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Tchad : des médicaments antipaludiques illicites vendus dans les centres de santé


Alwihda Info | Par Dr Djiddi Ali Sougoudi - 1 Septembre 2018 modifié le 1 Septembre 2018 22:24


Crédits photo : DR
En cette période de résurgence saisonnière du paludisme et en parcourant plusieurs centres de la Capitale cette semaine, je découvre avec effarement la vente des médicaments antipaludiques d’origines douteuses à la population. Cette pratique est aussi très courante dans de nombreux centres de santé de la capitale N’Djamena.

Les responsables des Centres de Santé font leurs affaires mercantiles en cachant les médicaments efficaces et contrôlés de t’Etat, gratuitement mis à la population grâce à l’appui aussi du Fonds Mondial et de la République de Chine.

Cette situation perdure et aucune autorité sanitaire n’arrive à punir ces indélicats dont les pratiques sont assez connues mais jamais punies!.

Les médecins responsables des districts et les délégués régionaux laissent prospérer ce comportement véreux, soit à leur su soit à leur incapacité de faire respecter la volonté de l’Etat et de ses partenaires qui mettent à la disposition des structures des médicaments antipaludiques de qualité prouvée.

Les dotations du Fonds mondial et de la Chine souffrent dans de nombreux districts qui ne les distribuent pas ou encore pire, certains les revendent au marché noir. La vente illicite des médicaments de l’Etat a été constatée à Laï, dans le Lac, à Bongor et ailleurs. La sanction et le contrôle accru ne suivent pas.

Ces mauvaises pratiques sont la cause principale de certaines ruptures provoquées dans des délégations.

Les responsables des centres de santé refusent d’appliquer les protocoles de diagnostic et de prise en charge. Ils proposent et vendent à la population des médicaments douteux sortis de leurs sacs ou cartons privés.


Pour trouver une solution définitive, il faut un circuit de suivi et de tracabilite des médicaments antipaludiques de l’Etat en exigeant la consommation hebdomadaire et mensuel. Il faut procéder à un recouvrement des coûts au lieu de donner totalement gratuit comme se fait de nos jours. La gratuité des soins souffre du non-suivi des médicaments qui regagnent les circuits illicites.

La population tchadienne croît paradoxalement que les médicaments gratuits ne sont pas efficaces. Cette population demeure toujours dans l’esprit de toujours gratifier d’un bakchich les responsables des centres de santé qui exigent et exagèrent.

Il faut aussi payer très bien les chefs de centres pour les mettre à l’abri de la tentation actuelle faite de cupidité notoire. Un coût minimum par dose d’antipaludique permettra de faire la manutention, le transport des médicaments et le paiement d’encouragement des Responsables des centres.

Certains centres manquent des antipaludiques qui sont pourtant inutilement stockés dans les magasins des districts qui manquent les moyens de convoyages vers lesdits Centres. Ce stockage est la source des péremptions actuellement trop fréquentes.

C’est un cri de cœur que je lance pour rétablir la bonne utilisation des antipaludiques.

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