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POINT DE VUE

Au Togo, une longue marche vers la liberté


Alwihda Info | Par Thomas Dietrich - 26 Novembre 2018 modifié le 26 Novembre 2018 - 09:25

« Si Emmanuel Macron n’a jusqu’ici pas officiellement reçu Faure Gnassingbé en France, les autorités hexagonales continuent d’appuyer vaille que vaille la lignée des Eyadema »


Manifestation de la société civile, le 3 novembre dernier, à Lomé au Togo © Thomas Dietrich
Manifestation de la société civile, le 3 novembre dernier, à Lomé au Togo © Thomas Dietrich
Thomas Dietrich, écrivain et ancien haut fonctionnaire, revient du Togo où il a séjourné du 30 octobre au 6 novembre dernier.

En apparence, à Lomé, tout est calme. Sur la plage, des adolescents maculés de sable remontent des filets de pêche, lourds comme des montagnes. Les taxis-motos, les zemidjan, les « z » ainsi qu’on les appelle ici, pétaradent et filent, un client sur le bastingage, parfois un poulet, souvent les deux à la fois. Les panneaux publicitaires essaiment partout. Ici une réclame pour une université privée qui promet des frais de scolarité « à partir de 0 franc CFA », là une autre d’un prophète autoproclamé, chevalière et gourmette en or, qui annonce que « le feu descendra bientôt sur la terre », là encore l’affiche d’un restaurant chinois, avec ses « soushis » à l’allure de gâteaux rassis.

A la télé togolaise, tout va très bien (Madame la marquise). En général, sur les télévisions publiques des dictatures africaines, il ne faut s’inquiéter qu’à partir du moment où les programmes s’interrompent et où des musiques soviétiques sont diffusées en boucle. Mais à Lomé, pas d’avis de tempête pour le moment. Au journal de 20 heures, le président Faure Gnassingbé ne déroge pas à son quart d’heure de célébrité quotidien. Il truste les sujets les uns après les autres, avec son allure de gendre idéal, ses costumes impeccables, sa bouille ronde, son air affable, son sourire de circonstance faussement idiot. Il y a quelques jours, il recevait la directrice générale du FMI, Christine Lagarde, qui se déclarait « ravie » de sa visite à celui dont la famille détient le pouvoir depuis un demi-siècle.

Quel contraste avec le Togo d’antan ! En 1960, l’indépendance vit l’accession au pouvoir d’un des plus brillants esprits que l’Afrique ait comptés, Sylvanus Olympio. Ce diplômé polyglotte de la London School of Economics (LSE), ambitionnait de faire du Togo, bande de terre d’à peine 56 000 kilomètres carrés, « la Suisse de l’Afrique » ; et qui disait Suisse entendait indépendance monétaire, ce qui n’a pas plu à l’ancien colonisateur français, qui comptait bien garder le Togo sous la tutelle du franc CFA ; et qui disait Suisse supposait l’absence d’armée de métier, ce qui mit en colère les combattants kabiyé du nord, fraîchement démobilisés de la Coloniale et impatients de reprendre du service.

Timonier national. Parmi eux, il y avait Gnassinbgé Eyadéma, le propre père de l’actuel président, un ancien sergent-chef qui s’était illustré en Algérie par sa propension à torturer les fellaghas. Alors, lorsque Sylvanus Olympio commit le sacrilège d’imprimer sa propre monnaie, le franc togolais qu’il entendait bien rattacher au Deutschmark, la Françafrique naissante eût tôt fait d’avoir sa tête. Le 13 janvier 1963, avec la bénédiction de Jacques Foccart, le « M. Afrique » de De Gaulle, un commando abattit Olympio dans le coffre de la voiture de l’ambassadeur des Etats-Unis, où il s’était réfugié. Alors qu’il agonisait encore, le sergent-chef Eyadema lui coupa les tendons et lui les enfourna dans la bouche. Ainsi venait de commencer le règne du « Timonier national », le « baobab de Pya » (comme la presse devait l’appeler plus tard, en référence à son village natal, Pya).

Ce fut une longue litanie de répressions sur fond d’uniformes kaki, de luttes traditionnelles et de fétiches, la Sainte Trinité du pouvoir kabiyé. Après le discours de la Baule de Mitterrand, les autocrates du continent durent s’essayer à la démocratie. Exercice périlleux pour Eyadema, qui très vite, fit face à une contestation menaçant de la renverser. En 1993, le « Vieux » écrasa les manifestations de l’opposition et purgea l’armée de tous ses mutins.

L’Elysée ferma les yeux. Et mon père, qui avait eu l’idée saugrenue de séjourner au Togo durant ces années troublées, de me raconter les maisons que l’on faisait sauter à la grenade, les corps des opposants qu’on jetait nuitamment dans la lagune de Lomé et qui, aux premières lueurs de l’aube, venaient consteller le rivage, comme autant d’étoiles éteintes.

En 2005, Eyadéma rendit l’âme dans un avion pour Tel-Aviv et Jacques Chirac déclara avoir perdu un « ami personnel ». Une manipulation constitutionnelle fut orchestrée sous la baguette de Charles Debbasch, un professeur de droit de l’université d’Aix-Marseille habitué des palais présidentiels africains autant que des palais de justice. Elle permit au plus policé de la cinquantaine des fils légitimés d’Eyadema, Faure, d’accéder à la magistrature suprême.

Mais le peuple togolais ne s’en laissa pas compter. Principalement dans le sud du pays, un volcan de colère et de frustration trop longtemps tues rentra en éruption, et le quartier de Bé à Lomé se barricada, devenant haut-lieu de la résistance aux Eyadema. La mort du « Vieux » n’avait pas pour autant signifié la reddition de l’aréopage de militaires qui l’entourait. La répression fut sans merci et 800 morts furent relevés, victimes de la barbarie sans nom des forces de l’ordre. Et Faure, le « gendre idéal » prêta serment après un simulacre d’élection présidentielle, commençant son règne dans le sang. Comme son père.

Miroir aux alouettes. Et comme son père, sa première œuvre fut, non pas de donner aux Togolais les moyens de vivre décemment, mais de se bâtir un pouvoir personnel. Il écarta tout d’abord les membres du clan qui lui portaient ombrage, en premier lieu desquels son demi-frère Kpatcha, un physique de lutteur de sumo et un appétit de Gargantua, autant pour les victuailles que pour le pouvoir. Alors que ce dernier fomentait un coup d’Etat, Faure le mou, Faure l’indécis, Faure « le gendre idéal », révéla au monde sa face de Janus en faisant jeter Kpatcha dans une geôle, où il demeure depuis maintenant près de dix ans.

Mais à la différence du Vieux, qui régnait comme un chef de village des montagnes du nord, faisant jeter ses opposants aux lions de son zoo personnel de Pya, descendant dans l’arène pour lutter dans des combats traditionnels, fixant des rendez-vous au corps diplomatique dans un camp militaire à 4 heures 12 du matin, le « Jeune » s’efforce de montrer au monde une image plus occidentalisée, plus acceptable pour la communauté internationale et l’opinion mondiale. Ce n’est toutefois qu’un miroir aux alouettes.

La démocratie au Togo n’est que de façade. Faure a beau jeu de mettre en avant ses ascendances sudistes (du côté de sa mère) comme gage de réconciliation avec l’ensemble de la société, le pouvoir reste majoritairement concentré entre les mains des vieux généraux kabiyé. Il a tôt fait d’exhiber avec fierté ses diplômes des universités Paris-Dauphine et Georges Washington, cela n’empêche pas de faire croupir en prison des membres de la société civile – à l’heure actuelle, quatre sont encore détenus à Lomé, Folly Satchivi, le leader d’« En aucun cas », Messenth Kokodoko et Joseph Eza du Mouvement Nubueke ainsi qu’Assiba Johnson.

Enfin, Faure peut toujours s’enorgueillir d’avoir recruté dans son gouvernement des jeunes Togolais surdiplômés comme la Ministre des Postes et de l’Economie numérique Cina Lawson, la fronde n’a jamais cessé de couver durant ses treize années de magistère. Et elle a éclaté l’année dernière, menaçant de le mettre à bas de son trône.

Le scénario commence de manière classique, presque banale. Comme une grande partie de ses collègues d’Afrique francophone, Faure Gnassingbé entend bien s’éterniser au pouvoir. Problème, la Constitution togolaise de 1992 ne lui permet pas, en théorie, de se présenter à l’élection présidentielle de 2020. Qu’à cela ne tienne, Faure fait appel à l’inusable Charles Debbasch pour lui tailler une modification constitutionnelle sur mesure, qui lui permettrait de rempiler jusqu’en 2 030. La France d’Emmanuel Macron ne protesta point ; qui ne dit mot, consent. Mais fidèle à sa longue tradition militante et contestataire, les Togolais ne se sont pas fait prier pour descendre dans la rue et s’opposer à ce putsch institutionnel.

On aurait pu s’attendre à ce que la mobilisation soit la plus forte dans le sud du pays, là où la majorité éwé s’est de tout temps opposée à la dynastie des Eyadéma, obligeant cette dernière à user de mille ruses d’Ulysse afin de ne pas se voir submerger. La mobilisation l’a été certes, notamment sous l’impulsion de l’opposition historique et de son leader, Jean-Pierre Fabre, mais ce qui a marqué un tournant dans la jeune Histoire du Togo, c’est l’enracinement de la révolte au nord.

Sokodé, troisième ville du Togo et comptant la majorité des 20 % de musulmans du pays, vit aujourd’hui dans la terreur. Quand le voyageur la traverse, il ne peut que s’étonner de la forte présence militaire dans cette localité de taille moyenne, à peine plus de 100 000 habitants. Les bérets rouges, les paras-commandos, craints et honnis par la population, contrôlent les points d’entrée de Sokodé, fouillant la plupart des véhicules. Dans la nuit du 28 au 29 octobre dernier, ils se sont adonnés à un véritable pogrom, tirant en l’air jusqu’aux aurores, dévalisant des magasins, bastonnant des quidams au hasard, comme si toute une ville était responsable du crime de lèse-majesté envers « un gendre idéal », dont les mains sont de plus en plus rougies d’hémoglobine, le sang de son propre peuple.

Œil de Sauron. Il faut dire que Faure a mille fois raison de se méfier de Sokodé, devenue Sokodé la rebelle, Sokodé la révolutionnaire. En août 2017, c’est là que l’insurrection contre son projet de révision constitutionnelle a flambé son premier baril de poudre. La surprise a été totale. Le pouvoir gardait son œil de Sauron braqué vers Lomé, délaissant le reste du pays, croyant à tort que les ethnies kotokoli, losso ou kabiyé du centre et du nord seraient de tout temps acquises au pouvoir en place.

C’était méconnaître deux paramètres essentiels : le premier est que la fracture nord-sud au Togo est un mythe et que les 8 millions de Togolais ont toujours vécu en bonne harmonie (communautaire ou confessionnelle), n’en déplaisent à certains Cassandres du Quai d’Orsay. Le deuxième est que le niveau de ras-le-bol a atteint de tels sommets que même dans les régions les plus favorables au régime, des protestations d’ampleur ont éclaté.
Le pouvoir, qui avait longtemps agité le spectre d’une chasse aux sorcières au nord en cas de prise du pouvoir de l’opposition (fallacieusement assimilée au sud), s’est retrouvé désemparé. Et la conjugaison de la révolte de Sokodé mené par Tipki Atchadam avec la vieille opposition de Lomé dirigée par Jean-Pierre Fabre a fait trembler Faure sur ses bases, amenant plus de 500 000 personnes à défiler dans les rues de tout le pays. Ce n’est qu’au prix d’une énième répression sans pitié que la dynastie des Eyadema a pu se maintenir à la tête au Togo, aidé peut-être aussi en cela par l’impréparation d’une frange de l’opposition, dépassée par son succès, notamment Tipki Atchadam, qui très vite, trop vite, s’est réfugié au Ghana.

Il y réside depuis à présent un an, se cachant des sbires du pouvoir, refusant toute interview, cultivant le mystère si caractéristique à un nord n’ayant pas encore remisé tous ses fétiches, ne communiquant avec ses partisans qu’à l’aide d’audios WhatsApp. Son retour sur sa terre natale fait l’objet de multiples spéculations et sera l’un des enjeux de la confrontation à venir, entre un pouvoir de plus en plus esseulé et un peuple de plus en plus unanime.

Le prochain objectif de Faure est d’aller à marche forcée vers la tenue d’élections législatives, qu’il a fixées pour le 20 décembre prochain. Une véritable fuite en avant. L’UNIR-RPT, le parti au pouvoir, est déjà en ordre de bataille, soutenu par une CEDEAO (Communauté économique des Etats d’Afrique de l’Ouest) qui fait mine de jouer les bons offices pour mieux favoriser Faure. Il faut avouer que les parties les plus impliquées dans la médiation de la CEDEAO, l’Ivoirien Alassane Ouattara et le Guinéen Alpha Condé, ne sont pas eux-mêmes des parangons de démocratie et ne se montrent pas très pressés de désavouer leur coreligionnaire.

Bien évidemment, l’opposition, coalisée dans la C14 (plateforme de quatorze partis) de Brigitte Adjamagbo, et la jeune société civile, incarnée par le mouvement Togo Debout de David Dosseh, protestent, appellent au boycott. Mais elles ne s’insurgent pas uniquement contre un processus électoral trafiqué – le dernier recensement est sujet à caution et les circonscriptions favorables à l’UNIR-RPT comptent en moyenne deux fois moins d’habitants que celles promises à l’opposition –, elles se révoltent contre une tyrannie vieille de plus d’un demi-siècle, qui a maintenu les Togolais dans un état d’extrême pauvreté (159e au classement de l’indice de développement humain).

Car, au-delà des enjeux démocratiques, la Togo possède une économie de tous les paradoxes. Il y a d’abord les ressources du sous-sol, le phosphate notamment. Jusque dans les années 90, le phosphate représentait près de la moitié des recettes de l’Etat, faisant du Togo le 3e producteur africain. Gnassingbé Eyadéma avait d’ailleurs nationalisé les ressources, suite au pseudo-attentat de Sarakawa dont il aurait été la cible en 1974 et qu’il a utilisé pour renforcer son pouvoir, ainsi que sa légende. Mais la prévarication et une concurrence de plus en plus féroce à l’international ont engendré une chute vertigineuse de la production.

Aujourd’hui, malgré un plan de relance, la filière n’est pas repartie, à l’instar de celle du coton. Du côté du pétrole offshore, la situation n’est guère plus enviable. Du moins en apparence. Car de nombreuses sources soupçonnent le clan au pouvoir et le pétrolier italien ENI d’organiser une exploitation clandestine du pétrole togolais, jusqu’à 15 millions de barils par an !

Autant d’argent dont les Togolais ne verront jamais le moindre kopeck. Pas plus qu’ils ne touchent les dividendes des recettes du port en eaux profondes de Lomé, géré de manière opaque par Bolloré et qui alimente non seulement l’économie nationale, mais aussi les pays limitrophes. Le Togo est un pays riche, qui pourrait largement subvenir aux besoins de ses 8 millions d’habitants, n’eût été un Etat prédateur, victime du fameux « syndrome hollandais ».

Jeu en coulisses. Comme toujours dans ses anciennes colonies, l’Elysée s’affaire en coulisses. Si Emmanuel Macron n’a jusqu’ici pas officiellement reçu Faure Gnassingbé en France, les autorités hexagonales continuent d’appuyer vaille que vaille la lignée des Eyadema. Outre les liens anciens qui unissent Paris et le pouvoir togolais, les hauts gradés de l’armée française entendent s’appuyer sur l’armée togolaise, une des rares d’expérience le long du golfe de Guinée.

Alarmés par la faiblesse chronique des armées béninoises et burkinabé, inquiétés par l’irruption de djihadistes d’AQMI à l’est du Burkina, une contagion qui à terme pourrait s’étendre plus au sud, vers la côte, les faucons de l’Hôtel de Brienne considèrent le régime togolais comme un des derniers bastions de stabilité au milieu d’une Afrique de l’Ouest gagnée par le chaos et l’islamisme radical.

Néanmoins, cette lecture ultra-sécuritaire du partenariat entre la France et le Togo ne parvient pas à convaincre. Rien ne pourra justifier le soutien coupable qu’apporte la France d’Emmanuel Macron à un régime peu soucieux des droits de l’homme. Ce qui est plus grave, c’est que la France n’est pas la seule fée à se pencher avec bienveillance sur le berceau branlant de Faure.

L’Allemagne, après avoir longtemps été intransigeante sur le respect des Droits de l’Homme et des libertés fondamentales, a cédé à la realpolitik et remis un pied sur un territoire qu’elle contrôlait jusqu’aux débuts de la Première guerre mondiale. L’Union Européenne n’est pas en reste. Le président du parlement commun UE-ACP (Afrique-Caraïbes-Pacifique), le controversé eurodéputé belge, Louis Michel, se rend au Togo plusieurs fois par an, s’affichant tout sourire avec Faure, ne manquant pas une occasion de vanter « les spectaculaires progrès du Togo en termes de développement ».

Le pays est, de plus, un partenaire privilégié de la Commission européenne, à tel point qu’il a été désigné comme chef de file des négociations pour les accords post-Cotonou, qui doivent refonder le partenariat entre l’UE et les pays ACP à l’horizon 2 020. Du pain béni pour les despotes du sud du Sahara et les technocrates de la Commission, qui entendent bien faire table rase de toute exigence démocratique pour laisser libre cours à des échanges économiques sans condition entre les deux continents.

Malgré l’onction que continue de donner la communauté internationale à la dernière dictature d’Afrique de l’Ouest, le volcan togolais gronde à nouveau, menace de rentrer en éruption. Sous le calme apparent, rien ne va plus à Lomé. Une première manifestation organisée par Togo debout a eu lieu le 3 novembre, suivie par une autre, plus massive, initiée par la C14 le 17 du même mois.
D’autres viendront. L’Eglise togolaise, elle aussi, appelle le gouvernement à des réformes démocratiques. Le pays est entré dans un nouveau cycle de contestation. Même à Kara, la grande ville du nord, le fief du pouvoir, là où mon père a en son temps construit deux centres de santé, une tension certaine règne. La pharaonique statue du sergent-chef Eyadema (au coût non moins pharaonique), plantée devant un palais des congrès aux couloirs désespérément déserts, semble vaciller sur son socle ; les lions de marbre qui la gardent ont cessé de rugir.

Que faudra-t-il cette fois pour que la révolte devienne révolution ? C’est peut-être le rappeur Smockey, le leader du Balais citoyen et figure de la révolution burkinabé de 2014, qui m’en a le mieux parlé. Il me disait qu’ils n’avaient réussi à renverser Blaise Compaoré que parce qu’ils avaient été « naïfs », qu’ils n’avaient pas pris la mesure du danger qu’ils encouraient, du monstre auquel ils s’attaquaient. « Il faut de la naïveté pour réussir une révolution ».

Mais comment l’être au Togo, après tant de morts, de larmes et de bains de sang, après cinquante années à se voir, comme l’écrivait Aimé Césaire, « savamment inculquer la peur, le complexe d’infériorité, le tremblement, l’agenouillement, le désespoir, le larbinisme » ? Comment croire encore en l’aube, après avoir tant marché dans la nuit ? C’est tout le défi du peuple togolais.



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