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INTERVIEW

Tchad : "une jeunesse engagée peut affranchir des barrières", Bougoudi Gaïdaou étudiant au Maroc


Alwihda Info | Par Info Alwihda - 9 Janvier 2018 modifié le 9 Janvier 2018 - 20:09

Etudiant en deuxième année de sciences juridiques au Maroc, Bougoudi Gaïdaou est le chargé des affaires culturelles de l'association des étudiants et stagiaires tchadiens au Maroc (AESTIM). Il a accordé un entretien à Alwihda Info dans lequel il expose sa vision de l'avenir pour la jeunesse tchadienne et africaine, les défis malgré la crise économique et son optimisme qui ne faiblit pas.


Etudiant en deuxième année de sciences juridiques au Maroc, Bougoudi Gaïdaou est le chargé des affaires culturelles de l'association des étudiants et stagiaires tchadiens au Maroc (AESTIM). Alwihda Info
Etudiant en deuxième année de sciences juridiques au Maroc, Bougoudi Gaïdaou est le chargé des affaires culturelles de l'association des étudiants et stagiaires tchadiens au Maroc (AESTIM). Alwihda Info
Alwihda Info. Vous êtes le chargé des affaires culturelles d’une association d'étudiants tchadiens au Maroc. Quel est votre parcours ?

Bougoudi Gaïdaou. Merci de m'avoir accordé cette opportunité de pouvoir m'exprimer en ma qualité de chargé des affaires culturelles de l'AESTM. Par cette occasion, je tiens également à vous adresser mes meilleurs vœux pour la nouvelle année qui vient de commencer, en mon nom et en celui de toute la communauté estudiantine tchadienne du Maroc.

Je suis étudiant en deuxième année, j'étudie les sciences juridiques. Comme vous le savez, je suis le chargé des affaires culturelles d'une équipe nouvellement et très démocratiquement élue.

Une équipe dynamique, soudée et cultivée qui bientôt aura ses deux mois de fonction. L'esprit associatif, je l'avais toujours eu en moi depuis mes années au lycée. J'étais toujours en bon médiateur entre mes collègues élèves et mes enseignants. C'est en quelque sorte un bonheur pour moi.

Pouvez-vous présenter l'association ?

L'AESTM est une association des étudiants et stagiaires tchadiens au Maroc qui a été fondée le 27 avril 1976 à Rabat. Elle a obtenue une reconnaissance auprès des autorités marocaines le 1er août 1992 à Rabat. L'association a pour devise : solidarité, discipline et dynamisme. 

Ses objectifs sont nombreux parmi lesquels on peut citer :
- défendre les intérêts matériels et moraux des étudiants et stagiaires tchadiens au Maroc ;
- renforcer les liens de solidarité, d'amitié et d'entraide entre les étudiants et stagiaires au Maroc avec ceux d'autres pays africains ;
- faciliter l'intégration des étudiants tchadiens au sein de la société marocaine ;
- organiser et animer des activités culturelles sportives et scientifiques pour l'ensemble de ses membres ;
- conscientiser et responsabiliser les membres de l AESTM face aux défis qui minent le Tchad en particulier et le continent en général.

Les étudiants tchadiens au Maroc sont-ils bien traités et rencontrent-ils des difficultés ?

Dire que les étudiants ne rencontrent aucunes difficultés serait un gros mensonge de ma part, mais ce sont des petites difficultés qu'on arrive à surmonter.

Avez-vous une idée du nombre d’étudiants tchadiens au Maroc ?

Il y a, à peine 300 étudiants qui sont recensés. Pour le moment, la commission continue toujours avec le recensement. J'espère bien que d'ici la fin du mois, nous aurons le nombre exact.

Encouragez-vous les futurs bacheliers tchadiens à venir étudier au Maroc ?

Le Maroc est un bon pays d'accueil avec une formation de haute qualité que j'apprécie énormément à titre personnel.

Avez-vous un projet d’avenir au Tchad à l’issue de votre formation ?

Oui, j'ai en tête des projets comme tous les autres étudiants demeurant au Maroc ou ailleurs à l'issue de nos formations.

La crise financière qui secoue le Tchad rend-t-elle pessimiste les jeunes tchadiens à l’étranger à retourner construire leur pays ?

Notre pays traverse l'un des moments les plus difficiles, une crise économique très terrible comme celle qui avait touché la Grèce et quelques pays du monde. Mais il ne faudrait pas que la jeunesse désespère. D'ailleurs, la crise n'est pas un mot nouveau. Cependant, il faut que la jeunesse se donne confiance et espoir, qu'elle se donne l'énergie et soit plutôt optimiste. Il en revient au gouvernement afin que la solution soit trouvée.

Vous discuter sûrement entre vous, étudiants tchadiens. Quelle vision de l’avenir pour la jeunesse avez-vous ?

Nous, nous discutons à tout moment et à n'importe quelle heure. Nous rêvons d'une jeunesse consciente, d'une jeunesse déterminée et d'une jeunesse engagée car une jeunesse engagée peut affranchir des barrières. Il faut retenir que chacun d'entre nous à sa part de responsabilité.

Retourner au bercail et contribuer à son épanouissement est notre objectif principal. D'ailleurs, avoir une vision de l'avenir pour les jeunes c'est avant tout valoriser et mettre en couleur l'avenir de chacun de ces jeunes.

Vous êtes vous senti concerné par le forum de la jeunesse qui s’est tenu à N’Djamena l’an dernier ?

Certains points cités m'ont paru intéressants, bien que je n'en sache pas trop sur le forum de la jeunesse qui s'était tenu à N'Djamena.

Quel est votre sentiment à l'égard de ces jeunes du continent désespérés qui traversent la Méditerranée au péril de leur vie et dont certains ont été réduits en esclavage en Libye ?

Permettez moi avant tout de dire qu'en tant qu'être humain, j'ai été choqué et scandalisé par les images des jeunes africains réduits en esclavage en Libye. Les images ont fait le tour du monde. Par là, on peut tout simplement comprendre le ras-le-bol de ces personnes, c'est un message qu'ils envoient au monde : aidez-nous !

Par ailleurs, comme vous le savez, l'ambiance du monde actuel où nous vivons, c'est un peu comme si nous habitions tous dans la même maison : s'il y a une fuite d'eau de votre robinet qui est dans la chambre, cela peut affecter la chambre du voisin.

Il convient de rappeler que même si les difficultés d'un pays ne concernent que ses citoyens, pour autant les voisins ne peuvent pas reste les bras croisés.

Quelle est la solution ?

À vrai dire, la migration constitue une priorité, mais à la fois c'est une question qui dépasse même les politiciens. Par conséquent, la solution passe par le développement des pays d'origine de ces migrants.

Il est vrai aussi que le racisme existe encore dans beaucoup de pays notamment la Mauritanie, la Libye voir même dans certains coins du Maroc et bien d'autres. Pour mettre fin a tous ces problèmes, nos dirigeants doivent vraiment afficher une volonté politique pour assurer l'avenir des ces jeunes et permettre aux petites et moyennes entreprises d'embaucher ces jeunes.

Quel est votre message à la jeunesse du continent ?

A la jeunesse, nous lui disons que nous comprenons le motif de son choix, mais c'est lâche de subir un traitement inhumain. Il faut conjuguer les efforts pour faire de l'Afrique ce que nous voulons. Notre continent regorge d'énormes potentialités et d'un riche patrimoine. Profitons tous ensembles de ces richesses.

En un mot, je peux dire que la jeunesse africaine est insatisfaite! Il nous faut absolument se former et trouver des emplois. L'âge moyen de travail en Afrique est supérieur à 25/30 ans. La démographie africaine est une bombe à retardement.