REPORTAGE

Tchad : l'incivisme ne faiblit pas malgré la sensibilisation


Alwihda Info | Par Abba Issa - 17 Janvier 2020



Un canal de drainage obstrué à Abéché, chef-lieu de la province du Ouaddaï. © Abba Issa/Alwihda Info
A Abéché, chef-lieu de la province du Ouaddaï, l'incivisme caractérisé des citoyens dans les différents arrondissements de la ville laisse à désirer. La notion de civisme n'existe quasiment pas, malgré la sensibilisation de la société civile ou des médias ; les ménagères jettent nuitamment les résidus de leurs nourritures et les saletés dans les caniveaux. Ce phénomène est généralisé dans quasiment toutes les villes du Tchad.

Les services d'hygiène et assainissement ne cessent de sensibiliser la population sur cette question. Est-il logique pour une personne normale de ne pas faire appel à sa conscience en préservant l'environnement sain afin d'éviter les maladies qui peuvent jouer sur la santé des citoyens ? Malgré les efforts de la mairie pour rendre la ville propre, les citoyens doivent prendre conscience et contribuer à la propreté de cette capitale du grand Nord.

D'après les citoyens que nous avons rencontré, c'est une question d'éducation de base qui manque à certaines personnes. Pour eux, la personne bien instruite ne fera pas ça, sauf ceux qui ont raté l'éducation de base, y compris certains citoyens qui n'ont pas l'esprit de citoyenneté pour préserver l'environnement.

De l'avis d'un confrère de la presse locale, certaines ménagères jettent les résidus et les saletés même le jour dans les axes qu'empruntent les usagers. Pour lui, les gens doivent agir ensemble pour préserver l'environnement qui n'est pas seulement l'affaire de la mairie mais aussi un acte civique.

"On n'est pas aidé par nos concitoyens"

A N'Djamena, le maire de la ville n'a pas manqué à plusieurs reprises de faire part de son indignation face au dépôt anarchique des ordures par les ménages, lors de descentes dans les différents arrondissements.

"Les bassins de rétention sont occupés même par nos concitoyens, il y a certains canaux qui sont obstrués. C'est un problème d'incivisme de nos concitoyens. On n'est pas aidé par nos concitoyens. Chacun de nous a ses responsabilités", a expliqué l'année dernière le maire de la ville de N'Djamena, Saleh Abdelaziz Damane.

Pour lui, les canaux de drainage sont des "usines à paludisme". Saleh Abdelaziz Damane s'était même interrogé si les tchadiens "aiment leur pays".

Même son de cloche du côté du délégué général du Gouvernement auprès de la commune de N'Djamena, Djibert Younous, qui n'a pas manqué de dénoncer "l'incivisme" des N'Djamenois, notamment quant au respect des règles d'hygiène et de salubrité dans les quartiers. 

"Dans certains quartiers, il y a toujours l'incivisme qui prime parce que les gens bloquent le passage de l'eau vers les stations de pompage ou vers la direction que l'eau doit emprunter pour arriver au niveau du fleuve Chari", a souligné Djibert Younous.

"Tous les efforts sont mis en échec"

De l'avis du ministre d’Etat, ministre secrétaire général de la Présidence de la République, Kalzeubé Payimi Deubet, "tous les efforts sont mis en échec" à cause de l'incivisme.

En août 2019, les grosses pluies qui se sont abattues à Moundou ont poussé le maire Nérolel Ndoukolé à dénoncer l'incivisme de certains citoyens qui obstruent les caniveaux avec des ordures ménagères.  

Des citoyens rencontrés ont reconnu que la population est d'abord directement concernée par cette situation. Elle doit adopter un comportement responsable, digne d'un bon citoyen en évitant de jetter les ordures n'importe où.

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