Accueil
Envoyer à un ami
Imprimer
Grand
Petit
Partager
ANALYSE

​L’efficacité de la politique de concurrence en Afrique


Alwihda Info | Par Kemba Didah Alain - 9 Janvier 2020 modifié le 9 Janvier 2020 - 06:52


Des camions stationnés à un poste de contrôle camerounais transportant les marchandises destinés au Tchad. Illustration. © Mahamat Ramadane
Des camions stationnés à un poste de contrôle camerounais transportant les marchandises destinés au Tchad. Illustration. © Mahamat Ramadane
Les économies africaines figurent en bas du classement de la compétitivité au niveau mondial, en partie à cause de la fragmentation de ses marchés qui met en mal son efficacité et freine sa croissance économique.

La naissance de la Zone de Libre Echange Continental Africaine (ZLECAf) doit en principe répondre à ce défi. La ZLECAf pourrait non seulement améliorer l’efficacité des marchés et réduire les coûts des affaires en permettant des économies d’échelle, mais elle pourrait aussi faciliter les échanges et les investissements. Les exportations totales intra africains demeurent très faibles (16,6%) avec des taux intra régionaux respectivement à 48,3% pour la Communauté d’Afrique de l’Est, 59,5% pour le Marché Commun de l’Afrique de l’Est et l’Afrique Australe, la Communauté de Développement de l’Afrique Australe affiche 84,9%, 56,7% pour la Communauté Economique des Etats de l’Afrique de l’Ouest, 58,4% pour la Communauté des Etats Sahélo-sahariens, 51,8% pour l’Union du Maghreb, 49% pour l’ Autorité Intergouvernementale pour le Développement et 17,7% pour la Communauté Economique des Etats de l’Afrique Centrale (Sources données : CNUCED 2016).

L’ouverture à la concurrence est devenue aujourd’hui une exigence fondamentale pour le développement des économies. Le multilatéralisme, le régionalisme et la mondialisation surtout ont rendu nécessaire la mise en place dans tous les pays d’une politique de la concurrence favorisant la rivalité entre les acteurs économiques. Cependant, la plupart de ces pays prévoient une marge de manœuvre dans leur législation nationale afin de favoriser dans certaines conditions, les opérateurs locaux, généralement sous forme d’aide d’Etat et susceptible de créer une distorsion de concurrence sur le marché au détriment des entreprises étrangères (membres de la communauté économique régionale). La politique de la concurrence au niveau régional se focalise principalement sur le contrôle des aides d’Etat. Elle consiste par la mise en œuvre par les institutions régionales (ou sous régionales) des mécanismes visant à éviter des mesures nationales qui favoriseraient les entreprises situées sur le territoire de l’Etat. Cet état de fait justifie l’efficacité d’une politique de concurrence par un degré important de l’intégration des économies au niveau du continent africain. Une intégration poussée favorisera la circulation des capitaux et la non-discrimination au niveau d’un Etat, des opérateurs économiques de la zone économique qui bénéficieront d’un traitement équitable.

La politique de la concurrence est un mécanisme gouvernemental mise en place dont l’objectif est de préserver le jeu de la concurrence afin de favoriser le bien être des consommateurs. Sa mise en place objective au niveau régional où le risque de protection d’un secteur donné est réel, relève du niveau d’unification des politiques économiques des Etats africains à travers une libre circulation des personnes, biens et capitaux et une règlementation unique en matière de la concurrence.

Kemba Didah Alain
Expert en Politique Commerciale et Droit International de Commerce, diplômé de Lund University