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ANALYSE

2018, l’année de tous les dangers


Alwihda Info | Par Mahamat Nour Ibedou - 27 Novembre 2017 modifié le 27 Novembre 2017 - 10:24


2018, l’année de tous les dangers
A chaque fois que nous annonçons un scenario catastrophe consécutif à la gouvernance calamiteuse de Deby au Tchad, les faits par la suite nous ont malheureusement toujours donné raison et quelquefois hélas, au-delà de nos prédictions.
Quand nous avions demandé à l’époque à celui-ci de ne plus se représenter aux présidentielles de 2016, nous avions été traités par certains compatriotes d’illuminés voire d’activistes aux idées chimériques en mal de publicité et qui jouent la surenchère pour se faire remarquer ; or, notre conviction était vraiment faite qu’avec Idriss Deby nous connaitrons le pire.

A présent, tous les tchadiens, même ceux proches du pouvoir se sont rendus à l’évidence : le pays est au fonds du gouffre et bien malin sera celui qui pourra trouver la formule miracle pour le sortir de cette situation. La déclaration scandaleuse du Ministre Américain de la Justice révélant la corruption du Premier magistrat du pays et surtout les motivations du Président Américain l’amenant à déclarer les tchadiens indésirables au pays de l’oncle Sam sont deux évènements révélateurs du caractère mafieux du pouvoir DEBY ; si on ajoute les 5000 milliards garés au PANAMA par Deby et l’investissement de certains de ses proches dans les circuits mafieux du négoce international, ces décisions ne nous étonnent pas. Il est évident que désormais pour beaucoup de ses pairs, IDRISS Deby n’est plus fréquentable.

Si les tchadiens (y compris ceux du sérail politique MPS) ont tous pris la mesure de la gravité de la situation économique de leur pays, beaucoup d’entre eux sont loin d’imaginer ce qui nous attend tous et surtout ce qui attend nos générations futures.

En effet, si nous excluons la gouvernance exécrable de Deby avec son corolaire de violations quotidiennes des droits civils et politiques ; de clochardisation des autres tchadiens à l’exclusion de ses proches ; d’arrestations et de détentions arbitraires ; d’assassinats politiques soutendus par une impunité unique dans le continent, la gouvernance économique de Deby elle, est d’autant plus périlleuse pour le Tchad qu’elle concerne son avenir à court, moyen et long terme.

L’endettement sauvage du pays est tout simplement synonyme de bradage des intérêts de nos générations futures parce que ce pays par la faute du seul Idriss Deby n’a plus aucune capacité de remboursement de la moindre dette ; nos enfants et peut être nos arrières petits-enfants habiterons un pays qui ne leur appartiendra peut être qu’en partie parce qu’ils trouveront qu’une portion de leur patrimoine le plus précieux qu’est le Tchad avait déjà été hypothéqué.

Cette hypothèse n’est pas une simple vue de l’esprit, mais une affirmation basée sur des faits concrets suite à un examen minutieux de la situation économique du Tchad. Nous avions par le passé annoncé des faits que d’aucuns avaient qualifié d’exagérés mais qui s’étaient vérifiés par la suite.

La preuve avait été faite (et Deby Lui-même l’a reconnu) que le Tchad est un otage de GLENCORE : la moindre recette pétrolière est absorbée systématiquement par cette multinationale mafieuse en payement simplement du service (intérêts) de sa dette contractée par le pays pour racheter les parts de CHEVRON qui s’était retiré du consortium pétrolier de DOBA. Le principal de celle-ci est quasiment inaccessible pour les finances du pays ; Glencore ayant refusé le rééchelonnement ou même toute idée de renégociation sur la question. Les interventions du FMI et celle des experts de la Banque ROSHILD appelés à la rescousse pour l’occasion n’ont pas réussi à faire fléchir les dirigeants de Glencore qui, il faut l’avouer ne sont pas des enfants de cœur. La faute en incombe bien évidemment à Deby qui a envoyé des personnalités tchadiennes qui auraient tôt fait de se faire corrompues par cette institution contre l’acceptation de ce contrat piège. Contrat qui n’avait visiblement pas tenu compte des aléas éventuels et des fluctuations du prix du baril de pétrole et donc de la chute brutale de celui-ci
Quant à la dette chinoise qui culmine à plusieurs dizaines de milliers de milliards de francs CFA, on ne sait pas par quel miracle le pays arrivera à l’éponger. Ceci amène certains analystes à envisager dans le future, des accords secrets et pervers relatifs à d’éventuels hypothèques de certaines parties de notre territoire national.
Etant entendu que le Produit Intérieur Brut (PIB) d’un pays en termes simples, est la richesse produite par les acteurs économiques résidents dans ce pays (les ménages, les entreprises et les Administrations Publiques) dans une période donnée, ce qui se passe au Tchad est tout simplement à des années lumières de ces postulats.

En effet,
1°- 90% des tchadiens en sont réduits à pratiquer la politique de survie : 78% à Ndjamena et 82 % en province mangent difficilement un repas par jour ; Le salaire qui ne couvre que le tiers des besoins actuels des fonctionnaires fournit un apport très négligeable dans les investissements des ménages pouvant créer des richesses ; dans ces conditions donc, parler des ménages comme agents économiques dans notre pays est une incongruité et une gageure :

2°- Pour ce qui concerne les entreprises comme 2e agent économique, la singularité du cas tchadien est d’autant plus remarquable qu’à la faveur de la privatisation prônée dans le passé par les bailleurs, les membres de la famille Deby se sont accaparés à moindre frais de la quasi-totalité de ces entreprises d’état. Étant presque tous intouchables, ils ne payent pas d’impôt, anéantissant ainsi les capacités financières de l’état : on ne peut donc plus parler au Tchad, d’entreprises comme agent économique.

3°-Pour ce qui est des Administrations publiques comme 3e agent économique dans notre pays, il suffit de voir le degré de déliquescence de celle-ci pour s’en convaincre ; démobilisation totale des agents de l’état désertant massivement les bureaux pour chercher de quoi joindre les deux bouts pour boucler les fins de mois. Présence dans les régies financières importantes comme la Douane, les domaines, les impôts, des proches de Deby soucieux uniquement de l’enrichissement du clan. Démotivation totale des décideurs et autres haut cadres agents d’encadrement, militaires etc….

En conclusion l’apport donc de ces trois agents économiques dans le PIB est quasiment nul.
Il est connu qu’un pays qui s’endette pour payer ses travailleurs est déjà en soi une catastrophe économique ; le cas du Tchad est d’autant plus atypique qu’il lui était arrivé de payer ses fonctionnaires par des emprunts obligataires destinées à l’origine à financer des investissements. Cela était d’autant plus grave que parler d’un PIB (Produit intérieur brut) au Tchad parait actuellement superflu. S’il y’avait eu de vrais chiffre le pourcentage de la dette tchadienne sur le PIB aurait été l’un de plus scandaleux du continent 300% du PIB, 250% ? NUL ne pourra le dire alors que le seuil tolérer par la CEMAC pour les pays membres est que la dette ne doit pas dépasser les 70%du PIB.

Nous ne pouvons donc plus produire de richesse parce que ce pays s’est arrêté et nous ne pouvons plus compter sur nos bailleurs traditionnels parce que par notre surendettement consécutif à notre inconséquence, nous avons totalement perdu leur confiance (le FMI ayant subordonné tout décaissement à l’aboutissement des négociations avec Glencore ; or rien n’y fit).

Si le paiement du salaire de Décembre 2017 risque d’être un parcours du combattant, nous ne voyons pas comment le pays avec ce désordre financier pourra s’acquitter du paiement du moindre salaire dès l’année 2018 ; parce que le pays sera en ce moment livré à lui-même.

A quelque chose malheur est bon et peut être que cette situation que nous avons laissée pourrir poussera le fonctionnaire sans salaire, le commerçant tchadien qui n’en est plus un, le paysan dans le dénuement, le retraité dans son calvaire à choisir de sortir mourir dans la rue pour réclamer un changement plutôt que de mourir de faim cloitrés dans sa maison.

Mahamat Nour Ibedou.