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TCHAD

Tchad : un gendarme brûle vif un enseignant à Bol, la police n'intervient pas


Alwihda Info | Par Info Alwihda - 15 Juillet 2019 modifié le 15 Juillet 2019 - 22:17


Le chef de la communauté Massa de Bol, Abdoulaye Founssou, s'est confié à Alwihda Info après l'assassinat par un gendarme de quatre personnes à Bol -dont l'un de ses proches-, dans la province du Lac, jeudi dernier.


La ville de Bol, dans la province du Lac Tchad, en 2018. © Alwihda Info
La ville de Bol, dans la province du Lac Tchad, en 2018. © Alwihda Info
Les victimes ont été tuées par un gendarme ?

Oui c'est par un gendarme. Ce gendarme l'a tué. Il a tiré, il l'a tué. Il a d'abord tiré, il a blessé deux policiers et un clandoman. Il a aussi tiré sur la femme et son enfant. La fille cherchait à fuir, il lui a tiré dessus. Elle est morte. Il a continué à se diriger vers mon parent. Il a tiré sur mon parent et il l'a brulé.

Beaucoup de versions se contredisent. Certaines sources disent que ce n'est pas un gendarme mais un douanier...

Mais comment ! Je connais même ce gendarme. C'est quelqu'un de Bol, depuis longtemps.

C'est un gendarme, il est sorti avec son arme. Il a d'abord braqué quelqu'un. La personne partait au champ lorsqu'elle a été stoppée par le gendarme. Il lui a demandé de descendre. Lorsqu'elle est descendue, il lui a demandé de monter à bord. Il s'est senti menacé et a tiré sur la personne. Ça l'a pas pris seulement. Après il a continué avec la voiture, il a tiré sur les gens et sur mon parent.

A 18 heures, il a ramassé le bois et il a tout mis sur lui. Il l'a brulé, toute la nuit, de 18 heures jusqu'à 10 heures du matin avant qu'on ne puisse récupérer le corps. La nuit, il est resté à côté du feu puisque le jour, il y avait le vent et il faisait un peu frais. Lorsque le feu diminue, il ramasse le bois et l'alimente jusqu'au matin.

Avez-vous prévenu les forces de sécurité ?

On appelle les forces de l'ordre, personne ne bouge. On est resté l'attendre jusqu'à 10 heures et il a libéré le corps.

C'est à partir de 11 heures que la police est arrivée. Après la police, quelques minutes après, la gendarmerie est arrivée. Sinon c'est des gens...D'abord, même le soir du jeudi, quand il est sorti, il a pris la voiture, la police l'a protégé. C'est quand il a ouvert le feu sur les policiers, blessant deux d'entre eux qui sont évacués à N'Djamena, qu'ils ont fait demi-tour pour demander l'intervention de la gendarmerie.

Qu'a fait la gendarmerie ?

La gendarmerie l'a poursuivi. Quand il a vu que la voiture est gâtée, il l'a abandonné. Il est allé se cacher. On l'a cherché fatigués, après il est sorti. Il a tué la femme, son enfant, mon parent et un gars qui est venu avec son âne puiser de l'eau. Il a commencé à tirer sur lui et il a fui. Il a ensuite tiré sur l'âne. Je vous confirme cela.

Des détails sur votre proche qui a été tué ?

Il était en instance d'intégration. Il a six enfants. La grande a 12 ans et la petite, la maman vient d'accoucher, elle a trois semaines.

Propos recueillis par Djimet Wiche.