadja » qui veut dire courage. Elles racontent l’historique de leur groupement, son évolution, son impact et expriment leur détermination à pérenniser les activités dudit groupement. Chadja est l’une des 15 associations soutenues par cette ONG espagnole.

Evoluant au départ dans l’informel dans un petit groupe de moins de dix femmes, elles sont aujourd’hui une trentaine constituant un « Farn » Foyer d’apprentissage et de réhabilitation nutritionnelle » du village Amnabac. Elles ont émis un besoin d’accompagnement pour asseoir un groupement digne de son nom. C’est ainsi que l’Ong Oxfam a accepté de les encadrer et financer les activités en commençant par la production des documents juridiques (règlement intérieur, statuts). Les membres de cette association villageoise reçoivent des cours d’alphabétisation, des formations en matière de lutte contre la malnutrition. Assez outillées, elles sensibilisent et forment à leur tour les femmes à préparer la bouillie enrichie, et font le dépistage des enfants malnutris.

Leurs activités quotidiennes consistent également à exhorter les femmes à pratiquer l’allaitement maternel exclusif pendant les six premiers mois de la naissance. Elles soumettent les enfants atteint de la malnutrition modérée aux traitements et suivis tandis que ceux souffrant de la malnutrition aigue ou sévère sont orientés dans les centres de santé les plus proches.

Une caisse de solidarité dans laquelle une cotisation hebdomadaire de 125 FCFA par membre est ouverte. Cet argent permet d’assister les femmes malades ou en travail. L'argent sert aussi à accorder des prêts sans intérêt ou avec un faible taux d’intérêt, selon que le demandeur est membre du groupement ou non. Cette somme sert également à financer d’autres activités génératrices de revenus, alimenter la caisse, cultiver le champ de groupement, transformer les produits de l’élevage et de l’agriculture.

Cet encadrement a permis aux femmes d’améliorer leur mode de vie et leur situation économique. « Avant, quand on voyait un agent de santé se présenter au village, même pour vacciner les enfants, on les cachait mais c’était par ignorance. Nous avons beaucoup appris. L’argent du groupement nous permet de payer même les maîtres communautaires qui enseignent nos enfants », se félicite Béda Mahamat, présidente du groupement « Avec ».