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Tchad : les avocats "dos au mur" dans l'affaire de la mort de Mbaigue Richard


Alwihda Info | Par Malick Mahamat Tidjani - 16 Novembre 2019 modifié le 16 Novembre 2019 - 21:04



Tchad : les avocats "dos au mur" dans l'affaire de la mort de Mbaigue Richard. © Alwihda Info
Tchad : les avocats "dos au mur" dans l'affaire de la mort de Mbaigue Richard. © Alwihda Info
Deux avocats, Maître Frédéric Nanadjigue et Maître Nomaye Clarisse ont fait ce vendredi un point de presse pour dénoncer la lenteur judiciaire dans l'affaire Mbaigue Richard, un jeune décédé suite à une détention il y a quelques mois.

Courant mai 2019, un jeune homme âgé d'à peine 19 ans, Mbaigue Richard a fait l’objet d’une détention dans les locaux du commissariat du 6ème arrondissement municipal de N’Djamena. Pour cause, une bagarre entre lui et un autre jeune homme de sa tranche d'âge. Ce dernier sera libéré tandis que Richard sera maintenu en détention durant plusieurs jours. Il est mort peu après sa libération.

Selon le collectif, "l’officier en charge du dossier, cousin du compagnon de Richard, a justifié à qui voulait l’entendre que ce maintien en détention de plus d’une semaine, donc arbitraire, est dû au refus de Richard de payer 25.000 FCFA d’amende. Pour rappel, les commissariats ne sont habilités que pour les gardes à vue."

Maître Fréderic Nanadjingue a expliqué que conformément aux dispositions de l’article 282 du Code de procédure pénale, « un officier de police judiciaire agissant en enquête préliminaire, en enquête de flagrance ou sur commission rogatoire, ne peut retenir une personne à sa disposition pour les nécessités de l’enquête plus de 48 heures. Passé ce délai, la personne est relâchée ou conduite devant le magistrat compétent. (...) Le magistrat compétent peut autoriser pour un nouveau délai de 48 heures la prolongation de la garde à vue des personnes contre lesquelles existent des indices sérieux de culpabilité ».

"Richard a séjourné au violon pendant plus d’une semaine, sans une prorogation de garde à vue. Privé de nourriture, il a eu des malaises, qui ont laissé l’officier de police judiciaire (OPJ) Taoussou et ses acolytes indifférents. Son état s’étant empiré, ces derniers ont vite fait de le libérer. Manque de force, Richard s’est écroulé devant le portail du commissariat", a rappelé le collectif d'avocats.

Transporté à l’hôpital, Richard rendra l’âme sous le regard impuissant de ses parents, le 8 mai 2019.

"Nous, nous sommes constitués en collectif pour soigner les intérêts de la famille endeuillée, afin que justice soit rendue. Plainte a été déposée pour détention arbitraire et torture. Le parquet d’instance saisi à cet effet, a transmis la plainte à la police judiciaire pour une enquête préliminaire. Il a fallu plusieurs navettes au commissariat pour obtenir un rendez-vous pour l’audition du représentant de la famille endeuillée. Aux dernières nouvelles, les OPJ concernés par les auditions complémentaires seraient affectés ailleurs. Le parquet à son tour, dit avoir déjà donné des consignes, nous sommes dos au mur", déplore le collectif.



Pour toute information, contactez-nous au : +(235) 63205229 ; 66304389 ; 63415139  (Bureau N'Djamena)