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ACTUALITES

Afrique du Sud: La Médiatrice demande à Jacob Zuma de rembourser les fonds publics


Alwihda Info | Par - 4 Décembre 2013



Un rapport de la médiatrice sud-africaine confirme que le président Zuma a bien utilisé des fonds publics pour faire construire sa résidence secondaire. La somptueuse demeure de Jacob Zuma a bel et bien était construite avec l’argent public. Un rapport provisoire de la médiatrice de la République, Thuli Madonsela, exige que le président rembourse l'État avant de s’expliquer face au Parlement, révèle le site sud-africain Mail & Guardian. Située à Nkandla, dans le village natal du président, cette ferme aurait bénéficié de rénovations d’une valeur de 15 millions d'euros afin de la «sécuriser». Mais une piscine, un amphithéâtre, des enclos à bétail et de nouvelles maisons pour ses parents ont été rajoutées aux travaux, ce qui représente un coût énorme pour le contribuable. Un comportement inacceptable, selon Thuli Madonsela, qui recommande dans son rapport une audience face au Parlement «pour avoir enfreint le code de déontologie exécutif sur deux chefs d'accusation: avoir omis de protéger les ressources de l'État et avoir trompé le Parlement, en déclarant que toutes les structures non-liées à la sécurité seraient payées par lui et sa famille». Cependant, il n'a pas encore donné aux parties intéressées la possibilité de commenter ce rapport, ce qui a pu avoir une incidence sur les conclusions. De plus, la publication de ce dernier a été retardée par le pôle de la sécurité et de certains ministres, soulevant des craintes concernant l’analyse et la diffusion de l’ensemble des accusations. Toutefois, les conclusions de cette étude sont corroborées par plus de 12.000 pages de preuves obtenues par AmaBhungane, le Centre pour le journalisme d'investigation issu du quotidien sud-africain Mail & Guardian, qui lui aussi avait enquêté.   Dans son rapport, la médiatrice de la République ne conteste pas les besoins de remise à niveau de la ferme, mais plutôt la tournure des événements. D’ailleurs, une évaluation de la sécurité menée par la police en mai 2009 avait confirmé un réel besoin de remise à niveau de la sécurité. Le ministère des Travaux publics avait estimé les coûts à 27 millions de rands (environ 1.952.100 euros). Mais en août, le président a commencé la construction de trois nouvelles maisons, augmentant ainsi les frais. Egalement pointé du doigt par ce rapport, Minenhle Makhanya, l’architecte privé du président qu’il avait imposé au ministère des Travaux. Selon Thuli Madonsela, il était tiraillé entre son devoir auprès de Jacob Zuma et ses engagements auprès du gouvernement. C’est pour cette raison qu’il n’a pu expliquer le besoin d’une piscine à 68 millions de rands (4.920.000 euros) et d’un amphithéâtre de 550.000 rands (39.735 euros). Des travaux qui n’étaient pas passés inaperçus selon le Mail & Guardian. Le site sud-africain révèle que la médiatrice de la République s’interroge sur l’échec des tentatives de recouvrement du ministère. Les documents obtenus par AmaBhungane indiquent qu’un fonctionnaire avait écrit une lettre sur la nécessité d'un budget «établi et confirmé» voyant le coût des travaux «presque doublé», mais en vain. «Les zones d'ombre en matière de répartition des coûts doivent être identifiés, discutés. Les articles qui sont essentiels et ceux qui sont agréables à posséder donc pas nécessairement adaptés pour ce projet et doivent être discutés». De nombreuses preuves indiquent que le président avait conscience d’enfreindre la loi. Selon Thuli Madonsela, il aurait même écarté Hendrietta Bogopane Zulu l’ancienne vice-ministre des Travaux publics, après qu’elle ait posé des questions sur les coûts et la répartition du budget. C’est pourquoi le chef de l'État l’avait déplacé au ministère des Femmes, des Enfants et des Personnes handicapées, en octobre dernier. Un ensemble de décisions qu’il va sans doute devoir  justifier auprès du Parlement d’ici peu. Lu sur Mail&Guardian



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