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Tchad : la CTDDH interdite de se rendre à Chokoyan, au Ouaddaï


Alwihda Info | Par CTDDH - 11 Janvier 2018 modifié le 11 Janvier 2018 - 20:15



CONVENTION TCHADIENNE POUR LA DEFENSE DES DROITS HUMAINS C.T.D.D.H

La mission de la Convention Tchadienne pour la Défense des Droits de l’Homme (C.T.D.D.H) dépêchée pour enquêter sur le conflit tragique survenu entre éleveurs et agriculteurs à Chokoyan dans la région du OUADDAI vient d’être bloquée à ABECHE par le Gouverneur Mahamat Bechir OKORMI. Celui-ci a fait obstruction à cette mission en l’empêchant de se rendre sur le terrain afin de connaitre la vérité sur le mobile ayant conduit les éleveurs armés à tirer sur les agriculteurs et surtout l’implication des gendarmes sensés s’interposer entre les belligérants mais qui, une fois sur les lieux n’ont pas hésité à prêter main forte aux éleveurs en massacrant systématiquement les agriculteurs autochtones.

Ce blocage de notre mission est inadmissible parce qu’illégal et arbitraire : en tant qu’organisation de défense des droits de l’homme, la C.T.D.D.H a le droit de se rendre où elle veut pour chercher la vérité afin de dénoncer et combattre l’arbitraire l’injustice primaire et les atteintes graves aux droits des personnes. Ce comportement de Mr OKORMI est gratuit anticonstitutionnel et injustifié ; ce conflit est latent et risque de rebondir à tout moment ; le gouverneur en portera l’entière responsabilité.

Ces évènements qui ont causé la mort de 5 personnes dont quatre agriculteurs et un éleveur s’inscrivent dans le sillage des innombrables autres conflits agriculteurs- éleveurs qui continuent à polluer l’atmosphère dans nos provinces depuis l’arrivée d’IDRISS Deby au pouvoir.

Ce conflit est toujours le fait des responsables de l’administration provinciale gros propriétaires de bétail qui n’hésitent pas à distribuer des armes à feu aux bergers à leur service contre les agriculteurs désarmés. Ceux-ci perdent souvent la vie en cherchant à protéger leurs champs contre les intrusions intempestives des troupeaux des éleveurs. Les agriculteurs qui n’ont que leurs récoltes pour survivre sont le plus souvent tués ; leurs récoltes perdues et en cas de conflit sont le plus souvent punis.

Fait à N’Djamena le 10 /01/2018
Le Secrétaire Général
Mahamat Nour IBEDOU