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ANALYSE

Afrique : l’assurance affinitaire, un marché en devenir


Alwihda Info | Par Namissa Rakoto - 28 Décembre 2018 modifié le 28 Décembre 2018 - 11:39

Alors qu’il explose en Europe — en témoigne l’insolente croissance de son leader, SFAM —, le marché de l’assurance affinitaire, bien qu’affichant un potentiel de croissance considérable, peine à décoller en Afrique. Plus pour longtemps ?


© DR
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SFAM, Gras Savoye et Ace consolident leur position en Europe

Proposée au moment de l’achat d’un produit ou d’un service, l’assurance affinitaire est un marché porteur en Europe : selon une enquête d’Harris Interactive réalisée en 2016 à la demande de la FG2A (Fédération des garanties et assurances affinitaires) 73 % des Européens ont déjà souscrit à l’une de ces garanties. Ce type d’assurances couvre par exemple le vol d’un téléphone portable, la panne d’un appareil électroménager ou encore l’annulation d’un séjour touristique. Parmi les 1 000 personnes interrogées dans le cadre de ce sondage, 42 % considèrent la souscription d’une telle garantie comme rentable en cas de problème et 32 % comme une sécurité pour protéger leurs biens. 

L’indomptable croissance du marché des objets High Tech en Europe a fait exploser celui de l’assurance affinitaire. Résultat : moins de 20 ans après sa création, le leader du secteur en Europe, SFAM, compte aujourd’hui 6 millions de clients, 2 500 partenaires à travers le continent et un chiffre d’affaires estimé à 500 millions d’euros en 2018. D’autres acteurs comme Gras Savoye, Ace ou encore ATM ont également profité de cet essor.

Si l’assurance affinitaire est en plein boom en Europe, l’avenir est ailleurs : en Afrique. Car malgré l’augmentation considérable des nouvelles technologies sur le continent, notamment la téléphonie — 660 millions d’Africains devraient être équipés d’un smartphone en 2020 —, le taux de pénétration des assurances facultatives y demeure très faible. « Sur plein de sujets, l’Afrique est un laboratoire. Notre avenir business sociétal se situe aussi à ce niveau. Il y a beaucoup de choses à faire », souligne Patrick Raffort, président de la FG2A.

L’immense potentiel africain

Le manque de développement de l’affinitaire en Afrique peut s’expliquer, entre autres, par les importantes disparités qui existent sur le continent, y compris entre les pays d’une même sous-région ou de taille similaire. Le Togo affiche par exemple un taux de bancarisation cinq fois plus élevé que le Niger, alors que les deux États sont membres de l’Union économique et monétaire ouest-africaine. En Côte d’Ivoire, le marché des assurances-vie et non-vie dépasse de 70 % celui du Cameroun, et ce alors que les deux pays comptent le même nombre d’habitants. En République démocratique du Congo, le taux de pénétration de la téléphonie mobile est limité à 50 %, tandis qu’il a atteint 100 % au Mali et au Sénégal. Conscients du potentiel du continent, plusieurs acteurs tentent d’émerger sur le marché de l’assurance affinitaire, c’est notamment le cas du réseau Globus. 

Créé en 2007 par Richard Lowé, le groupe est déjà présent dans 39 pays africains et ambitionne de poursuivre son développement, encouragé par la croissance démographique et économique du continent. Plusieurs travaux de recherche ont mis en évidence la corrélation entre croissance du PIB et taux de pénétration de l’assurance. Sans surprise, c’est en Afrique du Sud, au Maroc, en Égypte, au Kenya, en Algérie et au Nigéria, principales économies africaines, que le marché est le plus développé. 

Le potentiel africain ne serait donc plus à démontrer, selon le cabinet PWC Africa, qui a conclu dans une récente étude que l’une des conditions de cet essor réside dans les technologies comme les réseaux sociaux, le big data et le cloud computing. « La technologie offre aux assureurs des outils puissants pour mieux comprendre les besoins et attentes des clients grâce à des capacités d’exploration de données et à l’intelligence artificielle […], révèle le rapport. La technologie, en particulier les téléphones mobiles, les médias sociaux et l’analyse des données, est considérée comme le meilleur moyen d’accéder à de nouveaux clients à moindre coût et d’analyser les données comportementales afin de concevoir de nouveaux produits plus appropriés. » Reste désormais à savoir qui profitera le mieux de ce marché en devenir.