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Tchad : le gouverneur du Lac, Adam Nouky fait le point sur la situation sécuritaire


Alwihda Info | Par Alwihda - 16 Octobre 2019 modifié le 16 Octobre 2019 - 16:58



Tchad : le gouverneur du Lac, Adam Nouky fait le point sur la situation sécuritaire
Le gouverneur de la province du Lac, Adam Nouky Charfadine, a répondu ce mardi aux questions de la presse tchadienne sur la situation sécuritaire et la gestion des désengagés de Boko Haram dans sa zone.

Quelle est la situation en ce moment sur le terrain ?

La province du Lac comme vous l’avez constaté, subie des attaques terroristes depuis 2015. Le gouvernement de la République du Tchad, à la tête Son Excellence Idriss Déby Itno, le président de la République, chef de l’Etat, a déployé des forces de défense et de sécurité intérieures, des forces multinationales, pour garantir la sécurité des personnes et de leurs biens.

Je pense qu’actuellement il y a des efforts soutenus et continus qui sont entrain d’être faits sur le terrain. La sécurité des personnes et de leurs biens est garantie mais je vous confirme que dans notre territoire, il n’y a pas de base de Boko Haram. Ce sont des gens qui sont ailleurs et qui font des incursions dans la nuit. Malheureusement, ces incursions causent beaucoup de morts parmi nos populations et nos forces de défense et de sécurité mais c’est une situation quotidienne à laquelle nous sommes habitués et à laquelle nous faisons face.

Comment expliquez-vous la recrudescence des attaques dans la province du Lac Tchad ?

Je vous dis que ce sont des gens qui sont de l’autre côté dans des pays limitrophes, qui ont leur base de l’autre côté et qui font des incursions parce que notre province, c’est une province qui a des frontières communes avec le Nigeria, le Niger et avec le Cameroun.

Dans notre territoire interne, il n’y a pas de base de Boko Haram, mais comme c’est une idéologie terroriste, elle doit avoir quand même des complicités, des ramifications, mais ce sont des gens qui font des incursions. Nous avons constitué une ceinture de sécurité pour contrecarrer toutes les incursions.

Vous avez envoyé une vingtaine d’étudiants à l’Université Emi Koussi. Est-ce que ça suppose que la province du Lac Tchad souffre d’un problème d’éducation ? Est-ce que les enfants du Lac Tchad ne vont pas à l’école à cause de la secte Boko Haram ?

Le Gouvernement de la République du Tchad a fait beaucoup d’efforts pour assurer l’éducation des jeunes, l’encadrement et leur formation dans la province du Lac. Les efforts du Gouvernement tchadien ne sont pas suffisants, nous avons estimé que tous les partenaires peuvent appuyer et venir intervenir pour qu’on puisse encadrer le plus grand nombre d’étudiants. Nous avons exprimé notre demande à l’Université Emi Koussi qui a donné suite.

Grâce à cette remise, 20 étudiants ressortissants de la région du Lac viendront ici suivre les cours. Nous ne nous arrêterons pas là. Nous sommes entrain de discuter avec les autres partenaires, par exemple l’Université Hec Tchad qui va également nous remettre des bourses. D’autres universités et d’autres partenaires ont déjà manifester leur volonté de nous accompagner et nous estimons qu’on peut aller jusqu’à 60, 70 bourses que nous allons offrir à nos jeunes. Nous, nous sommes dit que pour combattre le terrorisme, il faut combattre par l’éducation parce qu’elle est l’arme la plus importante pour lutter contre le terrorisme.

Nous sommes entrain d’insuffler le développement mais il y a pas mal de dimensions qui jouent un rôle extrêmement important.

Quelle est la situation économique ?

La situation économique, comme vous le savez, nous sommes une province qui a beaucoup d’ouvertures avec les pays extérieures. A l’époque, il y avait une embellie économique. Le commerce était reluisant mais aujourd’hui, avec la naissance ou la création de Boko Haram, il y a des frontières qui sont fermées et cette action porte tellement un coup à l’économie provinciale.

A travers la 3ème édition de la Conférence des gouverneurs qui a été organisée à Niamey, nous avons pris l’engagement avec mes collègues gouverneurs, par exemple les gouverneurs de Maidugri et de Diffa, de procéder à l’ouverture des frontières, de sécuriser le circuit transfrontalier et de permettre à nos produits d’être écoulés sans être inquiétés par des actions terroristes.
Il y a des mesures qui sont là, et qui sont entrain d’être prises.

Monsieur le Gouverneur, on a appris qu’il y a des terroristes de la secte Boko Haram qui ont fait défection. Que deviennent-ils ?

Il y a effectivement des retournés, des désengagés de Boko Haram qui viennent et je pense qu’il y a des équipes pluridisciplinaires qui sont déjà mises sur pied. Cette équipe étudie les retournés, les désengagés de Boko Haram. Si nous estimons que des femmes et des enfants sont des victimes collatérales, nous mettons à disposition des structures d’accueil pour faciliter l’intégration dans leurs communautés.

Si nous estimons que des terroristes ont commis des actes et atrocités, nous les mettons à la disposition des forces judiciaires. Il y a donc déjà un vaste programme qui est accompagné et financé par des partenaires et qui gère cette problématique de gestion des retournés de Boko Haram.

Combien sont-ils ?

Il y en a beaucoup. Au début, je pense qu’il y a plus de 4000. Progressivement, le nombre est entrain de s’agrandir. L’OIM est sur le terrain pour nous accompagner, pour pouvoir gérer ces retournés.



Pour toute information, contactez-nous au : +(235) 63205229 ; 66304389 ; 63415139  (Bureau N'Djamena)