Accueil
Envoyer à un ami
Imprimer
Grand
Petit
Partager
TCHAD

Tchad : des humanitaires enlèvent une fille près de Ngouri, avant d'être rattrapés


Alwihda Info | Par Info Alwihda - 17 Avril 2019 modifié le 17 Avril 2019 - 22:10



Un panneau indiquant N'Gouri. Illustration. © DR
Un panneau indiquant N'Gouri. Illustration. © DR
Trois individus travaillant pour le Comité international de la Croix-rouge (CICR) ont enlevé le 9 avril à 12h30, à bord d'un véhicule Hardtop appartenant à l'ONG, une jeune fille de 10 ans dans la sous-préfecture de Ngouri. La victime a finalement été libérée et retrouvée au milieu de deux singes à l'arrière du véhicule.

Dans un entretien accordé à Alwihda Info, Mbodou Moustapha Mahamat Nour, président de la cellule de la Ligue tchadienne des droits de l'Homme (LTDH) de Ngouri, donne des détails sur l'affaire.

Alwihda Info : Que s'est-il passé à Ngouri ?

Mbodou Moustapha Mahamat Nour : Le 9 avril 2019, aux environs de 12h30, des individus à bord d'un véhicule du CICR en partance pour N'Djamena, à 12 km au sud de Ngouri, dans un village sur l'axe Massakory-Ngouri, ont tenté de kidnapper trois fillettes à 200 ou 300 mètres de leur village. L'une à 7 ans, l'autre 10 ans et la troisième à 9 ans. Les deux premières ont pu s'échapper et la troisième a été attrapée. Elle s'appelle Zara Mahamat. Les ravisseurs l'ont mise dans un véhicule où il y avait deux singes en valeur absolue, puis ils ont continué leur chemin. 

Les deux fillettes qui ont pu s'échapper ont alerté leurs familles et avec les cris, quelqu'un qui venait de N'Djamena s'est mis à contribution et a mis la main sur les ravisseurs.

La fillette fait maintenant des crises, elle a des traumatismes. Elle est allergique à tout véhicule de marque Hardtop. Dès qu'elle voit, elle commence à faire des traumatismes. Depuis samedi, elle est hospitalisée à l'hôpital provincial de Bol. Les humanitaires n'ont même pas pris en charge les soins. Le délégué du bureau CICR de Bagassola a pourtant pris l'engagement devant les autorités provinciales. Devant le secrétaire général de la province, il a pris l'engagement mais il n'a pas honoré, il n'a même pas donné un centime. L'enfant se trouve sur le lit d'hôpital et depuis lors, le dossier est à la compagnie (de gendarmerie, ndlr) pour déposition. Mais il s'est avéré que depuis lors, les ravisseurs n'entendent pas revenir.

Qui sont les ravisseurs ? Ce sont des étrangers ?

Ce sont des africains. Mais le vendredi dernier, il y a eu une rencontre autour du préfet au cours de laquelle le délégué régional (du CICR, ndlr), qui est un expatrié, a reconnu les faits reprochés à son personnel. Il a confirmé. Le dossier est en instance. Peut être qu'ils attendent. Ils vont transmettre à la justice et elle fera son travail.

Ceux qui ont enlevé la fillette sont toujours aux arrêts ou ont été libérés ?

Ceux qui ont enlevé la fillette, la population a voulu les récupérer. Subitement, le préfet de Kaya est arrivé. Ils les a aidé à partir et il a pris l'engament de les faire revenir en cas de besoin.

Ça veut dire qu'ils sont toujours libres ?

Ils sont libres. Ils ne sont pas revenus. Même le préfet s'est déplacé suite à l'appel du tribunal. Le préfet les a informé depuis lundi mais ces gens refusent de revenir. Donc jusqu'à là, ils ne sont pas encore arrivés.

Les responsables du CICR ont confirmé que c'est leur véhicule, à bord duquel il y a un chauffeur, deux autres responsables et deux singes. Le secrétaire général de la province a exigé qu'on ramène les deux singes, le véhicule et les trois personnes à bord. Depuis samedi, le responsable du CICR a pris l'engagement de les faire revenir dimanche. Jusqu'à là, ils ne sont pas encore arrivés.

Propos recueillis par Djimet Wiche.