REPORTAGE

Tchad : la culture maraîchère, un levier économique et social


Alwihda Info | Par Abba Issa - 29 Mars 2020



Tchad : la culture maraîchère, un levier économique et social. © Abba Issa/Alwihda Info
En termes de disponibilité des ressources en terres cultivables, le Tchad dispose de 39 000 000 hectares, dont 4 000 000 hectares irrigables. Le Tchad possède d'énormes potentialités en terres agricoles, il suffit toutefois d'avoir le courage d'investir dans le domaine ou de se lancer dans l'exploitation de cette richesse que la nature a donnée aux 15 millions de tchadiens qui vivent sur une vaste étendue de territoire de 1 284 000 km2.

L'agriculture occupe une grande place dans l'économie du pays et contribue à hauteur de 17,44% au PIB. Personne ne peut l'ignorer en ce sens qu'elle participe activement au développement d'une nation ; raison pour laquelle le gouvernement tchadien ne cesse de lancer des appels au retour à la terre nourricière, appelant également ses partenaires à investir largement dans l'agriculture.

La question entrepreneuriale dans le domaine agricole -et ses sous-secteurs inexploités- commence peu à peu à prendre place dans le milieu jeune qui crée et organise des ateliers de formation dans différentes provinces du Tchad. Le passage à l'acte peut toutefois être un frein, eu égard au manque de moyens et de sources de financements pour les jeunes.

De nombreux jeunes entrepreneurs ont créé leur propre startup sur fonds propres, tandis que certains parviennent à obtenir d'institutions étatiques un fond de départ pour se lancer.

Les villageois au contact de la terre

Au Nord-Est du Tchad, dans la province du Ouaddai, plus précisément dans la sous-préfecture de Traoné, des villageois cultivent autour des ouadis, des variétés de produits, notamment des tomates, oignons, ails ou encore de la canne à sucre.

Au village Amkhourouba, Fatimé Adouma, une jeune femme, la trentaine, tient en main la houe en courbette face à la terre. Elle nous explique qu'elle exerce la culture maraichère depuis des années avec son mari, pour subvenir à leurs besoins.

"Nous avons un motopompe qui nous permet de tirer de l'eau à partir des ouadis pour alimenter notre jardin. Depuis que mon mari a payé ce motopompe, je me suis vu un peu en liberté, sinon je puisais avec l'arrosoir et c'est fatigant", explique Fatimé.

Selon elle, deux à trois litres d'essence par jour suffisent à faire fonctionner le motopompe.

Pour sa part, Abdallah Ahmad explique qu'il est tranquille avec la terre. Toute sa famille trouve sa subsistance grâce à la terre nourricière. Mais il rencontre un problème avec les intrants qui coutent assez chers. Parfois, les insectes détruisent les petits plants ainsi que les pépinières, ce qui suffit à saper tous les efforts.

Les villageois sont convaincus que l'exploitation de la terre peut contribuer énormément à renforcer l'économie. Ils demandent toutefois au Gouvernement de fournir des intrants en quantité et à bas prix.

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