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INTERVIEW

Tchad : les antennes provinciales de l'ONAJES dans le désarroi


Alwihda Info | Par Mahamat Issa Gadaya - 7 Septembre 2020

Le chef d'antenne de l'Office national de la jeunesse et des sports (ONAJES) de la province de Sila, Hilaire Memndigngar, s'explique sur les difficultés rencontrées pour concrétiser le programme d'action en faveur des jeunes.


Le chef d'antenne de l'Office national de la jeunesse et des sports (ONAJES) de la province de Sila, Hilaire Memndigngar © Mahamat Issa Gadaya/Alwihda Info
Le chef d'antenne de l'Office national de la jeunesse et des sports (ONAJES) de la province de Sila, Hilaire Memndigngar © Mahamat Issa Gadaya/Alwihda Info
Alwihda Info. Lors de votre installation du 29 octobre 2019, vous avez promis que votre institution aidera la jeunesse de Sila avec notamment des infrastructures sportives. Nous tendons déjà, à un an de ces promesses. Pouvez-vous expliquer ces retards à la jeunesse de Sila ?

Hilaire Memndigngar : Il est vrai, je reconnais avoir tenu cette promesse. Je l'ai tenu relativement avec les propos tenus par la coordination. Elle nous a rassuré que chaque chef d'antenne doit regagner sa région, venir prendre service, faire l'état des lieux, déposer le rapport annuel pour l'année 2020 surtout et la coordination nous équipera de tous les outils voire matériels sportifs afin qu'on relance les activités. Mais hélas. J'ai déposé tout ce qui m'a été demandé par la coordination, pensant qu'elle allait m'octroyer tout ces matériels pour les jeunes de Sila. Mais elle ne l'a pas encore fait. Espérons que dans les jours à venir, la coordination fasse quelque chose.

Quelles sont vos difficultés ?

La tâche n'est pas sans difficultés. Elles sont énormes : les outils de travail. Je n'ai ni matériel de travail, pire encore, je n'ai pas un local, pas un bureau. Depuis mon installation je n'ai aucun bureau, ni un écritoire, moins encore une feuille vierge pour écrire. Pourtant, l'ONAJES est une institution autonome où normalement on ne doit pas se plaindre.

Lors de mon installation, j'étais le tout premier chef d'antenne de l'ONAJES au Sila. Lorsque les orientations ont été faites par la Coordination, j'ai cherché personnellement un endroit pour le local de l'antenne de l'ONJAES au Sila. J'ai pris même attache, j'ai tout fait mais malheureusement mon effort a été vain. Comment comprendre qu'une autre institution telle que l'ONAPE qui vient d'arriver après moi, a outillé son chef d'antenne avec tout le matériel possible pour exercer ses travaux. La place que j'ai réservé pour l'antenne de l'ONAJES, la Coordination n'a rien fait pour moi. C'est l'ONAPE qui a pris la place pour s'implanter.

Des lignes budgétaires sont pourtant prévues pour les antennes provinciales...

Nous sommes une institution étatique publique. D'où, il y a d'abord une ligne budgétaire de fonctionnement de toutes les antennes provinciales. Cette ligne budgétaire nous permettra d'exercer normalement nos activités, mais malheureusement ce n'est pas le cas.

Nos supérieurs, souvent quand on se plaint, ils ne prêtent même pas oreille à nos doléances. Nous on pensait que c'est une institution qui doit vraiment oeuvrer pour la jeunesse tchadienne. Dans la théorie c'est autre chose mais dans la pratique, nous déplorons cela. Comment comprendre que je suis nommé par arrêté ministériel mais je n'ai ni un bureau, ni un moyen roulant pour me permettre d'accéder à certaines zones et voir les activités que mènent les jeunes ? Pas plus longtemps que lundi, j'ai tenu une réunion avec tous les promoteurs. Juste après la réunion, j'ai fait une descente sur le terrain pour voir les activités qu'ils mènent. Compte tenu de certaines distances, c'était difficile. J'étais obligé de prendre les moyens roulants appelés communément Rakcha, c'est ça qui m'a permis de me rendre sur le terrain.

Quel est votre sentiment sachant qu'une responsabilité repose sur vos épaules et que les yeux des jeunes de la province sont braqués sur vous ?

Vous savez, ça me fait très mal de me nommer comme responsable d'une institution provinciale, mais je n'ai ni bureau, ni matériel de travail, ni moyen roulant. Je ne sais pas. Est-ce qu'il y a encore une autre appellation qu'on peut me donner que celui de chef d'antenne. Je suis vraiment sidéré.

Autre chose, tous les tchadiens savent et surtout la jeunesse a de l'espoir sur les projets de l'ONAJES. La jeunesse est trop regardante sur l'ONAJES. Là où je passe, on m'appelle chef d'antenne, toutes les doléances me parviennent mais je ne sais pas par où commencer pour résoudre, à défaut de moyens de travail.

Or, la pensée primordiale du Maréchal du Tchad, comme il l'a toujours dit, il a besoin d'une jeunesse qui ose, et c'est par rapport à ça qu'il a créé une institution pour lutter contre le chômage des jeunes et la pauvreté. Mais je ne sais pas ce qui se taraude dans l'esprit de notre coordination. Présentement, rien ne prouve qu'il y a une antenne ici à Sila parce qu'il n'y a pas un bureau. Nous dépendons directement de la coordination. Nous sommes autonome, on a une ligne budgétaire qui est là. Dans le budget précédent, tout est cité. On doit avoir un local, un fond de fonctionnement, un moyen roulant, des outils de travail, des matériels sportifs.

Vos collègues d'autres provinces rencontrent-ils ces même difficultés ?

La coordination ne prête même pas attention à la création de toutes ces antennes. Nous tous, les chefs d'antenne, aucune antenne n'a un bureau. J'appelle sincèrement la coordination à revoir sa manière de nous gérer, surtout nous les chefs d'antenne. On a braiment besoin d'aider le chef de l'État, le Maréchal du Tchad, à oeuvrer, à mener à bien sa politique pour la jeunesse tchadienne. Il l'a toujours dit que la jeunesse est le fer de lance.

Nous sommes les représentants de la coordination générale, rien ne le prouve. J'insiste toujours sur ça, on n'a même pas un outil de travail. Où bien ils ont créé cette antenne juste pour faire plaisir à la population ? Ils n'ont qu'à nous le dire. Je suis vraiment sidéré par cette manière de nous traiter.

Propos recueillis par Mahamat Issa Gadaya