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TCHAD

Affaire Ibedou : "Je ne peux pas m'exprimer tant que l'instruction n'est pas close", affirme le juge Ponga


Alwihda Info | Par AFP - 6 Décembre 2019 modifié le 6 Décembre 2019 - 19:43



Un responsable d'une ONG tchadienne de défense des droits de l'homme a été écroué au Tchad, accusé de meurtre et de complicité de meurtre, une décision "illégale et arbitraire", s'émeut vendredi un collectif international d'avocats.

Mahamat Nour Ahmed Ibedou, le secrétaire général de la Convention tchadienne de défense des droits de l'homme (CTDDH), a été placé jeudi soir sous mandat de dépôt après plusieurs jours de garde à vue, accusé de meurtre et complicité de meurtre, a confirmé à la presse le juge d'instruction chargé de l'affaire, Raphaël Ponga.

Il a été conduit jeudi soir à la prison d'Amsinene de N'Djamena, selon une source judiciaire.

Le juge Ponga n'a pas livré davantage de détails sur les faits reprochés à M. Ibedou. "Je ne peux pas m'exprimer tant que l'instruction n'est pas close", a-t-il répondu aux journalistes qui l'interrogeaient.

Selon la presse tchadienne, l'inculpation est liée à la mort d'une adolescente de 14 ans. Le petit-fils de M. Ibedou est accusé de son meurtre. Les avocats du défenseur des droits de l'homme contestent cette accusation et assurent que M. Ibedou avait été initialement mis en garde à vue pour répondre uniquement de faits de "diffamation".

Selon la Conférence internationale des barreaux (CIB), un collectif d'avocats de 40 pays francophones, dont une dizaine de représentants étaient venus jeudi au palais de justice pour tenter d'assister M. Ibedou, il n'y a pas de plainte pour étayer cette mise en accusation, a expliqué vendredi à l'AFP la porte-parole de ce groupe, Delphine Djeraibe.

Le ministère public reproche au secrétaire général de la CTDHH d'avoir échangé un email avec son petit-fils, selon le collectif.

"Il est scandaleux de placer M. Ibedou sous mandat de dépôt (...). Nous avons passé deux jours à expliquer au juge d'instruction les irrégularités" du dossier, a assuré Mme Djeraibe, selon qui "ce n'est que devant le juge d'instruction que M. Ibedou a découvert qu'il était poursuivi pour meurtre et complicité de meurtre".

Le représentant de la CIB pour la France, Me Dominique Tricaud, venu pour une conférence à N'Djamena, a réclamé sur place devant les journalistes sa "libération immédiate".

"Si M. Ibedou n'est pas libéré samedi lorsque nous repartirons vers nos pays, il faut qu'ils sachent que chacun de 40 barreaux de la CIB saisira l'ambassade du Tchad dans son pays et demandera à son gouvernement d'intervenir auprès des autorités tchadiennes", a-t-il lancé jeudi soir.





Pour toute information, contactez-nous au : +(235) 63205229 ; 66304389 ; 63415139  (Bureau N'Djamena)